
par La Provence
Des heurts ont opposé jeudi à Santiago des étudiants à la police lors d'une manifestation contre de possibles coupes dans l'éducation publique, au lendemain de la présentation par le président chilien José Antonio Kast de son projet de budget pour 2027.
Les policiers ont dispersé les étudiants à l'aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Certains manifestants ont riposté en lançant des pierres et en brandissant des bâtons. Au moins six personnes ont été interpellées, a constaté l'AFP.

Mario Aguilar, président du syndicat des enseignants, a dénoncé les faits : "Nous défilions pacifiquement, derrière la banderole, avec les dirigeants de la Confech, de la CUT... Et les Carabiniers ont déclenché une répression brutale, sauvage, insensée, absurde, contre ceux d'entre nous qui manifestaient pacifiquement !" - LA CUARTA
Les principales organisations étudiantes avaient appelé à manifester, alors que le contenu exact du premier budget du président d'extrême droite, arrivé au pouvoir en mars avec une promesse d'austérité, n'est pas encore connu.
"Et elle va tomber, elle va tomber, l'éducation de Pinochet !", scandaient les manifestants, en référence à l'admiration affichée de M. Kast pour l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet (1973-1990).
Dans une ambiance festive, le cortège de plusieurs milliers de personnes était parti du centre de Santiago, en direction du palais présidentiel de La Moneda.
Vêtue de noir, une manifestante faisait face aux jets des canons à eau, les bras ouverts, tenant dans une main une tête factice de José Antonio Kast.
Mercredi, le président Kast a assuré qu'il maintiendrait la gratuité de l'enseignement supérieur pour plus de 600 000 étudiants, quelques mois après que le gouvernement avait envisagé de limiter ce droit.
Le gouvernement a également annoncé une hausse des financements consacrés à la sécurité (+9,1%), l'un de ses principaux chevaux de bataille, ainsi que des fonds destinés à la croissance et à l'emploi (+8,1%).
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Manifestation étudiante au chili : 35 interpellations sur fond de coupes budgétaires dans l'éducation
par CIPER
La marche de la Confech se termine avec 35 interpellations, plusieurs blessés et l'agression d'un groupe d'étudiants de l'Université catholique par des encagoulés.
Le délégué présidentiel de la région métropolitaine, Germán Codina, a indiqué que la marche convoquée ce jeudi par la Confédération des étudiants du Chili (Confech), soutenue par la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) et le Collège des professeurs, a rassemblé quelque 4 500 personnes. La mobilisation s'est soldée par 35 interpellations et six blessés, dont trois policiers des Carabiniers.
Les incidents les plus violents se sont produits au siège central de l'Université catholique, où des individus encagoulés ont agressé un groupe d'étudiants syndicalistes qui manifestaient contre la mobilisation.
Germán Codina a déclaré : "Nous condamnons fermement ces groupes qui, profitant de rassemblements ayant un caractère essentiellement pacifique, finissent par mener des actions violentes et destructrices qui mettent en danger les citoyens".
Laura Mlynarz, présidente élue de la FECH (Fédération des étudiants de l'Université du Chili) et étudiante en génie civil hydraulique, dans El Mercurio : "Nous ne pouvons pas nous arroger une quelconque supériorité morale et dire :"Voilà la FECH qui arrive""
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De son côté, Laura Mlynarz, présidente de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FECh), a dénoncé la répression exercée par les Carabiniers au cours de la journée : "La Brigade de santé de l'université indique avoir pris en charge plus d'une dizaine d'étudiants, dont cinq ont dû être transférés en urgence vers des centres de soins en raison de blessures graves".
La mobilisation de la Confech avait été organisée pour protester contre les éventuelles coupes budgétaires dans l'éducation, lesquelles n'ont été confirmées que ce jeudi, après que La Tercera a révélé que le budget de l'Éducation n'augmenterait que de 0,78% en termes réels.
Parmi les programmes les plus touchés figureraient les lycées Bicentenario [Sont un réseau d'établissements publics d'enseignement secondaire au Chili. Créé à l'origine en 2010 sous le premier gouvernement du président Sebastián Piñera], dont les crédits diminueraient de 46,71%, ainsi que les bourses d'accès aux TIC de la Junaeb [(Bourses d'accès aux technologies de l'information et de la communication) sont un programme gouvernemental chilien géré par la Junaeb (Junta Nacional de Auxilio Escolar y Becas). Il vise à réduire la fracture numérique en fournissant gratuitement du matériel informatique et une connexion Internet aux élèves de 7ème année de l'enseignement basique (7° básico, l'équivalent de la classe de 5ème en France).] Pour ces dernières, les fonds prévus ne sont pas précisés, alors qu'elles permettent notamment de fournir des ordinateurs aux élèves en situation de vulnérabilité.
source : Araucaria de Chile



