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Éclairage : Pourquoi l'Algérie a-t-elle décidé d'envoyer une unité militaire au Niger ?

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par Abbas Mimouni

Pour la première fois depuis la guerre d'octobre 1973, le Conseil de la nation algérien a approuvé l'envoi de forces militaires pour protéger des investissements pétroliers au Niger, à la demande de Niamey.

Le Conseil de la nation algérien a approuvé dimanche une décision autorisant l'envoi d'une unité de l'armée au Niger, dans le but de protéger des projets pétroliers de la compagnie algérienne Sonatrach, dans un contexte de renforcement de la coopération militaire entre les deux pays voisins.

La décision a été prise lors d'une séance extraordinaire à huis clos, ouverte dimanche matin, au cours de laquelle les membres du Conseil, la deuxième chambre du Parlement, ont voté à l'unanimité en faveur d'une demande présentée par le président Abdelmadjid Tebboune visant à envoyer une unité militaire au Niger.

Selon des membres du Conseil de la nation cités par des médias locaux, la mission se limitera à assurer la sécurité des projets pétroliers exploités sur le territoire nigérien par Sonatrach, la compagnie énergétique publique algérienne.

Cette initiative est une première depuis la participation de l'armée algérienne à la guerre d'octobre 1973, au cours de laquelle il avait été décidé d'envoyer des unités terrestres à l'étranger.

Pourquoi le Niger ?

Selon des sources au sein du Conseil de la nation, la décision porte sur l'envoi d'un détachement de l'armée algérienne pour protéger des projets d'investissement de Sonatrach International, à la demande des autorités nigériennes.

L'emploi du terme "détachement" indique que la mission est de portée limitée et consiste à sécuriser les installations pétrolières algériennes, sans que les autorités aient annoncé les effectifs de la force envisagée ni la date de son déploiement.

Sonatrach est présente au Niger par l'intermédiaire de sa filiale internationale d'exploration et de production, connue sous le nom de SIPEX, qui gère des investissements dans le champ pétrolier de Kafra, dans le nord du pays, à environ 85 kilomètres de la frontière algérienne.

Les activités de la compagnie s'inscrivent dans le cadre d'un contrat de partage de production conclu avec le ministère nigérien du Pétrole en 2022.

Selon des estimations actualisées, les ressources pétrolières du gisement dépassent 2,5 milliards de barils, ce qui en fait l'un des projets d'investissement importants de la compagnie algérienne à l'étranger.

Quel est le fondement juridique de cette décision ?

L'envoi d'unités de l'armée algérienne à l'étranger repose sur l'article 91 de la Constitution, qui confère au président de la République le pouvoir de prendre cette décision après approbation des deux tiers des membres de chacune des deux chambres du Parlement.

Après le feu vert du Conseil de la nation, l'Assemblée populaire nationale, la chambre basse du Parlement, devrait tenir une séance dimanche soir pour se prononcer sur la décision.

Si elle obtient la majorité requise, les procédures constitutionnelles nécessaires à l'envoi de l'unité militaire au Niger seront achevées.

Une coopération militaire qui s'accélère

Cette décision intervient quelques jours après une visite en Algérie du ministre nigérien de la Défense, le général d'armée Salifou Mody, mercredi dernier, à la tête d'une délégation militaire de haut niveau.

Au cours de cette visite, il a été reçu par le chef d'état-major de l'armée algérienne, le général d'armée Saïd Chengriha. Les deux parties ont signé un protocole d'accord de coopération militaire, selon un communiqué du ministère algérien de la Défense.

Cet accord pourrait servir de cadre à la coordination entre les deux pays concernant le déploiement de l'unité militaire chargée de protéger les projets pétroliers.

Le lendemain de cette visite, les membres des deux chambres du Parlement algérien ont reçu des convocations pour participer à une séance extraordinaire à huis clos dimanche, avant que des médias locaux ne révèlent que l'ordre du jour portait sur le vote relatif à l'envoi de forces à l'étranger.

Cette évolution n'est pas la première étape du renforcement de la coopération militaire entre les deux pays au cours des derniers mois.

Le 11 août dernier, l'Algérie a fourni au Niger quatre hélicoptères et du matériel militaire dans le cadre du renforcement de la coopération en matière de défense.

Le 30 du même mois, l'Algérie a envoyé à l'aéroport de Niamey deux unités aériennes militaires comprenant quatre chasseurs de type Sukhoï-30 et un avion ravitailleur, à la suite d'une tentative de coup d'État avortée au Niger.

Ces développements témoignent du renforcement de la coopération militaire entre l'Algérie et le Niger, qui est passée de la fourniture de matériel et d'un soutien aérien à la préparation du déploiement d'une unité militaire chargée de protéger des investissements pétroliers algériens sur le territoire nigérien.

Toutefois, les autorités algériennes n'ont pas encore annoncé les effectifs de la force dont l'envoi est prévu ni la date de début de sa mission, dans l'attente de l'achèvement de la procédure d'approbation parlementaire.

source :  Anadolu

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