
par Xavier Moreau
avec Gilles-Emmanuel Jacquet, vice-président de GIPRI et chargé de cours et François Martin, géopoliticien, essayiste.
La classe dirigeante de l'Union européenne a vécu comme un véritable drame le rapprochement soudain entre la Russie et les États-Unis. L'accord sur le diesel russe a permis de relancer les négociations tripartites Russie, États-Unis, Ukraine. Approchons-nous de la fin de la guerre ?
Vraisemblablement ni Moscou ni les États-Unis ne comptent s'arrêter là. Le rapprochement dépasse largement le conflit ukrainien. Une rencontre tripartite entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping pourrait se tenir les ou novembre à Shenzhen, en Chine. Au-delà de cette rencontre, les relations russo-américaines sont destinées à se développer, notamment sur le plan économique. Le ballet diplomatique initié par Washington peut s'expliquer par la volonté de Donald Trump d'obtenir un succès diplomatique à la veille de l'élection de mi-mandat, mais il existe une explication bien plus profonde. L'Ukraine est au bord de l'effondrement économique, militaire et politique. Beaucoup se demandent si elle pourra passer l'hiver. Volodymyr Zelensky a d'ailleurs accusé le maire de Kiev Vitali Klitchko d'avoir insuffisamment préparé la capitale à affronter un hiver énergétique critique.
Pendant ce temps en France, les événements du week-end dernier ont choqué le monde entier. Dans plusieurs grandes villes françaises, les magasins ont été pillés et des bâtiments brûlés, notamment l'hôtel de ville de Limoges. Emmanuel Macron a adopté un ton ferme, tout en condamnant les récupérations à l'international. Les principales économies européennes - la France, l'Italie et l'Allemagne - sont en crise. Cependant, pour Friedrich Merz, le chancelier allemand, le danger est ailleurs, et c'est la Russie.
odysee.comsource : Paolo Hamidouche