
Par Benjamin König, le 26 octobre 2026
La commission d'enquête des Nations unies, longtemps présidée par la récente Prix Nobel de la Paix Navi Pillay, dénonce dans son nouveau rapport des crimes commis par les autorités israéliennes. Pour la première fois, le terme d'extermination est employé.
Le réquisitoire est implacable. Un de plus. Ce 26 octobre, la commission d'enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, qui dépend du Conseil des droits humains de l'ONU, a publié son nouveau rapport sur la situation dans les territoires occupés. Celui-ci fait état, pour la première fois, de crimes contre l'humanité perpétrés par le gouvernement et l'armée israélienne, dont celui "d'extermination".
Le texte indique que la commission d'enquête
"conclut que les autorités et les forces israéliennes ont commis en Cisjordanie des crimes contre l'humanité, d'extermination, de torture, de viol et d'autres formes de violence sexuelle, ainsi que de persécution fondés sur des motifs discriminatoires qui se recoupent, au cœur desquels figurent la nationalité, la race et l'appartenance ethnique".
Des accusations corroborées par les actions de nettoyage ethnique menées actuellement à Hébron, après la mort de deux soldats israéliens.
Le rapport, preuves à l'appui, maintient également les accusations de génocide mené dans la bande de Gaza que la commission avait documenté dans le rapport précédent, publié en octobre 2025. Le texte indique cette année que
"l'extension du contrôle territorial d'Israël à Gaza continue à causer des morts et des blessés chez les civils palestiniens".
5 personnes tuées à Gaza le jour même
Comme pour mieux illustrer cette action génocidaire qui se poursuit, la défense civile de la bande de Gaza a annoncé le même jour que cinq personnes, dont une fillette de sept ans, ont été tuées par plusieurs bombardements israéliens. Quatre près de la ville de Khan Younès, à la suite d'une
"frappe aérienne qui a visé un camp de déplacés dans la région d'Al-Mawasi",
a fait savoir le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Bassal, et une dans celle de Gaza, au nord, après
"une frappe de drone israélien qui visait un groupe de civils".
Ce qui porte à 13 personnes tuées et une soixantaine d'autres blessées au cours des dernières 24 heures. Au total, depuis la trêve officielle signée en octobre 2025, plus de 1 500 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza.
Le texte indique que la commission d'enquête "conclut que les autorités et les forces israéliennes ont commis en Cisjordanie des crimes contre l'humanité d'extermination, de torture, de viol et d'autres formes de violence sexuelle". © Bashar Taleb / AFP

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Sans surprise, les autorités israéliennes ont rejeté les conclusions du rapport, par la voix de son représentant à Genève auprès de l'ONU, Daniel Meron. Lequel a également mis en cause la commission d'enquête, qui selon lui
"cherche à saper la légitimité d'Israël et à lui nier son droit fondamental à exister et à se défendre".
Pourtant, le rapport pointe également l'Autorité palestinienne, puisque la commission enquête sur tous les faits commis dans les Territoires palestiniens occupés. Il dénonce des violences contre des groupes armés rivaux et la répression des opposants civils et politiques. La commission d'enquête a été créée en 2021, et a été longtemps présidée par la récente récipiendaire du Prix Nobel de la Paix, la juriste sud-africaine Navi Pillay. Cette dernière a récemment passé la main à l'Indien Srinivasan Muralidhar.