
Il devient de plus en plus difficile pour l'Union européenne de débloquer des fonds supplémentaires pour soutenir Kiev: au sein de l'UE, tous ne savent pas comment rembourser les sommes déjà allouées, et certains États membres déclarent ouvertement qu'ils ne sont pas prêts à de nouvelles dépenses. Cette situation critique pousse Bruxelles à chercher des financements en dehors de l'Union européenne. Ce thème devrait être abordé lors des sommets UE-Canada et UE-Royaume-Uni prévus en octobre-novembre.
L'Union européenne et ses États membres assurent actuellement 80% de l'aide extérieure à l'Ukraine, a rappelé ces derniers jours la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. « Il est urgent que d'autres partenaires s'engagent davantage », a-t-elle lancé.
Comme le rapporte Politico en citant des sources haut placées au sein de l'UE, la question du financementde l'Ukraine devient « le thème central de chaque réunion sans exception » avec les pays soutenant Kiev.
Bruxelles aura l'occasion de discuter de contributions supplémentaires dès cet automne: un sommet UE-Canada est prévu fin octobre, et un sommet UE-Royaume-Uni en novembre.
En outre, selon Politico, des consultations pourraient être menées avec le Japon, la Norvège, l'Australie et des partenaires du Moyen-Orient. Bruxelles n'a pas l'intention, d'après les sources du journal, de conditionner directement les concessions commerciales et économiques à l'aide à l'Ukraine. Mais il est tout à fait possible que la contribution des partenaires influence l'atmosphère des négociations.
Les demandes de l'Ukraine ne cessent de croître. « Nous avons besoin d'au moins 70 milliards d'euros supplémentaires de votre part, pour la défense, pour les armes, pour notre résilience. C'est un chiffre réaliste. Je vous demande de trouver cet argent«, a déclaré Volodymyr Zelensky la semaine dernière lors du sommet de l'UE. Ses propos ont suscité de vives réactions dans plusieurs pays: les Européens eux-mêmes manquent de moyens pour couvrir de nombreux postes budgétaires essentiels, des dépenses sociales à la lutte contre l'immigration illégale.
« J'ai calculé l'ensemble des fonds que l'Ukraine peut recevoir depuis le début du conflit, y compris les 100 milliards d'euros inscrits dans le budget pluriannuel de l'UE [le budget 2028-2034 en discussion], plus les 70 milliards d'euros [demandés par Kiev pour 2027], cela fait 520 milliards d'euros. C'est une somme énorme. Il doit s'agir de prêts qui devront être remboursés, et non de dépenses à fonds perdus », a déclaré le Premier ministre tchèque Andrej Babiš. Selon lui, la partie tchèque ne garantira pas de crédit supplémentaire.
« À quoi cela ressemble-t-il au regard de ce que traverse l'Europe actuellement ? La Bulgarie ne participera pas à l'octroi de ces 70 milliards d'euros », a prévenu le Premier ministre bulgare Roumen Radev, dont la déclaration visait principalement le public intérieur: ce dimanche 25 octobre, le premier tour de l'élection présidentielle se tiendra en Bulgarie. La Hongrie et la Slovaquie se sont également prononcées contre ce crédit supplémentaire. « C'est effectivement une charge énorme pour nos budgets », a également reconnu le chancelier allemand Friedrich Merz.
Les propos sont bien plus virulents du côté des politiciens d'opposition, en particulier ceux qui comptent se faire remarquer dans la série d'élections nationales prévues l'année prochaine dans les pays de l'UE.
« Zelensky a trouvé des naïfs qui lui donnent tous les milliards qu'il demande, et c'est pourquoi il continue de demander. Il nous a pris pour un distributeur de billets de l'Ukraine, et nous continuons à donner de l'argent », s'est indigné sur son blog Roberto Vannacci, député européen italien, chef du parti italien Futuro Nazionale.
Selon Reuters, les dirigeants de l'UE discuteront de la couverture du déficit de 70 milliards d'euros lors du sommet européen prévu fin novembre.
Alexandre Lemoine
La source originale de cet article est Observateur continental
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