
par Sharon Zhang
Selon un rapport de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, onze femmes accusent le président américain de viol ou d'agression sexuelle, ou affirment avoir été "proposées" à ce dernier pour des rapports sexuels par Epstein ou Ghislaine Maxwell.
Les démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants ont rendu public un ensemble d'éléments concernant des allégations d'agressions sexuelles - dont une nouvelle accusation de viol - visant le président Donald Trump dans le cadre de l'affaire Jeffrey Epstein. Selon les élus, ces faits auraient été délibérément dissimulés par le département de la Justice.
Ce rapport de 50 pages, publié lundi, contient les témoignages de 11 femmes. Certaines accusent Donald Trump de viol ou d'agression sexuelle, tandis que d'autres affirment avoir été "proposées" au président par Jeffrey Epstein ou Ghislaine Maxwell à des fins sexuelles. La plupart de ces événements remontent aux années 1990.
Ces récits ont été recueillis par la commission, en s'appuyant également sur des documents du FBI et sur les éléments déjà rendus publics du dossier Epstein. Les informations ont été recoupées afin d'établir une chronologie et de vérifier la cohérence des témoignages entre les victimes présumées. L'ensemble de ces éléments contredit formellement les affirmations de Donald Trump, qui prétendait n'être qu'une simple connaissance d'Epstein ; ils dépeignent au contraire un homme se livrant de manière répétée à des agressions sexuelles, en étroite collaboration avec Epstein pour identifier et faire circuler des victimes.
"Ces femmes se sont confiées aux enquêteurs et, dans certains cas, ont témoigné sous serment. Pourtant, le département de la Justice sous l'administration Trump a mis fin aux enquêtes, a délibérément occulté des preuves et, par l'intermédiaire de Todd Blanche, a empêché Ghislaine Maxwell d'évoquer une survivante dont le récit mettait en cause Donald Trump", a déclaré Jamie Raskin, élu démocrate du Maryland et membre éminent de la commission. "Le département de la Justice, sous Trump, semble dissimuler ces crimes afin de protéger le président".
Selon le rapport, cinq femmes affirment avoir été violées ou agressées par Donald Trump alors qu'elles se trouvaient en présence de Jeffrey Epstein ou en sa compagnie. Le document révèle par ailleurs, pour la première fois, un viol présumé commis par Donald Trump sur la personne de Beatrice Keul - laquelle avait déjà affirmé par le passé avoir subi des attouchements de sa part.
Keul a déclaré avoir été recrutée pour participer au concours "Donald J. Trump American Dream Pageant" en novembre 1993 ; elle a été abordée par Trump lors d'un événement au Plaza Hotel, établissement dont il était propriétaire à l'époque. Elle affirme que son passeport lui a été confisqué à son arrivée au concours et que Trump lui a promis des faveurs, assurant notamment que Paolo Zampolli - alors agent de mannequins, qui a récemment été démis de ses fonctions à un poste de haut niveau au sein du département d'État - "s'occuperait" d'obtenir un visa pour elle, étant donné qu'elle est originaire de Suisse.
Le rapport indique que Trump a promis à Keul de faciliter son admission à l'université de New York - une promesse qu'Epstein faisait souvent "pour attirer ses victimes, puis pour les contrôler", précise le document.
À la suite de cette conversation, Epstein s'est approché d'elle en se présentant comme "le meilleur ami de Don". Sous les yeux de Trump, Epstein a lui aussi fait des promesses à Keul, notamment celle d'organiser son voyage à Mar-a-Lago pour une soirée. "Tu sais, je peux m'occuper de toi. Nous organisons beaucoup de fêtes avec Don", lui aurait-il dit. Keul raconte que Trump l'a violée plus tard ce même jour, après avoir envoyé un associé l'inviter dans une chambre d'hôtel pour un rendez-vous ; elle a qualifié ce viol de "brutal".
Le rapport corrobore la rencontre entre Keul et Trump en s'appuyant sur les témoignages d'autres femmes, selon lesquelles Trump et Epstein utilisaient ce concours comme un "terrain de chasse" pour cibler des femmes.
Les démocrates ont également recensé d'autres agressions commises par Trump en lien avec Epstein ; il s'agit notamment de nombreuses situations où Trump aurait embrassé de force ou tripoté des jeunes filles ou des femmes en présence d'Epstein. Le rapport rassemble par ailleurs des éléments concernant des agressions présumées sur de jeunes filles, comme dans le cas de "Katie Johnson".
Le rapport met en évidence plusieurs schémas comportementaux adoptés par Trump et Epstein vis-à-vis de leurs victimes.
Il note, par exemple, que Trump a appelé Keul plusieurs mois après l'agression présumée pour réitérer ses promesses de faveurs. De même, Trump a envoyé une carte postale au mannequin Stacey Williams - avec qui il a brièvement entretenu une relation - plusieurs mois après l'avoir agressée, selon ses dires, en présence d'Epstein, pour l'inviter à Mar-a-Lago. Le rapport note qu'Epstein avait pour habitude de faire venir des mannequins étrangères en Floride, et précise que :
"Trump et Epstein semblaient suivre le même mode opératoire pour recruter et abuser des femmes - jusque dans le choix de l'université où ils promettaient une admission, ainsi que dans le calendrier des appels téléphoniques de suivi qu'ils passaient".
Les démocrates ont également découvert qu'au moins cinq femmes ont rapporté "des faits extrêmement similaires sur la manière dont Trump et Epstein se livraient à une concurrence acharnée pour séduire des femmes et des jeunes filles ; plusieurs ont par ailleurs relaté des épisodes où Epstein présentait"ses femmes"à Trump, avant de les réprimander et de les punir lorsque Trump initiait - ou tentait d'initier - des contacts sexuels avec elles".
source : Truthout via Marie Claire Tellier