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La raffinerie de Hassi Messaoud, en Algérie. [Photo d'illustration]
Alors que les capacités européennes de raffinage pétrolier reculent, l'Algérie investit dans ses installations de raffinage et de pétrochimie pour diversifier ses exportations d'hydrocarbures et développer des produits à plus forte valeur ajoutée.
Le raffinage pétrolier bat de l'aile en Europe, sur fond de perturbations des approvisionnements énergétiques et de recul des capacités de production. Selon FuelsEurope, l'association professionnelle représentant les industries européennes du raffinage et de la fabrication de carburants, les capacités de raffinage de brut ont diminué de 20 % depuis 2009. Dans un autre rapport, l'organisation indique que 30 des quelque 100 raffineries européennes en activité à cette époque, dotées chacune d'une capacité supérieure à 30 000 barils par jour, soit environ 1,5 million de tonnes par an, ont depuis fermé ou été reconverties. Au moins sept raffineries ont notamment engagé leur transformation en bioraffineries.
La situation est aggravée par les perturbations des approvisionnements en diesel et la dépendance de l'Union européenne aux importations, qui couvrent une partie de sa consommation de carburants. L'UE cherche parallèlement à réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes. Dans ce contexte, la proximité géographique de l'Algérie et ses infrastructures énergétiques constituent des atouts pour répondre à une partie des besoins européens. Le pays prévoit ainsi de développer ses capacités de raffinage et de production pétrochimique.
Des dizaines de milliards de dollars d'investissements dans le raffinage et la pétrochimie
Le gouvernement algérien a consacré une enveloppe de 71,6 milliards de dollars à son programme global d'investissement dans les hydrocarbures à l'horizon 2030, selon l'agence de presse algérienne APS, dans le prolongement du plan de développement 2025-2029 de Sonatrach. Sur ce montant, près de 13 milliards de dollars sont destinés au raffinage et à la pétrochimie, comme l'a précisé le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, le 17 octobre.
Selon les données de l'Administration américaine d'information sur l'énergie (EIA), l'industrie algérienne du raffinage se concentre principalement sur la production et l'exportation de fioul, de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et de naphta, tandis que la demande européenne porte notamment sur le diesel et le carburant d'aviation. Le développement des capacités algériennes pourrait ainsi favoriser la diversification des exportations et permettre au pays de répondre à une partie de ces besoins.
Porter à 50 % la part des hydrocarbures transformés
En juin 2025, le gouvernement algérien avait annoncé son ambition de porter à 50 % en cinq ans la part des hydrocarbures transformés, contre 32 % à l'époque. Cet objectif, présenté par le ministre de l'Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, vise à valoriser davantage les ressources brutes en les transformant en produits à plus forte valeur ajoutée.
Cette orientation s'est notamment traduite par des projets d'unités industrielles à Arzew et à Skikda : une unité de production d'huiles de base, destinées à la fabrication de lubrifiants automobiles et industriels, ainsi qu'un complexe de production d'éthylène, utilisé notamment dans la fabrication du polyéthylène. Dans le cadre de ces projets, Sonatrach a présélectionné quatre groupes internationaux pour leur réalisation, rapporte le site d'information TSA Algérie ce 26 octobre.