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 Élections israéliennes : qui sont les principaux candidats et que défendent-ils ?

Mutinerie à Tel-Aviv?

Par  Mike Whitney

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Dimanche, plusieurs agences de presse israéliennes ont fait état d'un "affrontement sans précédent" entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef d'état-major des Forces de défense israéliennes (FDI), le général de corps d'armée Eyal Zamir, qui "se sont accrochés au sujet d'une opération militaire susceptible de raviver le conflit avec l'Iran". Zamir, qui jouit d'un grand respect parmi les membres de l'establishment militaire et politique, aurait refusé de donner suite à la directive de Netanyahu "craignant qu'elle ne provoque une escalade ou une erreur d'appréciation juste avant les élections israéliennes du 27 octobre".

Selon le Jerusalem Post :

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général de corps d'armée Eyal Zamir, se sont accrochés au sujet d'une opération militaire susceptible de raviver le conflit avec l'Iran à quelques jours des élections israéliennes, a rapporté dimanche soir N12 News. Récemment, Zamir a reçu des instructions des instances politiques pour mener une opération, qui, selon des responsables de la sécurité interrogés par N12, déclencherait une escalade fulgurante vers un affrontement avec l'Iran....

"Des sources proches du dossier ont déclaré à N12 que Zamir et d'autres responsables de l'armée israélienne craignent que les instances politiques ne tentent d'exploiter le front avec l'Iran à l'approche des élections à des fins politiques....

"On ignore encore jusqu'où Netanyahu serait prêt à aller si certaines personnalités ne mettaient pas un frein à ses actions..... Netanyahu a peut-être également envisagé la possibilité qu'Israël joue un rôle de premier plan en tant que 'premier attaquant', ou qu'il fasse figure de trouble-fête pour empêcher la conclusion d'un accord nucléaire iranien qu'il jugerait défavorable à son pays.  Le chef de l'armée israélienne a rejeté l'ordre de Netanyahu de mener une "action" contre l'Iran, craignant des motivations politiques, The Jerusalem Post

L'Iran ne représentant aucune menace immédiate pour Israël, les observateurs ne peuvent que supposer que Netanyahu pense qu'une attaque contre l'Iran lui donnerait soit un avantage politique lors du scrutin de mardi, soit une raison d'annuler purement et simplement les élections. Quoi qu'il en soit, la majorité de ceux qui suivent cette affaire en concluront probablement que Bibi prévoyait de mettre le pays en danger pour assouvir ses petites aspirations politiques. C'est clairement ce que les auteurs de l'article veulent faire croire aux lecteurs, mais est-ce vrai ?

Nous connaissons tous l'expression "surprise d'octobre", qui désigne les tours de passe-passe orchestrés pour coïncider avec des élections majeures. Ce prétendu "conflit" entre Netanyahu et Zamir serait-il une histoire montée de toutes pièces pour compromettre les chances de réélection de Bibi ?

Cela y ressemble fort. Notons que le Jerusalem Post (ainsi que tous les autres médias) ne déclare pas explicitement que Zamir a "refusé un ordre", mais qu'il y a eu "un désaccord concernant une opération militaire susceptible de raviver le conflit avec l'Iran". En d'autres termes, l'auteur tente de suggérer que Zamir a désobéi sans le dire explicitement. (La formulation est délibérément trompeuse.)

Sans surprise, le principal adversaire de Netanyahu, Gadi Eisenkot, se sert de cette affaire pour améliorer ses chances de l'emporter mardi.

"Netanyahu, je te surveille... L'homme qui a vu se produire, sous son mandat, la plus grande catastrophe de l'histoire de la nation, refuse de comprendre que la sécurité d'Israël n'est pas un jouet politique, que la vie des citoyens israéliens et des soldats de l'armée israélienne ne doit pas être traitée avec une irresponsabilité totale, et que l'État d'Israël n'est pas sa propriété privée.

"J'ai pleinement confiance en Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, et en les commandants de l'armée, qui agissent avec un sens aigu des responsabilités et un engagement absolu envers la sécurité de la nation. Nous ne laisserons pas l'armée israélienne devenir un instrument au service de la campagne de survie politique de Netanyahu. [...] Ne vous avisez pas de faire passer vos propres intérêts politiques avant la sécurité de l'État". — The Jerusalem Post

Ainsi, même si les faits restent flous, Eisenkot profite de cette affaire pour attaquer son adversaire. Tout cela est très suspect.

Eisenkot a ajouté :

"Dans deux jours, les citoyens d'Israël mettront fin à cette ère de gouvernance irresponsable et anarchique et rétabliront la responsabilité, le sens de l'État et la sécurité d'Israël", a déclaré Eisenkot. "Je vous en donne ma parole".

D'autres responsables politiques israéliens se sont également joints au mouvement, à l'instar du président du Parti démocrate, Yair Golan, qui a déclaré :

"Il est interdit de permettre toute action militaire qui ne repose pas sur un besoin de sécurité clair, un objectif stratégique et un plan d'action responsable. Lorsque les citoyens israéliens se rendront aux urnes mardi prochain, ils devront garder ceci à l'esprit : Netanyahu constitue une menace pour la sécurité d'Israël. Il n'hésite pas à sacrifier la vie de nos enfants pour assurer sa survie à la veille des élections, et c'est ce que les Forces de défense d'Israël (Tsahal) tentent d'empêcher.... La sécurité d'Israël est entre les mains d'une classe politique corrompue, composée de personnes inaptes et dérangées qui n'hésitent pas à sacrifier la sécurité d'Israël pour s'accrocher à leurs sièges".

Tout cela n'est donc qu'une question électorale ?

En effet, et Netanyahu est attaqué sur le seul sujet sur lequel il a fondé toute sa carrière : la sécurité. Avigdor Liberman, du parti Yisrael Beytenu, a porté la même accusation que les autres, affirmant que la tentative de Netanyahu d'"entraîner Israël dans une action militaire pour empêcher les élections" constitue un acte de "trahison envers l'État et sa sécurité".

Pour ceux qui méprisent déjà Netanyahu (comme nous) il est aisé de tirer des conclusions hâtives, mais les faits restent pour le moins flous. Tout d'abord, nous ne disposons d'aucune confirmation indépendante indiquant que Netanyahu a ordonné une attaque contre l'Iran. Cela doit être établi avant de porter un jugement. Deuxièmement, le chef d'état-major Zamir n'a jamais refusé d'obéir à un ordre direct de Netanyahu. C'est ce qui est insinué, mais jamais clairement affirmé. Selon plusieurs articles, "il a sollicité un débat approfondi et une autorisation officielle avant de donner suite à l'opération".

Voici d'autres informations tirées d' Israel.com :

"Aucun de ces articles n'explique quelle action spécifique contre l'Iran fait l'objet de ce débat, si un ordre a été formellement émis par écrit, ni si celui-ci a été exécuté, modifié ou annulé. Ils ne mentionnent pas de réaction de la part de Zamir ou du porte-parole de l'armée israélienne, et ne précisent pas si d'autres ministres ou responsables de la sécurité sont impliqués... Les articles n'identifient pas non plus les sources à l'origine de cette révélation". —  Israel.com

Alors, pourquoi ce titre fait-il la une ? Les faits sont inexistants, ce ne sont que des rumeurs et insinuations.

Voici d'autres informations tirées d'un autre article publié sur  Israel.com :

"Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a qualifié les informations faisant état d'un désaccord de 'totalement infondées et fausses'... Son démenti fait suite à un reportage diffusé la veille au soir sur Channel 12 News, décrivant un affrontement entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Zamir, qui, selon Fabian, portait sur une instruction donnée à l'armée... Le blog du Times of Israel en direct a résumé les propos de Katz en indiquant qu'il a qualifié les informations faisant état d'un affrontement entre le Premier ministre et le chef de l'armée de sans fondement et qu'il a déclaré n'avoir eu aucune intention d'attaquer l'Iran avant le vote". —  Israel.com

Gardez à l'esprit qu'il s'agit d'un titre d'actualité qui circule dans les médias israéliens et partout dans le monde, et qui fait état d'une "confrontation sans précédent" entre le Premier ministre israélien et son chef d'état-major. En effet, le titre du Times of Israel se lit comme suit :

 Selon un rapport : dans le cadre d'une "confrontation sans précédent", le chef de l'armée israélienne refuserait d'exécuter une action militaire ordonnée par Netanyahu concernant l'Iran", The Times of Israel

Ce titre suggère-t-il fortement qu'une mutinerie est en cours en Israël ?

Oui. L'impression qui se dégage est que Zamir a refusé un ordre qu'il estime motivé par des considérations politiques qui mettraient le pays en danger. En réalité, l'article du Times indique clairement :

"Zamir s'opposerait à la mise en œuvre de cette action militaire non précisée".

Mais si l'on lit les articles plus attentivement, on constate qu'il n'y a ni mutinerie, ni insubordination, ni refus d'obéir à un ordre direct, ni aucune preuve que Netanyahu ait jamais prévu une attaque. Ce ne sont que des déclarations sans fondement, non corroborées, non vérifiées et motivées par des considérations politiques. Les auteurs de ces absurdités tentent de torpiller les chances de réélection de Netanyahu en publiant des allégations à consonance sinistre tirées de nulle part. Voici ce qu'écrit le Times :

Il cite une source militaire affirmant :

"Il s'agit d'une action susceptible d'entraîner une escalade avec l'Iran, à un moment critique et particulièrement sensible, générant ainsi cette [éventuelle] erreur de calcul".

Une source ? Quelle source ? Elle n'est pas identifiée, pas plus que la nature de l'action. Ce ne sont que des insinuations destinées à convaincre les lecteurs que Netanyahu est un homme politique irresponsable, égocentrique et laxiste en matière de sécurité nationale.

Ne laissons pas nos opinions sur Netanyahu nous empêcher de voir la vérité. Il est certes un psychopathe génocidaire, mais rien dans ces articles ne prouve qu'il projette une attaque préélectorale contre l'Iran. Ce ne sont que des sornettes invérifiables.

Mike Whitney

Article original en anglais :  Mutiny in Tel Aviv? The Unz Review, le 27 octobre 2026.

Traduit par  Spirit of Free Speech

La source originale de cet article est  The Unz Review

Copyright ©  Mike Whitney,  The Unz Review, 2026

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