
par Geoffrey Delavallée
Moi, je suis communiste ! Pourquoi ? Parce que je considère le capitalisme comme une entreprise mafieuse d'exploitation et de prédation de l'Humanité et de Mère-Nature. Au service d'une poignée d'individus cupides et vils (le 1% (1)). Aussi parce que je pense que l'économie en tant que telle devrait avoir un but spirituel nettement plus élevé que juste celui de se remplir la panse et de se vider les c*uilles. (2)
Seulement voilà ! Il y a des gens pour dire que non seulement le capitalisme est souhaitable/préférable à d'autres modèles... mais qu'en plus il est naturel. Donc indépassable.
Et de s'inspirer de travaux en éthologie (3) : n'y a-t-il pas chez nos cousins les grands singes des mâles dits alpha qui vivent aux dépends de mâles beta ? C'est bien la preuve que la hiérarchie est naturelle, elle et ses corollaires (violence, exploitation, prédation...). Vraiment ? Mais alors pourquoi interdire le vol, le viol et le meurtre dans nos sociétés humaines alors que ce sont des pratiques régulières chez nos cousins ? Pas très cohérents, ces capitalistes. De fait, on peut établir 3 failles intellectuelles inhérentes au capitalisme. À mon sens irréductibles.
1) À la base du capitalisme, il y a la propriété privée. Or, celle-ci ne pousse pas sur les arbres ni ne se ramasse dans le lit des rivières. C'est une convention, établie par une règle commune (4). +/- partagée par tous. Dès lors, si le principe de la propriété privée est artificiel... le capitalisme aussi (... puisque celui-ci dépend de celle-là). CQFD ! Illustration : pour qu'un fermier parti acheter des semences/vendre sa récolte... retrouve sa ferme intacte à son retour, il faut que l'intégrité de son lopin de terre soit garantie. Par une police, des tribunaux, la bienveillance de ses voisins. Toutes choses non prévues par Mère-Nature. De fait, quelle intérêt aurait un "sans-le-sou" à respecter la propriété d'autrui ? Si l'intérêt est le seul moteur de tout individu, il tentera sa chance : pas vu-pas pris. Conséquence ? Le fermier ne va plus sortir de chez lui ! Difficile de développer l'économie dans ses conditions... Solution ? Donner quelque chose au "sans-le-sou". Un lopin de terre, par exemple. Ou un emploi.
2) À terme, 'y a plus de capitalisme ! Finito. Pourquoi ? Parce que sur chaque secteur d'activité, une entreprise sera parvenue à dominer le "game" : détenir 100% des parts de marché. Fin de la concurrence ! Et celle-ci est programmée, donc la fin du capitalisme inéluctable. Ce qui me fait penser que ce dernier n'aura été qu'une phase dans l'histoire de l'Humanité. Particulièrement funeste.
3) "Ils" disent que le capitalisme est un système harmonieux qui permet l'allocation optimale des ressources de ses 3 acteurs : investisseurs, entrepreneurs, travailleurs. Ouah ! C'est beau, la trinité... En réalité, tout l'édifice repose sur les entrepreneurs : si ceux-ci n'ont pas la volonté et/ou les moyens d'entreprendre (5), l'économie reste au point mort. Dès lors, quid des contre-performances du capitalisme : des clients potentiels aux attentes insatisfaites (6) ? Quid des gaspillages du capitalisme : chômage, obsolescence programmée... Quid des violences du capitalisme : épuisements sur le lieu de travail, précarité, pollutionS... Le modèle capitaliste ressemble plus à un système sclérosé, mesquin et aux performances médiocres qu'à un mécanisme d'horlogerie (7). Une succession de goulots d'étranglements ou d'excès de capacités productives tout au long de la chaîne des fournisseurs et ce jusqu'au client final. En cause la structure du marché (d'un secteur donné) à un moment donné : un jour 'y a pas l'argent disponible ni l'opportunité de se lancer, un autre c'est trop tard ; les entrepreneurs faisant ce qu'ils peuvent (... et ce ne sont pas tous des flèches !). Le marché ? L'économie chaotique ! La planification, par contre, n'a pas ce genre de problèmes : elle est d'ailleurs pensée comme alternative au capitalisme, palliant ses manquements congénitaux.
Alors ? convaincus de la supériorité du communisme ?