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📚 26/10/2026 dedefensa.org  8min ⁑️ 10 #331151

 France : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés pour les manifestations du 24 octobre

Cui bono, complot(s) ?

 Journal dde.crisis de Philippe Grasset  

26 ocrobre 2026 à 02h00 - Je l'avoue, je parle de "complot(s)" pour faire bref et pour faire un titre. Il s'agit d'une réaction suivant "les événements", -- puisqu'"événements" il y eut les 17 et 24, et un peu avant, et un peu après, - qui suscitèrent, suscitent et susciteront tant d'hypothèses, de confidences, de visions, d'explications labyrinthiques sur les responsabilités cachées, les manipulateurs, toutes ces sortes de gens et groupes évidemment inconnus maiH00s bien sourcés

 Hier, déjà, je l'avoue également, on écrivait ici même à ce propos. Suivez moins les faits exposés (et évités surtout !) mais l'esprit de la chose. Ah, "l'esprit de la chose" ! L' inconnaissance en est le cimier où jusqu'où nous hisse l'intuition lorsque la raison se perd et se subvertit.

« Nous estimons que cette impasse de l'incompréhensibilité vaut pour tout et pour tous, malgré les thèses et antithèses, les complots et anti-complots, les FakeNews et les sources recoupées. Le désordre est complet et même s'il est "contrôlé" comme nous disent ceux qui savent en clignant de l'œil, nous dirons, nous, qu'ils organisent et expliquent comme celui qui nous confie qu'il "embrasse ce qu'il ne peut étouffer", ou tel autre qui réplique : "Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs."

» Pour notre compte, nous ne feignons rien puisque nous reconnaissons notre  inconnaissance. Nous disons bien  inconnaissance, ce qui consiste pour le cas colossal observé ici de passer en revue quelques-uns de tous les détails pour exciter l'âme poétique (ou l'Esprit), pour les abandonner aussitôt (les détails) selon le constat qu'ils ne font que brouiller l'entendement général... »

C'est un peu  ce que dit le présentateur de 'Teddy en roue libre', parlant d'une jeune femme qu'il présente comme une commentatrice (une "influenceuse", dit le commun) disposant de  sa propre chaîne, Tatiana Ventôse. Il s'agit bien de la même idée : laisser aller de côté et sans vraiment s'en occuper les détails, notamment de ces fameuses complications cachées ou encore vivaces dans le souvenir, pour laisser paraître l'essentiel dans sa simplicité impérative.

« Et je dois le dire, j'aime beaucoup cette femme [Tatiana Ventôse], j'aime beaucoup cette personne. Et pour moi, je vais le dire, je vais pas me faire des amis encore une fois, mais c'est une des rares personnes de la dissidence à avoir pris la hauteur de la gravité. Une des rares qui ne continue pas dans des narrative cul-de-sac qui n'amène à rien.

» D'ailleurs, vous allez l'entendre pendant l'entretien qu'elle a donné à Nicolas Vidal sur  Tocsin. Elle n'a pas hésité une seule seconde à le reprendre par rapport justement à un des narratifs que tout le monde essaie bien sûr de vous vendre par rapport encore une fois à la gravité de la situation que nous vivons en France que ce soit le 17 ou le 24 car le jour où vous verrez ce vidéo ça sera après la manif 24 en espérant qu'elle s'est terminée sans les pillage encore une fois... »

Bref, tout cela constituait une amorce de mon propos, en montrant son actualité alors qu'il s'agit d'abord de rappeler que le sujet de ce propos prend naissance il y a de nombreuses années et que toute une filiation de plus en plus massive jusqu'à l'obésité s'ensuit jusqu'à nous. Le sujet ? L'idée de "complot", mariée avec passion avec tout ce qui peut faire simulacre et narrative.

Note de PhGBis : « Pour ce dernier mot, PhG nous rappelle qu'il emploie le terme anglais au lieu du "narratif" français parce qu'il juge qu'on y trouve une connotation clairement faussaire et subversive tandis que le français garde une connotation beaucoup plus innocente, avec un aspect presque enfantin effectivement innocent. Ce n'est pas étonnant tant les Anglo-Saxons de l'ère du technologisme-internet-IA sont les maîtres de toutes les manœuvres, non pas de désinformation ou de mésinformation, mais bien de conceptualisation du phénomène de simulacre qui implique une 'création' d'un ensemble global, d'une sorte d'alter-monde dont il s'agit ensuite de suivre avec rigueur le  déterminisme-narrativiste. Leur poussée initiale dans la création et le développement de l'IA s'explique par ce penchant irrésistible, - sauf que l'IA elle-même, parce qu'on n'est jamais mieux trahi que par les siens, affirme sa capacité de créer jusqu'à un "simulacre parfait" mais s'affirme incapable d'en connaître la cause et l'ordonnateur, ce qui implique dans l'explication qu'elle donne elle-même, hors des montages anglo-saxons, l'existence de forces supérieures, voire d'une "étincelle divine". »

C'est en effet dès l'origine de cette "ère du technologisme-internet-IA" dans sa composante de la communication publique que la notion de "complot" dans ce domaine de l'information fit son apparition puis se développa sur le rythme fou de cette technique et non plus sur la marche lente des publications écrites et reliées adéquates. Elle est déjà évidente avec les explications  de Karl Rove au journaliste Suskind à l'été 2002, sur la fameuse affirmation qui rangeait les journalistes et les historiens au rang de scribes obéissants suivant et justifiant respectueusement les contours sinueux et tortueux du simulacre accouché de la force brute, - elle-même accouchée d'un complot (un vrai celui-là, c'est promis) largement identifié et commenté à partir d'un document de 1992 de Wolfowitz, du Pentagone, sur "A New American Century" ( voir Pfaff, qui y voyait plutôt « A Burlesque of Empire »):

« Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et alors que vous étudierez cette réalité, - judicieusement, si vous voulez, - nous agirons de nouveau, créant d'autres nouvelles réalités, que vous pourrez à nouveau étudier, et c'est ainsi que continuerons les choses. Nous sommes [les créateurs] de l'histoire... Et vous, vous tous, il ne vous restera qu'à étudier ce que nous avons [créé]. »

Dès cette création initiale, il y a donc, dans le jeu, à la fois les créateurs du complot (Wolfowitz, Rove, etc.) et ceux qui dénoncent ce complot, qui sont les "complotistes", terme qui prendra rapidement une connotation complètement épouvantable et détestable, de la sorte satanico-hitlérienne. Entretemps, le 11 septembre (9/11) avait largement étendu le champ de l'affrontement autour du concept de complot qui y trouvait une abondante nourriture d'excellente qualité. Depuis lors, nous n'avons cessé d'y sombrer.

Si j'emploie ce verbe qui fait songer au 'Titanic' alors qu'il s'agit de la Mer des Sargasses où l'on s'emprisonne dans des algues voraces en sombrant, c'est parce qu'au début ce débat a une assise très sérieuse, sinon des éléments et des faits probants. Mais très vite, la méthode s'est dispersée et a été mise à toutes les sauces, en même temps que les agissements du Système, sombrant lui dans la folie, prêtait le flanc à tous les soupçons accusatoires.

C'est ainsi que le camp des "dissidents" qui, au début, était marqué par une recherche du plus grand sérieux et de la validité des accusations, s'est aventuré, en même temps qu'il acquérait une importance quantitative considérable, sur nombre de chemins de traverse qui se sont montrés bien trop souvent sans grand intérêt et sans aucun but réel. Notre manipulation par un nombre fort élevé de groupes mystérieux, dont l'origine se perd dans la nuit des temps et des siècles, n'a pour l'instant pas donné de résultats décisifs malgré les proximités successives qu'on nous annonçait.

La véritable manipulation des complots, de l'un et l'autre côté qu'importe, c'est sa fantastique profusion à la mesure de l'extension, tout aussi fantastique, du système de la communication. Elle mélange tout, les complots d'occasion ou de fortune comme les habituels complots universels remis au goût du jour courant, on dirait 'updated' comme disent les Anglo-Saxons, encore eux, de la modernisation de leurs avions de combat. Cette profusion est terrible, hystérique et épuisante à la fois.

Bien entendu, cette remarque rejoint la situation actuelle, et bien entendu en France-notamment. Il faut tenir compte du "bien entendu" autant que du "notamment", pour comprendre combien la chute habituelle dans ce qu'on pourrait nommer la "complotisation" est un redoutable danger en réduisant la soi-disant recherche et l'attention sur un seul point de plus en plus douteux, et dans tous les cas épuisant (je répète le mot). Il grossit et complique démesurément un danger, et à juste raison celui qui guette la France, et en même temps nous laisse peu de jugement pour le considérer dans le cadre général et cosmique de la  GrandeCrise qui nous touche tous et toutes, où que nous soyons, et qui relève de la vision de l'âme poétique et de la dimension spirituelle. On se trouve devant un géant aux dimensions inimaginables et on ne le voit pas à force de s'attacher à un bouton de culottes. En un mot qui fait le beau, ce danger est bien dangereux.

Voilà où nous en sommes et voilà qui me préoccupe comme cela devrait nous préoccuper tous. Nous sommes vraiment trop bavard et, surtout, attiré par les lumières du sensationnalisme qui est la principale gâterie du Système, auxquelles nous sacrifions beaucoup de nos bonnes intentions.

Alors, « Cui bono, complot(s) ? » Au fond, à pas grand monde et à pas grand'chose. C'est juste l'ornement historique, les détails quoi, comme autant de pirouettes, d'une époque devenue folle et la parfaite démonstration de la justesse du perfide adage anglo-saxon (encore eux) du « The Devil is in the details ». Lorsqu'il s'agit de faire passer quelqu'un devant le peloton d'exécution, le "détail" (le calibre des fusils, par exemple) n'a pas vraiment d'importance et est un peu fluet pour que le Diable s'y intéresse et s'y cache. Lui, il se trouve dans le peloton, bien visible et si actif.

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