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🧱 28/10/2026 reseauinternational.net  6min ⁑️ 8 #331443

Les trois échecs de Netanyahou pour relancer la guerre - Négociations entre l'Arabie saoudite et l'Iran

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par Moon of Alabama

Le Likoud, le parti de l'actuel premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, risque de perdre les élections.

Les sondages laissent entrevoir un tel résultat depuis un certain temps, ce qui explique pourquoi Netanyahou cherche d'autres moyens de conserver son poste.

Jusqu'à hier, son option privilégiée consistait à créer une situation d'urgence en relançant une guerre contre l'Iran. Les représailles de l'Iran, sous forme de tirs de missiles et d'attaques de drones contre Israël, lui auraient permis de reporter les élections.

Une option secondaire consiste à provoquer une situation d'urgence après les élections, mais avant la formation d'un nouveau gouvernement. Cette période  peut durer entre un et quatre mois. Cela lui permettrait de réclamer un "gouvernement d'union nationale", comme Israël l'a déjà fait par le passé en période de crise, Netanyahou conservant ainsi son poste de premier ministre.

Netanyahou a jusqu'à présent tenté à trois reprises de créer l'état d'urgence tant souhaité.

La première consistait à pousser le président américain Donald Trump à mener une nouvelle  attaque contre l'Iran :

"Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou fait pression pour que reprennent les frappes à grande échelle contre l'Iran, augmentant ainsi le risque d'un nouveau conflit régional malgré l'opposition du président américain Donald Trump, a rapporté mercredi [21 octobre] le Financial Times, citant des sources proches du dossier.

L'armée israélienne avait préparé une campagne de bombardements de plusieurs jours pour le week-end du 10 octobre, visant des centrales électriques, des installations nucléaires et des cibles du régime iranien, mais l'opération a été suspendue après que Trump s'est opposé à la reprise du conflit avant les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, a rapporté le FT".

Lors de sa deuxième tentative, Netanyahou espérait provoquer une violente réaction iranienne en  simulant une attaque israélienne :

"Des dizaines d'avions de chasse et d'avions ravitailleurs israéliens ont survolé la Syrie et l'Irak en direction de la frontière iranienne en début de semaine, suivant une trajectoire de vol ressemblant à celle d'une attaque contre l'Iran, rapporte Channel 12, citant des responsables américains.

Les appareils ont fait demi-tour peu avant d'atteindre le territoire iranien et sont rentrés en Israël, selon ce reportage, qui fait suite à un précédent reportage de Fox News sur le sujet.

Israël a informé Washington à l'avance de cette sortie, affirmant qu'il s'agissait d'un exercice militaire et d'une démonstration de force destinée à dissuader l'Iran, ont indiqué des sources à Channel 12. Cependant, plusieurs sources estiment que certains responsables israéliens auraient pu espérer que l'Iran ouvre le feu sur les appareils, fournissant ainsi à Israël un prétexte pour lancer une attaque".

Netanyahou aura sans doute espéré que toute riposte de l'Iran pousserait les États-Unis à se joindre au conflit.

La troisième tentative de Netanyahou a eu lieu ce week-end, lorsqu'il a donné l'ordre direct à l'armée israélienne de lancer une nouvelle attaque contre l'Iran.

Le chef d'état-major, Eyal Zamir, a reçu l'ordre mais a refusé de l'exécuter. Il a en outre "divulgué" l'incident à la  chaîne Channel 12 et s'est assuré que le reportage qui a suivi ne soit pas censuré (traduction automatique) :

"Une confrontation sans précédent entre le chef d'état-major et le premier ministre, qui a atteint son apogée - ou son point le plus bas - ces derniers jours.

En toile de fond : la question iranienne. Et les craintes de Zamir que Netanyahou et l'élite politique ne conduisent à un scénario d'erreur de calcul face à l'Iran juste avant les élections.

Une source des services de sécurité : Il s'agit d'une action qui pourrait mener à une confrontation soudaine avec l'Iran à un moment délicat et dramatique, et entraîner une erreur de calcul.

Des sources bien informées sur les détails : les craintes de l'échelon militaire face à une tentative d'exploiter la question iranienne à des fins de dynamique politique, une allégation que les personnalités politiques nient et qualifient de mensonge pur et simple. Quoi qu'il en soit, deux sources m'ont indiqué que la situation avait atteint un tel niveau qu'aujourd'hui, lors de la visite à Palmachim, l'atmosphère de la discussion était extrêmement tendue.

Ces derniers jours, Zamir a reçu certaines directives de la part des responsables politiques, mais a demandé une discussion approfondie avant leur mise en œuvre. Il a également exigé des autorisations juridiques signées par ces derniers pour mener à bien cette opération.

Un haut responsable de la sécurité : L'histoire n'oubliera pas le rôle que Zamir a joué ici ces derniers jours. Et en résumé : Une confrontation exceptionnelle, marquée par un désaccord entre Zamir et Netanyahou, autour de la question iranienne, juste avant la date des élections.

Nous soulignons : Tous les détails de ce rapport ont été approuvés par la censure militaire".

La divulgation sans précédent de ce conflit coûtera des voix supplémentaires à Netanyahou.

Ses tentatives préélectorales visant à relancer une guerre contre l'Iran ayant échoué, Netanyahou va désormais tenter d'organiser une provocation postélectorale qui, espère-t-il, augmentera ses chances de rester à son poste.

Mais l'armée étant peu disposée à suivre des ordres déraisonnables, il devra chercher d'autres justifications ou des moyens non militaires pour déclencher de nouveaux conflits.

Les États-Unis  semblent prêts à frapper à nouveau l'Iran, mais Trump n'a pas encore donné cet ordre. Je doute qu'il le fasse avant les élections de mi-mandat et je ne vois actuellement aucune raison pour qu'il le fasse par la suite.

Aujourd'hui, une délégation de haut niveau de la "coalition de La Mecque", composée de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan, est  en visite à Téhéran. On signale également la présence de délégués du Qatar.

La principale préoccupation saoudienne est son conflit avec le Yémen. Le 14 juillet, les Saoudiens  ont rompu le cessez-le-feu au Yémen en attaquant l'aéroport de Sanaa. La coalition yéménite Ansarallah a riposté de la même manière. Le Yémen, déjà dévasté par les précédentes campagnes saoudiennes et américaines, n'a pas grand-chose à perdre, tandis que les Saoudiens sont assis dans une maison de verre dorée. Leurs aéroports et leurs installations pétrolières sont désormais sous le feu continu des attaques. Les conséquences économiques sont dévastatrices.

Les Saoudiens demanderont à l'Iran d'intervenir auprès d'Ansarallah pour que ce dernier cesse ses attaques. L'Iran, tout comme Ansarallah, pourrait bien s'exécuter, mais cela coûtera à l'Arabie saoudite un lourd prix politique. L'Iran pourrait bien demander aux Saoudiens de rompre toutes leurs relations avec Israël et les États-Unis.

Le dictateur saoudien Mohammed ben Salmane a envoyé son propre frère, le ministre de la Défense Khalid ben Salmane, à Téhéran. Le Pakistan a dépêché le chef de son armée et la Turquie, son chef des services de renseignement.

Le fait que les pourparlers se déroulent à un niveau aussi élevé signifie qu'ils sont sérieux.

source :  Moon of Alabama

 reseauinternational.net