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Rdc : Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila d'être le « supplétif » du président rwandais

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© X / Neo Africa

Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo

Le président congolais s'en est vivement pris à la récente nomination de l'ancien chef de l'État Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), qui succède à l'AFC/M23. Il l'accuse de mener l'agression contre la RDC en tant que "supplétif" du président rwandais.

Dans un discours prononcé le 24 octobre, mais diffusé sur X seulement ce 27 octobre, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s'en est vivement pris à l'ancien chef de l'État Joseph Kabila devant des députés de la majorité au pouvoir. Le président congolais a affirmé que son homologue rwandais, Paul Kagame, avait "demandé à son supplétif, qui était tapi dans l'ombre, de sortir et de prendre les rênes de cette agression", faisant référence à Joseph Kabila, qu'il a également qualifié de "grand peureux".

Les propos du président congolais interviennent quelques semaines après la décision de l'Alliance Fleuve Congo (AFC) et de sa branche armée, le M23, de créer un nouveau mouvement politico-militaire, baptisé Front pour la refondation de la nation (FRN), désormais présidé par Joseph Kabila. Félix Tshisekedi a assuré n'avoir "rien inventé" concernant l'engagement de l'ancien président, affirmant s'être forgé son "opinion sur l'engagement" de son prédécesseur "grâce aux informations que nos services m'ont apportées, mais aussi à la collaboration des services de certains pays amis".

"Manifestation d'un camp qui est aux abois"

La création du FRN a été interprétée par le président congolais comme la "manifestation d'un camp qui est aux abois". Selon lui, "c'est tout simplement parce qu'ils étaient en panne de solution qu'ils ont dû pousser mon prédécesseur à aller au charbon".

Félix Tshisekedi a également décrit le départ de Joseph Kabila de la RDC comme un "exil qui ne disait pas son nom". "Jusque-là, il avait toujours l'habitude de m'envoyer des messages pour me prévenir de ses déplacements hors du pays. Et là, c'était silence radio. Il est sorti sans crier gare", a-t-il indiqué, avant d'ajouter : "J'étais donc le premier à ne pas être étonné de le voir sortir du bois".

Les sanctions à l'origine du revirement rwandais

Ce revirement politique s'explique, selon le président congolais, par les efforts diplomatiques de Kinshasa pour obtenir des sanctions internationales contre ce qu'il a qualifié de "régime criminel et barbare de Paul Kagame". Il a également affirmé que l'économie du Rwanda "n'était basée que sur deux choses : le pillage de nos ressources naturelles et l'aide internationale. Cette dernière a commencé à être coupée, et la dénonciation de ces pillages a mis mal à l'aise beaucoup de ses complices receleurs".

Félix Tshisekedi a par ailleurs estimé que la nomination de Joseph Kabila à la tête du FRN visait à "faire passer cela pour un problème congolo-congolais", avant d'ajouter que "personne n'a été dupe". Il a salué, dans la foulée, la condamnation "unanime" de cette initiative par la classe politique et la population.

Pour rappel, l'ancien président de la RDC, Joseph Kabila, a été condamné à la peine capitale par contumace, fin septembre 2025, pour "trahison" et "crimes de guerre" par la justice militaire congolaise. Il fait également l'objet de sanctions américaines pour "soutien financier et politique" à l'AFC/M23, qui contrôle de vastes territoires miniers dans l'est de la RDC.

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