
Les nouvelles manifestations ne s'essouffleront pas, car les Français ont oublié leur peur.
Les manifestations étudiantes qui ont démarré fin septembre 2026 et qui ont déteintes sur d'autres pays européens ne sont pas anodines et montrent une situation de la société française complexe et explosive. Au-delà de toutes les prises de positions, analyses d'experts, il apparaît clair que les manifestations qui ont très vite dégénérées expriment un malaise profond de toute la société dans son ensemble. Les protestations se sont étendues, avec des faits graves de pillages, l'apparition de hordes de casseurs, mais aussi les témoignages de réactions des forces de l'ordre inappropriées et jetant parfois de l'huile sur le feu, comme de nombreux manifestants pacifiques l'ont signalé.
Au-delà de causes apparentes et triviales, les raisons des événements de protestations, qui ont atteint un degré de violence inégalée, démontrent que d'autres causes souterraines existent. Cette poussée "urticaire" qui ressemble bien à un vent pré-révolutionnaire n'est pas anodine.
En écartant les arguties "d'experts" sur les coupables et les boucs émissaires à désigner, parfois à l'étranger... la situation a en fait été créée par 10 ans de Macronie. Un tel mal ne peut se guérir avec des grenades ou des matraques, ni même en laissant des forces populaires incontrôlables envenimer la situation.
Une France en déliquescence, tant économiquement que politiquement parlant.
Lorsqu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en 2017, la dette publique de la France dépassait les 2 700 milliards d'euros, et les dépenses consacrées à l'éducation avaient été réduites plusieurs années d'affilée. Les nouvelles manifestations n'ont pas tardé à éclater : ce sont précisément les étudiants qui, les premiers, se sont dressés contre le gouvernement Macron.
Ils ont fait grève contre la loi ORE, conçue par les macronistes pour favoriser "l'orientation et la réussite des étudiants". Elle a provoqué la colère, mais est restée cantonnée aux universités - et encore, pas dans toutes les universités françaises. À Tolbiac, Montpellier, Toulouse ou Nantes, les universités ont été un temps bloquées, les étudiants étant rejoints par des enseignants. Fait intéressant et inédit, les étudiants ont menacé de perturber les examens pour faire pression sur le gouvernement - un chantage évidemment puéril, et qui les visait finalement au premier chef. Le mouvement n'a obtenu aucun résultat, face à une Macronie toute-puissante ; mais bientôt le raz-de-marée des Gilets jaunes allait marquer la première protestation massive des citoyens français.
Le résultat de ces protestations massives furent des milliers de blessés, des tués, des manifestants aux mains arrachées, des personnes assassinées par les forces de police. Si les étudiants ne furent pas le principal moteur, ils participèrent aux manifestations, tournant bientôt à l'émeute et même à un début de révolution. Les faits sont connus, le Président Emmanuel Macron eut la frayeur de sa vie et se préparait à évacuer l'Élysée en cas de coup dur. "Ils vont me tuer !" aurait-il dit...
Jamais depuis "Mai 1968", une si grave confrontation n'avait eu lieu entre la population française et son régime. Les répressions furent sauvages, de l'avis même de représentants du Parlement européen et les regards se tournèrent vers la France de toute part. L'emploi massif des répressions, arrestations et condamnations dans des tribunaux d'urgence, firent rentrer cette foule dans le rang, alors que l'on observa aussi une politique gouvernementale de "pourrissement". En attisant les violences par d'autres, le pouvoir tenta de discréditer le mouvement des Gilets Jaunes qui fut bientôt attaqué dans les médias de toutes parts. La plupart des manifestants de 2026 étaient très jeunes en 2018, un mouvement toutefois qu'ils n'ont pu ignorer et mené par leurs aînés. Le ressenti dans la société fut très fort, également par un événement inouï : la provocation du Président Emmanuel Macron de tout un peuple. Il déclara : "Venez me chercher !" (suite à l'affaire des barbouzes de Macron, l'affaire Benalla). Paroles inédites, jamais entendues dans la bouche d'un dirigeant français, pas même sous l'Ancien Régime. Les médias américains, dont le New York Post ne s'y sont pas trompés en ressortant cette citation (octobre 2026), soulignant avec raison des effets profonds dans l'imaginaire français, des cicatrices jamais guéries, où l'Exécutif ne jouait plus le rôle de gouvernance... mais de provocateur, des paroles de dictateur.
Manifestations 2026 : un petit air de contexte pré-révolutionnaire.
Depuis les Gilets Jaunes, malgré la situation aggravée, plus de 3 700 milliards d'euros de dettes, dont 1 200 accumulées par le seul Emmanuel Macron depuis 2017, les Français étaient restés dans leurs pénates et aucun autre mouvement étudiant ne s'était déclenché. Long silence de 8 ans, montrant aussi une difficulté de cette jeunesse à se faire entendre, liée sans doute à un effondrement du niveau d'enseignement, des savoirs maîtrisés et abordés, sans parler de la disparition progressive de la politisation des étudiants. Les générations qui rêvaient "du Grand Soir" semblaient très loin et oubliées, lorsque le mouvement a subitement éclaté fin septembre 2026.
Les répressions policières ont été énormes avec pas moins de 6 000 interpellations en deux semaines, dont 87 % de mineurs, dont d'étudiants. Un manifestant est décédé d'un arrêt cardiaque, près de 1 000 membres des forces de l'ordre ont déjà été blessés (5 à 10 fois plus que lors des affrontements de 1990), des milliers de blessés sont à déplorer dans les rangs des manifestants et de nouveau des mains arrachées, une jeune femme éborgnée à Mulhouse. Les faits nouveaux sont que le pouvoir face à ce mouvement étudiant, contrairement aux autres gouvernements, a répondu par une surenchère de violences, il n'y a pas d'exemple historique connu.
L'autre fait à remarquer est que les bandes de casseurs et les pillages ont été massifs, une situation là encore jamais vu. Pour une centaine de magasins pillés en 1990, on parle ici de 3 000 commerces touchés, dégradés ou pillés, d'au moins 1 500 enseignes attaquées, parfois de grandes surfaces, entièrement dévastées. Les dégâts ne sont pas chiffrables pour l'instant, mais en centaines de millions d'euros (au minimum), alors que l'hôtel de ville de Limoges a été incendié et dévasté, ainsi qu'un bureau de tourisme à Lyon.
Les témoins affirment que la composition des manifestants a beaucoup changé. Aux protestations se sont peu à peu joints d'anciens "gilets jaunes", des pilleurs, de simples citoyens et des salariés. Un témoin, présent à Nancy parlait d'ailleurs de manifestations s'avançant dans le calme, mais systématiquement agressées en fin de journée par des forces de police méprisantes et lâchées comme des loups sur les cortèges. Beaucoup de questions se posent et sont posées, sur l'instrumentalisation des manifestations, à la fois par le pouvoir, les médias, et les forces politiques. L'approche d'une élection présidentielle pèse lourdement, alors que les uns et les autres s'accusent sans relâche d'être responsables des troubles. Les répressions paraissent féroces, 2 400 interpellations lors de la journée de samedi, un record qui dépasse déjà de loin ce qui avait été vu durant les Gilets Jaunes.
De simples revendications de moyens financiers et matériels, les revendications sont maintenant généralisées, concernant toutes les directions : vie chère, réclamation pour la baisse des prix, la hausse des salaires, des allocations, alors que les caisses de l'État sont vides. En effet le pays a été ruiné par les prédécesseurs de Macron et par ce dernier président, l'homme qui aura littéralement dévasté un grand pays, au point de le conduire par deux fois à l'explosion révolutionnaire.
Les revendications sur les conditions scolaires sont désormais bien loin, alors que la foule fait le siège du régime, tandis que les médias s'échinent à minimiser le nombre de manifestants. Ils n'auraient été que 550 000 samedi dernier, 800 000 selon les syndicats. En réponse, pris à la gorge, le gouvernement ne peut proposer qu'une augmentation symbolique du SMIC, de l'ordre de 15 misérables euros... Cependant force est de constater que par rapport aux grands mouvements des années 90, puis ceux des années 2006-2016, la réponse gouvernementale a radicalement changé, sans parler de la nature du mouvement étudiant actuel. Il n'est plus question de projets de loi jugés impropres, ni même de budgets supplémentaires. Les gens ont besoin de changements systémiques.
Dans le même temps, la France devenue championne d'Europe par le taux de criminalité (depuis 2025), montre une société malade, traversée par des doutes profonds, des fractures sociales, des égalités de plus en plus ténues, avec un appauvrissement général de la population. En 2026, 10 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté. Quarante ans de déconstruction économique de la France, de politiques irresponsables, auront conduit la "Cigale" Macron à faire face à des centaines de milliers de fourmis... affamées et en colère.
Si une révolution n'est pas en cours en France, du moins ce mouvement témoigne de ce profond malaise et d'un contexte pré-révolutionnaire latent. La catastrophe économique sous-jacente et les politiques de la peur, ou guerrières via la lourde et pesante Union européenne ont fait apparaître des lézardes, qui pourraient devenir des fossés béants... jusqu'à l'explosion interne du pays.