🧠 2 articles 27/10/2026 dedefensa.org  10min ⁑️ 13 #331335

Perspectives sur l'espérance ou pas de l'inconnu

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Perspectives sur l'espérance ou pas de l'inconnu

• Nous présentons un texte de Lorenzo Carrasco : "L'Europe théâtralise la guerre avec la Russie tandis que son ordre libéral s'effondre: un rituel de peur sans promesse de rédemption, sur la voie de l'autodestruction.". • Thème intéressant pour le spectacle du ridicule impuissant et désespéré de nos mannequins-vedette dirigeants de nos pays, • Le texte, comme le reste, se heurte au mur infranchissable de l'énigme de notre avenir.• Tous nos commentaires connaissent le même sort.

Nous prenons ici l'exemple de plusieurs textes italiens où la réflexion fondamentale sur la  GrandeCrise est très actif. Le site, que nous consultons souvent, 'euro-synergies.hautetfort.com' est particulièrement indiqué pour nous fournir de ces textes venant de pays européens dont nous ignorons souvent le bouillonnement. Il s'agit donc ici de l'Italie, qui connaît une agitation proche de celle de la France, incontestable vedette du continent

L'extrait principal annexé ici, - à la fin du texte ci-dessous de Lorenzo Carrasco ( traduction), - est plus le développement illustratif de cette tendance sur un thème essentiel pour notre simulacre général ("Guerre contre la Russie !") que le centre décisif de notre réflexion. On notera aussitôt et sans surprise ni le moindre reproche que cette réflexion ne nous apporte rien de nouveau comme nous-mêmes n'apportons rien de nouveau dans notre présent commentaire philosophique et civilisationnel. La raison en est simple : il n'y a rien de nouveau dans ces événements sinon leur déferlement hystérique, sinon par conséquent à observer le déferlement de ces événements qui vont tous dans le même sens qui nous est insaisissable et incompréhensible parce qu'au-dessus de nos capacités.

Pour expliciter ce sentiment, il suffit de reprendre les paragraphes de conclusion du texte cité in extenso, et qui devient ainsi une simple illustration du thème général plutôt que le développement d'une idée nouvelle et originale.  Le texte (avec  la traduction) est de Lorenzo Carrasco, sous le titre "Fictions bellicistes: la théâtralisation de la guerre "... On parle de guerre, plus que jamais de "drôle de guerre" mais le thème sous-jacent jusqu'à en être étouffant est bien l'autodestruction et l'effondrement de la civilisation

"Les signes d'un changement d'époque

"C'est à ce stade que l'on peut véritablement parler d'autodestruction. Une civilisation peut commencer à se détruire non parce qu'elle aurait cessé de croire, mais parce qu'elle a transformé son propre ordre historique en objet de foi absolue. Lorsque les dirigeants cessent de concevoir un avenir différent de celui qu'ils administrent; lorsque la guerre remplace la politique et que la peur se substitue au projet; lorsque la préservation des institutions devient plus importante que les personnes pour lesquelles elles ont été créées, nous ne sommes plus seulement confrontés à une crise politique ou économique. Nous sommes face à une profonde débâcle civilisationnelle.

" Le moment où une élite perd sa capacité de concevoir, de créer et de convaincre constitue généralement le signe avant-coureur de la fin d'une époque. Cela ne signifie toutefois pas nécessairement que la civilisation soit condamnée; cela peut impliquer exactement le contraire. Cela indique que les structures incapables de répondre aux défis du présent ouvrent la voie à d'autres formes d'organisation, à de nouvelles idées et au rétablissement de vertus qui semblaient oubliées. Après tout, l'épuisement créatif d'un ordre n'épuise pas la capacité d'invention humaine. Lorsque ceux qui gouvernent ne conçoivent plus rien au-delà de leur propre perpétuation, c'est peut-être précisément le premier signe que quelque chose de nouveau - d'entièrement nouveau - est sur le point d'advenir."

On trouve, toujours dans le domaine italien d'autres exemples, sur d'autres thèmes, du même sens précisément de la réflexion. On en présente deux qui aborde pourtant des thèmes très différents, - toujours avec la même conclusion, l'inconnu chargé ou pas d'une espérance vaguement mais puissamment exprimée, ou d'une absence d'espérance accompagnée de la nécessité de forcer la pensée à tout de même en trouver une.

On, donne ici deux exemples, avec seulement leurs conclusions allant dans le sens qu'on dit, rejoignant les conclusions du texte ci-dessous montrant les mêmes caractères.

• Un texte  très centré ;sur l'actualité immédiate pour le compte, sur les événements en cours, surtout en Italie et en France, de  Sergio Filacchioni (toujours avec la t raduction). Le titre : "L'Europe en révolte et les décombres de la prophétie progressiste: où allons-nous?" Le thème est ici l'Europe, mais il s'agit toujours de la civilisation et de la GrandeCrise.

"Il existe une question existentielle

"Les barricades n'édifient pas spontanément un monde nouveau. Elles montrent plutôt que le monde présent peine à tenir ses promesses. Pour ceux qui aspirent à une transformation radicale, ce n'est pas une victoire déjà acquise: c'est une responsabilité qui reste entièrement à assumer. Ne pas être les gardiens de l'ordre existant, ni les figurants dans la révolte d'autrui. La question qui revient des rues européennes n'est pas seulement de savoir contre qui protester, mais quelle Europe peut encore être construite."

•  Un texte de Marcello Veneziani ( traduction) sur "les héritiers du Prince" (de Machiavel), s'il y en a aujourd'hui (hypothèse si audacieuse). Le texte est incertain malis l'idée est très caractéristique du temps où l'on répond catégoriquement "non !" à cette sorte de question. La fin est très pessimiste, voire nihiliste, mais elle ne peut s'empêcher d'un mot d'évocation de quelque chose d'autre ("ailleurs") tant la pression de ce nihilisme devient insupportable jusqu'à la folie et l'évocation implicite du suicide a-la-Lincoln.

"La démocratie est malade, incapable de se relever par ses propres forces, et elle recourt parfois au remède extrême des raccourcis impraticables, comme le populisme. Le suffrage universel est une offense à l'intelligence, à la qualité et au mérite; il est en outre détourné et trahi en cours de route. La somme arithmétique de volontés individuelles ne produit pas un résultat cohérent et efficace, mais se trouve à la merci de celui qui, dans les faits, l'interprétera ensuite. Autrement dit, le pouvoir utilise l'approbation populaire, mais reste infidèle à son mandat, au demeurant vague et contradictoire. C'est vrai, mais par quoi peut-on remplacer la démocratie ? Et revient alors, inévitablement, la citation de Winston Churchill selon laquelle la démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres. Nous restons ainsi enlacés à un fantoche, tandis que la politique agonise, que le peuple oscille entre mécontentement et désertion, et que la vie se trouve ailleurs - tout comme le pouvoir."

De la difficulté d'écrire et de commenter

Cette situation parfaitement décrite par ces conclusions, qu'on retrouve partout dans les textes abordant les différents sujets avec loyauté, nous placent, nous observateurs et commentateurs, devant une tâche impossible. Quel que soit le sujet abordé, et avec quels talent et finesse d'analyse qu'on y mette, l'auteur se trouve confronté inévitablement à l'inutilité opérationnelle de son travail : à quoi bon détailler telle ou telle question, à quoi bon soulever telle ou telle problématique, à quoi bon critiquer les impuissances, les corruptions et les stupidités ? A quoi bon resasser l'historique des catastrophes et des brigandages ? A quoi bon poursuivre la litanies des complots et emprises d'organisations mystérieuses qui naissent dans nos esprits féconds à un rythme endiablé, - suivant ce terme dérivé parasynthétique évident de "diable" ? Au bout du compte, quelle importance y a-t-il à décrire le chemin, nécessairement catastrophique, qui aboutit au même terme nécessairement catastrophique, et nous confronte à la même perspective de l'inconnu ? Nous pouvons disserter sur les causes et les responsabilités, saluer les actes de résistance et d'indépendance, -- au terme du voyage il y a le même mur infranchissable de l'énigme de notre avenir.

Nous-mêmes connaissons les mêmes difficultés, tandis que nombre d'autres continuent à besogner sans avoir conscience de l'inutilité de la chose, comme si l'inconnu leur était connu, le diable identifié-diabolique, les comploteurs complotés et ainsi de suite. C'est une situation totalement inédite et absurdement contradictoire : nous avons tous les outils, à profusion et comme jamais, avec un système de la communication d'une puissance inouïe, et nous pouvons alors explorer les multiples avatars qui mènent à notre situation, et suggérer les hypothèses qui auraient pu réduire à merci et à notre merci certaines des choses qui nous narguent, - mais pour aboutir toujours à cette même énigme, ce "mur infranchissable".

Alors, que faire ? On ne peut renoncer à ce qui fait notre façon de vivre, et pour certains dont nous sommes, notre raison de vivre et notre honneur. Alors, que faisons-nous ? Nous faisons quelque chose comme l'un des actes du Petit Poucet qui indique un chemin dans la forêt grâce à des petits cailloux blancs qu'il a semés sur le chemin. Notre tâche est alors de retrouver ces "petits cailloux blancs" comme autant de  vérités-de-situation qui permettraient d'envisager de reconstituer une réalité perdue depuis si longtemps, espérant qu'elles permette nt d'envisager de négocier avec le "mur infranchissable" une indication qui nous rapproche d'une identification de l'avenir à travers l'énigme qui se dresse.

Nous avons nos convictions et une foi certaine qui nous font penser qu'il existe des forces inconnues qui nous dominent et déterminent notre destin, et avec une réelle confiance, - c'est la définition de la "foi", - dans leur bienveillance. C'est une façon de donner un sens à notre démarche, alors que nous jugeons de plus en plus inutile toutes ces recherches, dénonciations, mises à nue de tous les outrages de ces êtres aux actes détestables qui nous ont conduit jusqu'où nous nous trouvons. Ces outrages existent, sans la moindre doute, mais nous savons également que la mise à nu et leur mise en cause n'ont aucune capacité de nous aider à résoudre la question du mur infranchissable puisque leurs actions misérables n'ont été faites que parce que le mur infranchissable, justement, empêche qu'une cause puissante les réduisent à merci. Ils en usent et en jouissent mais n'en connaissent rien de son secret, qui les indiffère d'ailleurs puisqu'ils vivent dans le présent de leur nihilisme catastrophique.

Tant pis et qu'importe, nous poursuivons... "Passez outre !" s'exclamait glorieusement Jeanne.

Le  texte ci-dessous, dont on a vu la conclusion sans surprise, décrit pour notre information courante et sans surprise, la bombastique et ridiculissime transformation des dirigeants européens en, chefs de guerre des extérieurs, grimés jusqu'à endosser des battle dress de pied en cap pour leurs conférences stratégiques contre la Russie évidemment, mais essentiellement destinée à un électorat qu'on espère sensible à un tel héroïsme durant les actions démocratiques de votation de cet électorat... Et ainsi la guerre extérieure qui n'a pas encore lieu doit-elle d'abord constituer une manœuvre-éclair intérieure de façon à protéger la vertu démocratique de la population :

"La guerre cesse alors d'être seulement un instrument extérieur de la politique et se transforme en nécessité interne du système. C'est précisément à ce point que les délires bellicistes contemporains prennent une dimension bien plus profonde que le débat quotidien sur la Russie, l'Ukraine, l'OTAN ou les dépenses militaires: la question est civilisationnelle. Un ordre qui a perdu la capacité de concevoir son propre avenir peut commencer à accepter des risques qui, dans des circonstances normales, paraîtraient inconcevables. Il peut finir par confondre la continuité de ses structures avec celle de la civilisation elle-même."

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Admin 2026-10-27 #15797 🇫🇷
C'est à ce stade que l'on peut véritablement parler d'autodestruction. Une civilisation peut commencer à se détruire non parce qu'elle aurait cessé de croire, mais parce qu'elle a transformé son propre ordre historique en objet de foi absolue
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🧠 27/10/2026 dedefensa.org  12min ⁂️ #331336

 Perspectives sur l'espérance ou pas de l'inconnu

Fictions bellicistes : la théâtralisation de la guerre

Lorenzo Carrasco

L'Europe théâtralise la guerre avec la Russie tandis que son ordre libéral s'effondre: un rituel de peur sans promesse de rédemption, sur la voie de l'autodestruction.

MSIa Informa, 29 septembre 2026. - Dans un élan de mise en scène, les dirigeants européens se sont affichés en tenue militaire lors du Sommet européen de l'Arctique, organisé à Rovaniemi, en Finlande, afin de faire clairement comprendre qu'ils seraient prêts à affronter la Russie.