Ouverture libre
Cette "crise immobile" si essentielle
• Le "coup d'État institutionnel" en Pologne plus ou moins raté mais très visible laisse les deux adversaires face à face. • Dans tous les cas, c'est un énorme enjeu pour l'UE, nous montre Elena Friz.
2 novembre 2026 à 11H30 - La crise polonaise, latente depuis des années, est soudainement montée en un événement paroxystique le 30 octobre, pour retomber, - ou se transformer, - en une situation de blocage marquée d'une tension extrême. Baptisons-la par plaisanterie (?) sémantique, comme une nouvelle catégorie de cette époque crisique si surprenante, - une "situation paroxystique de blocage crisique" ; une sorte très originale de "paroxysme immobile" (pour l'instant) rejoignant un peu le portrait de Talleyrand que fit Emmanuel de Waresquiel. Il habilla ce personnage en apparence si retenue et énigmatique d'un "Talleyrand, prince immobile". Il désignait paradoxalement, c'est-à-dire à l'aide de l'outil du paradoxe dont Talleyrand était lui-même si friand, un homme qui avait tant agi et exercé tant d'influence pour maîtriser les situations les plus tendues de cette terrible période crisique.
On trouve donc aujourd'hui diverses sources qui nous explique les aspects très complexes de cette crise alors que l'on a très peu de nouvelles sur les événements eux-mêmes, justement si apparemment "immobiles".
• On peut écouter une description très détaillée et mise en perspective de la situation institutionnelle en Pologne sur 'Liberté de conscience'.
• On a encore des précisions de 'John', sur 'Point de rupture', concernant son affirmation , un peu plus excitante que le gelk des événements, du transfert de policiers allemands grimés en polonais ces derniers jours :
"Déjà au début, on disait qu'il y avait quelques soldats ou quelques policiers qui étaient en uniforme polonais autour du Tribunal Constitutionnel mais qui parlait allemand.
Cela a été confirmé par de nombreux témoignages de Polonais qui étaient sur le terrain, mais également de nombreux Polonais ont filmé des vidéos qui sont passées sur les réseaux sociaux où on a vu énormément de cars de police allemand et entrer en Pologne et aller vers Varsovie. ainsi que vers plusieurs grandes villes polonaises.
Et ce n'était pas n'importe quelle police, c'était une police très spéciale parce que ces cars de police avaient des couleurs particulières. C'est la police qui est utilisée en Allemagne pour empêcher des manifestations et pour contrôler soi-disant l'ordre public. Par qui ces cars de police allemands ont-ils été envoyés en Pologne ? Est-ce que c'est par l'Allemagne ou est-ce que c'est par l'Union européenne ou est-ce que l'un et l'autre c'est la même chose ?... Eh bien la Pologne est un problème pour l'Union européenne car la Pologne est arrivée à rester souveraine."
Tout cela doit être évidemment lu comme des interventions très personnelles sans pouvoir se prononcer sur leur réalité. C'est un sport courant dans notre époque de postvérité, avec toujours la possibilité de se réfugier dans l' inconnaissance, tout en ayant pris connaissance de la chose.
• Reste le texte en traduction repris ci-dessous, de la commentatrice allemande Elena Fritz. Elle situe la situation polonaise, fort justement comme un enjeu essentiel, sinon fondamental, pour la situation européenne, et surtout allemande. Elle nous conseille donc indirectement de ne pas nous en tenir aux apparences d'un jour.