Une semaine après les mobilisations à travers la France, les manifestations reprennent ce samedi 24 octobre dans plusieurs villes. Gilets jaunes, syndicats et lycéens sont de nouveau dans la rue pour faire entendre leurs revendications, dans un contexte de restrictions des rassemblements et de déploiement policier massif. À la mi-journée, 35 000 personnes ont été recensées dans toute la France, tandis que les forces de l'ordre ont procédé à 135 interpellations.
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait annoncé vendredi la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes à travers le pays expliquant que le dispositif comprendrait notamment des militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid et le GIGN, ainsi que des hélicoptères et des véhicules blindés.
Critiqué pour la gestion des événements du week-end précédent, M. Nuñez a donc annoncé un dispositif policier "massif" et prévenu que les forces de l'ordre seraient "intraitables" face à d'éventuels casseurs.
En outre, il a fait état de 135 interpellations. "Une grande partie de ces interpellations est liée aux contrôles de flux et à la découverte de matériel destiné à être utilisé comme arme par destination", a-t-il lancé.
Des rassemblements sous restrictions dans plusieurs villes
À Paris, le parcours de la manifestation a suscité des contestations. La préfecture de police avait imposé vendredi un parcours de la Porte d'Italie à la Porte de Vincennes, en lisière de Paris, alors qu'elle avait précédemment accepté un tracé entre les places de la Bastille et de la Nation.
Les organisateurs de la manifestation parisienne ont finalement accepté le parcours imposé par la préfecture de police, après le rejet par la justice de leur recours contre ce tracé.
⚠️ 🇫🇷 Paris : des blindés et véhicules de la BRI sont déployés près de l'Elysée
Des blindés de la gendarmerie également déployés #24octobre pic.twitter.com/sgfzJ97sSk
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À Lyon, où les rassemblements sont interdits dans une partie de la ville, les forces de l'ordre ont fait un usage important de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui tentaient d'entrer dans le périmètre interdit.
🔴🇫🇷 Premiers tirs de gaz lacrymogène contre les manifestants du #24octobre à Lyon pic.twitter.com/ACEOFZdc1q
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À Nice, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées place Masséna, alors que les manifestations étaient interdites dans la ville. Les forces de l'ordre ont ordonné la dispersion du rassemblement et repoussé les participants, sans incident signalé dans un premier temps.
À Nantes, l'interdiction de manifester dans le centre-ville a entraîné le déplacement d'une partie de la mobilisation vers l'île. Plusieurs groupes ont progressivement rejoint la place de la République et le parcours du cortège, qui s'est élancé en musique. Le centre-ville, quant à lui, était quadrillé par un important dispositif policier : des patrouilles de CRS et de gendarmes mobiles surveillaient les principales artères commerciales afin de disperser les attroupements et de procéder à des contrôles.
⚠️ 🇫🇷 La police réprime les manifestants à Nantes #24octobre pic.twitter.com/fEI8Wo1jHJ
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À Bordeaux, le cortège continuait de grossir et s'étendait sur environ 800 mètres. Les forces de l'ordre laissaient les manifestants poursuivre leur progression, tandis que des effectifs étaient positionnés à proximité de points sensibles, notamment des institutions de l'État. Dans le cortège, les participants scandaient : "Les casseurs, c'est pas nous, c'est le gouvernement !"
Mélenchon et les étudiants dénoncent la gestion gouvernementale
Présent dans le cortège parisien, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a critiqué la modification du parcours de la manifestation et accusé le pouvoir de réunir "les conditions du désordre".
"Tout est là pour provoquer une explosion", a-t-il déclaré, avant d'appeler les autorités à mettre fin aux provocations : "Ne nous faites plus perdre de temps, arrêtez les provocations comme celle d'aujourd'hui, qui est misérable".
S'adressant directement au président français Emmanuel Macron, il l'a exhorté à céder aux revendications des lycéens. "Il est temps encore pour lui de céder", a-t-il affirmé, ajoutant qu'"après il ne lui restera plus que la porte de sortie".
⚠️ 🇫🇷 Paris : Jean Luc Melenchon est présent au départ de la manifestation porte d'Italie #24octobre pic.twitter.com/pLIvZt4ZEK
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Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, a également accusé le gouvernement d'organiser le chaos. Elle a expliqué qu'un cortège devant partir de la place de la Bastille, encadré par le service d'ordre de l'intersyndicale professionnelle et considéré comme sécurisé, avait été annulé par les autorités.
Elle a reproché à Emmanuel Macron de se contredire après avoir prétendu qu'il autoriserait les organisations syndicales à déposer une déclaration de manifestation. "Aujourd'hui on voit qu'il nous balade d'endroit en endroit, c'est très grave ce qui se passe", a-t-elle déploré.
Rappelant que le président est "censé être le garant de la Constitution", elle a souligné que le droit de manifester "est un droit constitutionnel".
La porte-parole de l'Union étudiante a également défendu les revendications des étudiants : davantage de moyens pour les universités, l'abrogation de Parcoursup, la création de places supplémentaires dans l'enseignement supérieur et la suppression de la "préférence nationale" à l'université.
⚠️ 🇫🇷 Lyon : la police tir des gaz lacrymogènes et charge les manifestants sur la place Jean-Macé #24octobre pic.twitter.com/JB2i6K6qKX
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Plus de 700 mobilisations annoncées par les Gilets jaunes
La contestation ne se limite pas aux cortèges organisés dans les grandes villes. Les Gilets jaunes ont annoncé ce samedi plus de 700 mobilisations à travers la France, dont 500 manifestations, selon une carte publiée sur leur site internet. Des actions sont prévues sur des ronds-points, dans des stations-service et des gares, ainsi qu'aux abords de dépôts pétroliers.
Le mouvement a également appelé à une nouvelle journée de mobilisation le 31 octobre, placée sous le signe de la "défense des libertés publiques". Des rassemblements et des sit-in sont prévus devant l'Assemblée nationale et les mairies françaises pour dénoncer ce que les organisateurs qualifient de "dérive autoritaire" du gouvernement.
Dans leur déclaration, les Gilets jaunes dénoncent une colère qui n'est pas entendue, ainsi que "le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression" du gouvernement. "Nos libertés sont attaquées", affirment-ils, en critiquant notamment l'interdiction de nombreux cortèges ce samedi 24 octobre.
"Le 31 octobre, nous manifesterons pour la liberté de manifester, et pour toutes nos libertés", ont déclaré Benjamin Ball et Azelma Sigaux, membres de la coordination des Gilets jaunes, lors d'une conférence de presse organisée devant un café de la place de la Bastille, initialement prévue comme point de départ du cortège parisien contre la vie chère et en soutien aux revendications lycéennes.
