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Défilé militaire commémorant le 70e anniversaire de la guerre d'indépendance algérienne contre la France, le 1er novembre 2024 à Alger, en Algérie. [Photo d'archives]
Le Conseil de la nation d'Algérie a approuvé à l'unanimité, le 25 octobre, une décision autorisant l'envoi d'unités de l'armée au Niger. Cette initiative survient quatre jours après la signature d'un accord de coopération militaire entre Alger et Niamey et marque une évolution importante de la doctrine militaire algérienne.
Le Parlement algérien a franchi une étape importante dans le renforcement de la coopération sécuritaire avec le Niger. Le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement, a approuvé à l'unanimité, le 25 octobre, une décision autorisant l'envoi d'unités militaires algériennes à l'étranger, dans le cadre de la coopération avec Niamey.
Réunis en séance plénière extraordinaire à huis clos, les sénateurs ont ainsi donné leur feu vert à cette initiative, qui doit également être soumise à l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse, pour approbation.
Le protocole prévoit notamment une coopération et un échange d'expériences dans la lutte contre le terrorisme, ainsi qu'un soutien au renforcement des capacités opérationnelles de l'armée nigérienne, en fonction des demandes des autorités du pays.
La base de Madama évoquée pour un éventuel déploiement
L'ancien diplomate algérien Amar Belani a évoqué un possible déploiement des forces algériennes sur la base militaire de Madama, dans le nord du Niger, à proximité de la frontière libyenne. Selon lui, l'approbation parlementaire constitue une étape nécessaire pour autoriser cet engagement dans le cadre de l'article 91 de la Constitution algérienne.
Cette localisation hypothétique n'a toutefois pas été confirmée officiellement dans les éléments disponibles. La base de Madama occupe une position stratégique dans une région marquée par les enjeux sécuritaires transfrontaliers et les activités de groupes armés.
L'Algérie et le Niger partagent des préoccupations sécuritaires liées à la situation au Sahel et à la circulation de groupes armés dans les zones frontalières. Le renforcement de leur coopération militaire s'inscrit dans ce contexte régional.
Une évolution du cadre constitutionnel algérien
L'éventualité d'un déploiement militaire à l'étranger marque une évolution importante pour l'Algérie, dont la doctrine militaire a longtemps privilégié la défense du territoire national. La dernière participation de l'armée algérienne à un conflit hors de ses frontières remonte à 1973, lorsque des forces algériennes avaient pris part à la guerre arabo-israélienne.
La révision constitutionnelle de 2020 a toutefois ouvert la voie à une participation de l'Algérie à des opérations extérieures dans certaines conditions. Son article 31 prévoit que le pays peut contribuer au maintien de la paix, dans le respect des principes et des objectifs des Nations unies, de l'Union africaine et de la Ligue des États arabes.
L'article 91 encadre, pour sa part, les conditions dans lesquelles le président de la République peut décider de l'envoi d'unités de l'Armée nationale populaire à l'étranger, notamment après approbation des deux tiers de chaque chambre du Parlement.
L'approbation annoncée par le Conseil de la nation constitue donc une étape du processus institutionnel. Le vote de l'Assemblée populaire nationale et les modalités précises d'un éventuel déploiement restent déterminants pour la suite de cette initiative.