📚 26/10/2026 reseauinternational.net  4min ⁑️ 6 #331175

Ukraine : une trêve à Oleshky. La diplomatie humanitaire de Melania Trump, le geste courageux du pape

800px/467px - 64.78 Koreduce by 50%del

par Paolo Hamidouche

Le pape Léon XIV a joué un rôle décisif : juste après son opération pulmonaire, il a pris son téléphone pour appeler Poutine. Il a évoqué avec lui, en particulier, la situation à Oleshky et a demandé un cessez-le-feu, obtenant ainsi une ouverture de la part du "tsar".

Divers bouleversements marquent cette phase de la guerre en Ukraine qui, sauf imprévu, pourrait bien en être l'étape finale. Malgré certaines résistances, les pressions exercées par les États-Unis sur l'Ukraine semblent porter leurs fruits. Par ailleurs, l'interruption - ou le ralentissement - du service Starlink n'a pas pu passer inaperçue auprès des forces ukrainiennes ; selon le média Strana, celles-ci ont cessé, depuis une semaine, leurs attaques contre les raffineries russes, tout en continuant à frapper en profondeur le territoire russe avec l'aide de la CIA, dirigée par le "faucon" John Ratcliffe.

Le réseau satellitaire a été rétabli cette nuit, mais l'avertissement américain adressé à ce partenaire encombrant a été reçu haut et fort : les raffineries russes doivent désormais être épargnées. En outre, Kiev devra honorer son engagement à s'asseoir à la table des négociations, prévues pour la mi-novembre à Abou Dabi, aux Émirats arabes unis.

Le choix d'organiser aux Émirats une rencontre jugée cruciale par l'administration américaine - tant pour son image que pour ses intérêts - permet d'espérer que le Moyen-Orient sera, pour l'heure, épargné par un nouveau conflit impliquant l'Iran. Une telle éventualité dépendra de la capacité de Trump à résister aux pressions et à contenir ses pulsions narcissiques délirantes. Le sommet émirati devrait prendre la forme d'une réunion trilatérale, rassemblant les délégations ukrainienne, russe et américaine ; l'Europe, quant à elle, se retrouve logiquement exclue, ayant jusqu'ici tout fait pour saboter les tentatives d'apaisement. Elle pourrait toutefois être réintégrée ultérieurement : en effet, si la paix finit par voir le jour, elle devra non seulement offrir des garanties de sécurité à Kiev, mais aussi instaurer une architecture de sécurité pour l'ensemble du Vieux Continent ; faute de quoi, tous ces efforts seraient vains. La situation à Oleshky, une ville ukrainienne conquise par les Russes où la population se trouve dans une situation désastreuse - les Russes en imputant la cause aux bombardements ukrainiens, tandis que les Ukrainiens affirment que les Russes retiennent les habitants prisonniers -, offre pour l'heure une lueur d'espoir. La Maison Blanche a annoncé qu'un cessez-le-feu entrerait en vigueur le 29 octobre, permettant à la population d'être évacuée, soit vers l'Ukraine, soit vers la Russie. Il s'agit d'un accord a minima, mais qui revêt une portée symbolique significative quant aux perspectives d'un arrangement plus large. Un mécanisme de contrôle de l'évacuation a également été mis en place : un média américain sera chargé de surveiller et de documenter le déroulement des opérations.

Cela devrait permettre d'éviter ce qui s'est produit en Syrie durant l'intervention russe en soutien à Damas : à l'époque, les évacuations de civils, convenues avec les milices islamistes, étaient systématiquement prises pour cible par les djihadistes, qui accusaient ensuite les Russes d'avoir violé les accords de manière inhumaine (nous avons suivi cette guerre de près...).

Le mérite de la réussite de cet accord a été, à juste titre, attribué à Melania Trump ; elle se consacre depuis longtemps aux questions humanitaires liées au conflit ukrainien, en restant en contact avec les deux parties en conflit. Mais le rôle décisif a été joué par le pape Léon XIV qui, juste après une opération pulmonaire, a pris son téléphone pour appeler Poutine. Il a évoqué avec lui, en particulier, la situation à Oleshky et a demandé un cessez-le-feu, obtenant une ouverture de la part du "tsar". Un geste courageux de la part du pape, qui a franchi la "ligne rouge" imposée par les partisans de la guerre en Ukraine - une directive interdisant aux dirigeants européens de prendre contact, de quelque manière que ce soit, avec Poutine, ce qui n'est d'ailleurs plus arrivé depuis longtemps.

La nouvelle de ce cessez-le-feu lui apportera sans doute un certain réconfort, atténuant en partie la douleur causée par l'attentat survenu en Jordanie contre des fidèles de l'église gréco-orthodoxe Saint-Georges, dans le village de Hammoud (gouvernorat de Karak) : le bilan fait état de sept morts et 34 blessés. Il s'agit d'un attentat singulier, la Jordanie étant un pays paisible, épargné par les violences confessionnelles. On peut espérer qu'il ne s'agisse que d'un incident isolé.

source :  Paolo Hamidouche

 reseauinternational.net