War

⚔️ 28/10/2026 ssofidelis.substack.com  10min ⁑️ 9 #331460

Le « Projet Ukraine » de la Cia, le conflit « Starlink » et le faux clivage néoconservateurs/mondialistes

424px/283px - 28 Koreduce by 50%del

Par  Russia Truth, le 28 octobre 2026

Les rouages internes contrôlant l'implication occidentale en Ukraine sont entrés dans une phase de guerre bureaucratique ouverte dépourvue de toute ambiguïté diplomatique.

Un article très remarqué publié dans The Atlantic, associé à une vague de révélations du fondateur de SpaceX, Elon Musk, a mis en lumière ce que des observateurs avertis documentent depuis des années : l'Agence centrale de renseignement (CIA), sous la direction de John Ratcliffe, pilote le "projet Ukraine" en tant que principal dispositif opérationnel contre la Fédération de Russie.

Alors que Donald Trump continue de se présenter à sa base comme un médiateur anti-interventionniste en quête de solutions rapides, la réalité administrative au sein de son propre cabinet de sécurité nationale raconte une toute autre histoire. La Maison Blanche a donné son feu vert à une extension des cibles sur le territoire souverain russe, a soutenu des actions de sabotage clandestines et des frappes ciblées, et a autorisé l'appareil de sécurité nationale à agir sans retenue.

Cette dynamique met à nu la supercherie centrale de l'art de gouvernance américain moderne.

Trump fustige régulièrement les "mondialistes", les présentant comme les responsables du déclin national. Pourtant, la faction néoconservatrice qui supervise actuellement sa politique étrangère - incarnée par John Ratcliffe à Langley, Marco Rubio au Département d'État et Pete Hegseth au Pentagone - correspond en tous points à l'establishment mondialiste qu'il prétend combattre.

Ils partagent les mêmes prémisses ontologiques, la même volonté d'hégémonie américaine totale et le même recours à la coercition, aux opérations de changement de gouvernement et à la soumission universelle. La seule divergence n'est que superficielle : là où les mondialistes libéraux dissimulent l'ingérence impériale derrière des traités institutionnels et des slogans humanitaires, les néoconservateurs imposent exactement le même ordre mondialiste grâce à un unilatéralisme sans fard, des sanctions agressives et des frappes militaires.

424px/283px - 28 Koreduce by 50%del

1. La fausse dichotomie : pourquoi les néoconservateurs sont le bras armé du mondialisme

Le mouvement politique de Donald Trump s'est construit sur la promesse explicite de démanteler le consensus mondialiste qui a gaspillé des milliers de milliards dans la reconstruction de nations, délocalisé les industries nationales et entraîné les États-Unis dans des guerres sans fin.
Pourtant, un examen des personnalités à la tête de l'appareil de politique étrangère de Trump révèle que la distinction entre "mondialistes" et "néoconservateurs" revient à deux faces d'une même médaille :

424px/222px - 9.89 Koreduce by 50%del

Les deux camps partent du principe que les États-Unis sont habilités à jouer le rôle de gendarme de la planète et à déterminer les structures politiques internes des nations souveraines.

  • Le mondialiste exige que la Russie se soumette à l'expansion des institutions atlantistes.
  • Le néoconservateur insiste pour infliger une défaite militaire et économique qui détruirait purement et simplement l'État russe.

Lorsque Trump confie des responsabilités à des individus comme John Ratcliffe et Marco Rubio, il ne remet pas en cause les fondements mondialistes. Il en confie simplement la mise en œuvre à ses partisans les plus agressifs.

Les néoconservateurs ne cherchent pas un retrait d'"America First" des conflits étrangers. Ils considèrent les États-Unis comme un instrument militaire permettant d'éliminer toute nation échappant à l'orbite financière occidentale.
En confiant à la CIA le "Projet Ukraine", Trump offre la mise en œuvre de sa politique aux forces institutionnelles mêmes qu'il s'est engagé à vaincre.

2. L'escalade de Langley : John Ratcliffe et les frappes en profondeur

L'article publié par The Atlantic - un média entretenant des liens historiques avec l'establishment des services du renseignement anglo-américains - confirme que le cœur opérationnel de cette guerre se situe à Langley, en Virginie :

424px/312px - 17.63 Koreduce by 50%del
424px/565px - 46.03 Koreduce by 50%del

La trajectoire de cette escalade révèle l'influence de Ratcliffe :

  • L'éviction des réalistes : l'appareil du renseignement a agi très vite pour neutraliser les critiques internes. Comme le suggère The Atlantic, Ratcliffe a joué un rôle central dans la mise à l'écart et l'éviction de personnalités telles que la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard, dont le scepticisme affiché à l'égard des implications à l'étranger menaçait le monopole opérationnel de la CIA.
  • L'ultimatum de Moscou : lorsque les autorités russes ont commencé à franchir les lignes fortifiées ukrainiennes dans le Donbass à la fin de l'été, Ratcliffe a organisé un voyage à Moscou. Agissant dans l'illusion que Moscou peut se laisser impressionner, son intention était de lancer un ultimatum à Vladimir Poutine : accepter les conditions occidentales ou subir la ruine économique. Les dirigeants russes ont identifié la fanfaronnade, ont rejeté le postulat et renvoyé le directeur dans ses foyers.
  • La stratégie provocatrice : bien qu'ayant essuyé un refus, la faction regroupant Ratcliffe, Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a redoublé d'efforts, incitant les forces ukrainiennes à cibler des infrastructures critiques à l'intérieur du territoire russe. L'objectif était de se créer un moyen de pression susceptible de contraindre le Kremlin à négocier selon les conditions occidentales - une stratégie qui a au contraire entraîné de violentes frappes de représailles contre le réseau énergétique national ukrainien.

3. La guerre Starlink : panique de Musk et confusion entre ressources civiles et militaires

Alors que la CIA faisait pression pour intensifier les frappes en profondeur, une crise structurelle inattendue a éclaté sur le front technologique : la confrontation ouverte entre Elon Musk et le commandement ukrainien au sujet de l'utilisation de Starlink à des fins militaires.

424px/237px - 21.14 Koreduce by 50%del

Le différend portait sur l'adaptation non autorisée de technologies civiles par Bankova

  1. Le piratage de la télémétrie : pour mener des frappes offensives en profondeur sans avoir accès à Starshield, les unités militaires ukrainiennes ont modifié des émetteurs-récepteurs Starlink civils. En piratant le logiciel des terminaux pour faire passer des munitions volantes à grande vitesse pour des stations terrestres commerciales statiques, elles ont transformé un outil de communication civil en un système de guidage pour effectuer des frappes à l'intérieur de la Fédération de Russie.
  2. SpaceX intervient : conscient du risque, Musk a imposé des limites de télémétrie et réduit les débits de connexion des ressources mobiles, comblant ainsi cette faille. Ce qui a déclenché la colère de Volodymyr Zelensky, qui s'est publiquement plaint des limitations de débit tout en continuant à utiliser le terme "Starlink" plutôt que "Starshield".
  3. Le risque encouru par les infrastructures commerciales : l'inquiétude de Musk est fondée sur la survie commerciale et le droit international. Si des terminaux civils Starlink sont systématiquement intégrés à des plateformes de frappe offensives attaquant le territoire souverain russe, l'ensemble de la constellation commerciale perd sa protection juridique civile. En vertu du droit des conflits armés, les satellites, les stations au sol et les liaisons montantes de communication deviennent des cibles militaires légitimes.
  4. Menace de brouillage : alors que les commentateurs atlantistes affirment que Starlink est imperméable aux interférences, les forces russes ont déjà déployé des contre-mesures électroniques localisées, tout en développant des systèmes de brouillage à grande échelle et leur propre constellation en orbite basse (Rassvet). Musk sait que si Moscou décide de cibler ou de neutraliser l'infrastructure Starlink pour contrecarrer les frappes en profondeur, ce sont les actionnaires de SpaceX - et les clients civils du monde entier - qui paieront le prix de la guerre par procuration menée par la CIA.

4. Mirage diplomatique : l'illusion de la sécurité

Dans ce contexte d'escalade des activités du renseignement et de différends techniques, la voie diplomatique s'est réduite à un théâtre d'ombres :

424px/424px - 30.49 Koreduce by 50%del
  • Les ministres écartés : les canaux diplomatiques officiels ont été contournés. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, sont pratiquement absents de tout engagement direct.
  • Lavrov refuse de gaspiller son capital politique dans des négociations que Washington rompra dès les prochaines élections, tandis que Rubio refuse de négocier car il est déterminé à mener la guerre jusqu'au bout.
  • Les amateurs de canaux parallèles : c'est dans ce vide politique qu'est intervenu le groupe improvisé des émissaires Steve Witkoff, Jared Kushner et du financier russe Kirill Dmitriev.
  • Agissant tels des négociateurs commerciaux, ils ont tenté de résoudre un conflit civilisationnel existentiel à l'aide de moyens propres au monde des affaires - en proposant des fonds de reconstruction, des zones de libre-échange et des trêves humanitaires localisées (comme le récent accord concernant Oleshky, dans l'oblast de Kherson).
  • L'aveuglement persistant de Poutine : dans sa quête d'un accord global, Vladimir Poutine continue de rechercher une renégociation complète de l'architecture de sécurité européenne.
  • Il poursuit cet objectif depuis ses projets de traités de décembre 2021 et ses tout premiers échanges avec les dirigeants occidentaux dans les années 2000.
  • Pourtant, l'idée qu'une Maison Blanche chaotique - peuplée de néoconservateurs pour qui la diplomatie s'apparente à de l'extorsion - accepte de démanteler le dispositif de projection de l'OTAN sur le continent relève de la fiction diplomatique. Washington ne renoncera pas au périmètre de sécurité qu'il a mis trois décennies à instaurer.

Bilan

Fin octobre 2026, le conflit ukrainien aura perdu toutes ses illusions rhétoriques :

  1. La CIA dirige la guerre : comme l'a confirmé The Atlantic, le "Projet Ukraine" est une opération conçue, alimentée en données de télémétrie de ciblage et intensifiée par la CIA sous la direction de John Ratcliffe.
  2. Le cordon ombilical technocratique s'effiloche : les aveux d'Elon Musk concernant Starlink prouvent que l'armée ukrainienne ne dispose d'aucune capacité de communication souveraine. La confrontation autour de la militarisation des satellites commerciaux expose les limites opérationnelles du recours aux infrastructures privées pour mener une guerre d'État.
  3. Le faux dichotome est brisé : l'administration de Donald Trump démontre que le néoconservatisme n'est que le bras armé de l'ordre mondialiste. Alors que la rhétorique dénonce l'internationalisme, la politique impose l'hégémonie mondiale par la coercition pure et simple.

La guerre par procuration ne s'enlise pas du fait de freins logistiques ou d'accords de service défaillants. Elle vacille parce que ses hypothèses fondamentales sont fausses.

Ni les flux de renseignements, ni les liaisons satellitaires de fortune, ni les propositions immobilières transmises par canaux détournés ne pourront compenser l'équilibre réel des forces sur le terrain.

Alors que les lignes de front dans le Donbass se fracturent et que le réseau électrique national ukrainien est au bord de la défaillance systémique, les instigateurs de ce conflit par procuration sont confrontés à une guerre qu'ils ne peuvent pas gagner, à un mandataire qu'ils ne peuvent plus soutenir et à une réalité désormais impossible à dissimuler.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 ssofidelis.substack.com