
Par Jack Rivers, le 31 octobre 2026
Une analyse du renseignement judiciaire sur les menaces, cibles et répercussions, Extrait de la série "Dépêches de Téhéran".
Epigraphe
"Nous allons les frapper fort ces deux ou trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre, là où est leur place". - Le président Donald Trump, discours à la nation diffusé en prime time, le 1er avril 2026
"Nous frapperons l'ensemble des infrastructures nationales, militaires et civiles de l'Iran - y compris ses infrastructures énergétiques - et renverrons l'Iran au plus sombre de l'âge de pierre et des ténèbres". - Israel Katz, ministre de la Défense, discours de Rosh Hashanah, 3 septembre 2026
TEL-AVIV BRÛLE SOUS LES REPRÉSAILLES IRANIENNES LE 7 JUIN 2026

Introduction : L'arithmétique de l'anéantissement
Cette guerre illégale et non provoquée a commencé, comme c'est souvent le cas pour les guerres les plus marquantes de l'ère moderne, par un assassinat.
À 5 h 47, le 28 février 2026, une salve quasi simultanée de munitions de précision a frappé la résidence du Guide suprême de la République islamique d'Iran, l'ayatollah Sayyed Ali Khamenei, à Téhéran. En moins de soixante secondes, l'homme qui dirigeait le pays depuis trente-sept ans fut tué, ainsi que sept hauts responsables de la sécurité - le ministre de la Défense, le commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale - ainsi qu'une douzaine environ de membres de sa famille. Cette opération n'était pas le résultat d'une frappe élargie. Il s'agissait d'une décapitation ciblée, planifiée, préparée et exécutée comme première étape de ce que le Pentagone allait baptiser "Operation Epic Fury".
L'homme qu'ils ont tué n'était pas un partisan du nucléaire. Ce n'était pas un belliciste. Il incarnait une interdiction, vieille de deux générations, de poursuivre ce dont ils accusaient à tort son gouvernement : développer l'arme nucléaire. Dans les années 1980, lors des attaques chimiques de la guerre Iran-Irak, son prédécesseur, l'ayatollah Ruhollah Khomeini, a déclaré au ministre du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Mohsen Rafighdoost, qui proposait de développer des armes nucléaires et chimiques :
"Il est haram [interdit] de produire de telles armes. Vous n'êtes autorisés qu'à produire des dispositifs de protection".
Lorsque Rafighdoost a insisté sur ce point en 1987, après que l'Irak ait bombardé à outrance des villes kurdes au gaz moutarde, la réponse de Khomeini fut une simple question rhétorique : "Si nous produisons des armes chimiques, quelle est la différence entre Saddam et moi ?" Cette interdiction était contraignante. Une fatwa religieuse. Les lois les plus sacrées du pays. L'Iran ne possédera jamais d'arme nucléaire. La production a cessé. Les installations ont été scellées dès 1988, les équipements démantelés dès 1992. L'ayatollah Sayyed Ali Khamenei a hérité de cette interdiction et l'a faite sienne, la réaffirmant publiquement en 2003, la citant devant l'AIEA en 2005, et - dans les quatre jours qui ont suivi la signature du JCPOA (Plan d'action global conjoint) en 2015 - en déclarant au monde :
"Les Américains affirment avoir empêché l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Ils savent que c'est faux. Nous avions une fatwa déclarant les armes nucléaires religieusement interdites en vertu de la loi islamique. Cela n'avait rien à voir avec les négociations sur le nucléaire".
Ils l'ont assassiné. Ils ont assassiné l'homme qui faisait respecter cette interdiction. Puis ils ont accusé l'Iran d'être "à deux semaines" de l'arme nucléaire.
La justification de cette accusation repose sur un document qui n'existe pas. L'AIEA a certifié à plusieurs reprises, de 2016 à 2018, que l'Iran respectait le JCPOA. En avril 2018, le secrétaire d'État Mike Pompeo a déclaré devant le Sénat : "Je n'ai vu aucune preuve de non-respect de la part de l'Iran". Six semaines plus tard, le 8 mai 2018, Trump se retirait unilatéralement de l'accord au nom des États-Unis. Aucune constatation de violation par l'AIEA. Aucun événement déclencheur. Une décision politique, prise en un après-midi, qui a mis fin au système de non-prolifération le plus efficace de l'histoire de la diplomatie nucléaire.
Pendant toute une année après cet événement, la République islamique a continué malgré tout à respecter l'accord. Ce n'est que lorsqu'il est apparu clairement que les États-Unis, de mauvaise foi, n'avaient pas l'intention de revenir à la table des négociations que l'Iran, à juste titre, a commencé à dépasser les limites d'enrichissement prévues par le JCPOA. Comme le ferait n'importe quel État souverain lorsque l'autre partie se retire et réimpose les sanctions que l'accord était censé lever, en récompense du respect de ses engagements par l'Iran. Les États-Unis et "Israël" ont alors mis en avant ces dépassements en déclarant : "Regardez, ils enfreignent l'accord !" Ils ne l'enfreignaient pas. Ils réagissaient à un accord qui n'existait plus. Un accord qui venait d'être détruit par la partie adverse.
L'affirmation selon laquelle l'Iran serait "à quelques semaines" de la bombe atomique n'est pas une information issue des services du renseignement. C'est le rituel. Benjamin Netanyahu affirme depuis plus de trois décennies que l'Iran n'est "qu'à quelques semaines" de l'arme nucléaire. En 1992, alors qu'il était simple député à la Knesset : "trois à cinq ans". En 1996, devant le Congrès américain : "la date butoir approche à grands pas". En 2009, dans un câble WikiLeaks : "un ou deux ans". En 2012, aux Nations unies : "d'ici le printemps, au plus tard d'ici l'été". En 2025 : "quelques semaines". L'échéance ne cesse de se profiler sans jamais arriver. Ce n'est pas une prévision. C'est une liturgie, célébrée sur l'autel de la politique intérieure "israélienne", et pendant trois décennies, aucun président américain n'a été assez stupide ou suffisamment corrompu pour croire à ces déclarations.
Trump l'a été. Dans les deux cas.
En mars 2025, la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a déclaré devant la commission du renseignement du Sénat :
"La communauté du renseignement continue d'estimer que l'Iran ne développe pas d'arme nucléaire et que le Guide suprême Khamenei n'a pas autorisé le programme d'armes nucléaires qu'il a suspendu en 2003".
La communauté du renseignement - cette même communauté qui, depuis plus d'un an, alimentait la presse avec le discours de Netanyahu selon lequel nous en serions "à quelques semaines" - a déclaré le contraire, officiellement, lors d'une réunion d'information à huis clos. Trump a rejeté le compte rendu de sa propre équipe du renseignement. Il a préféré se fier à la presse et écouter les chuchotements hypnotiques de l'"Israélien" criminel de guerre Benjamin Netanyahu. Et il a déclenché un terrorisme catastrophique.

La guerre illégale et non provoquée qui s'en est suivie - du 28 février à aujourd'hui - n'a pas été une guerre de légitime défense. Elle n'a pas constitué de réponse à un seuil nucléaire. Ce fut un acte d'agression prémédité contre un pays dont le respect des obligations a été vérifié, dirigé par un homme qui avait interdit la bombe, justifiée par une allégation que les propres services du renseignement de l'agresseur avaient réfutée. L'article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies n'est pas une simple indication. L'assassinat d'un chef d'État en exercice n'est pas une zone grise. C'est un meurtre commandité par l'État, et c'est le fondement juridique sur lequel reposeront toutes les frappes ultérieures - chaque raffinerie, chaque centrale électrique, chaque usine de désalinisation.
Depuis le 28 février, le détroit d'Ormuz est fermé. Pas par un blocus naval. Pas même, techniquement, par un champ de mines. Par le simple calcul dévastateur d'une nation qui a décidé de faire respecter sa propre souveraineté territoriale à l'aide de ses propres missiles. L'Iran a frappé tous les navires que les mines ont manqués et qui ont transité par cette voie navigable en violation de sa fermeture déclarée, et les sept clubs P&I [Ndt : mutuelles d'assurance maritime] de la City de Londres ont réagi - comme le font les assureurs - en examinant les faits statistiques et en fixant le prix de la couverture en conséquence.
Le trafic a chuté de 80 % en quelques jours. Vingt-cinq milliards de dollars d'exportations de brut ont été supprimés. Le Brent à cent treize dollars. L'arme la plus puissante de l'arsenal iranien est un détroit qui ne sera pas rouvert, et la certitude silencieuse et croissante que chaque jour de fermeture fait grimper les prix, et les seuls à pouvoir tourner la clé sont ceux-là mêmes qui sont bombardés. Et maintenant, à l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, le président a déclaré à la Knesset que les États-Unis et "Israël" doivent "aller jusqu'au bout". Le ministre de la Défense a désigné les cibles : toutes les infrastructures énergétiques. L'objectif stratégique, énoncé sans euphémisme : "ramener une civilisation vieille de six mille ans à l'âge de pierre, là où est sa place".
Ce dossier est un état des lieux. Il établira ce qui est menacé, ce qui a déjà été détruit, quelle sera la riposte, et ce dont disposera le reste du monde lorsque la dernière bombe anti-bunker aura explosé. Ce n'est pas un résumé. Ce n'est pas un bilan comparatif entre divers points de vue. C'est l'autre version de l'histoire, racontée du point de vue de ceux qui sont visés.

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I : Le langage de la menace : la "mère de toutes les bombes"
La planification est terminée. La seule variable est le déclenchement.
Ce qui suit n'est pas une spéculation. Ce n'est pas une évaluation des services du renseignement formulée au conditionnel évasif d'un rapport de think tank. C'est un catalogue d'intentions déclarées, exprimées officiellement par le président en exercice des États-Unis, le secrétaire à la guerre "Mort et Destruction", le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense chargé de la lutte contre le terrorisme du soi-disant "État" génocidaire et illégitime d'"Israël", sur une période de sept mois, dans une séquence si cohérente et si escalatoire qu'elle constitue, quel que soit le contexte, une déclaration de guerre.
La première menace est arrivée le 22 mars 2026, quatre semaines après le début de la guerre. Trump a publié sur Truth Social : Les États-Unis "anéantiront" ses centrales électriques à moins que le détroit d'Ormuz ne soit rouvert dans les quarante-huit heures. Ce langage n'était pas métaphorique. Il ne s'agissait pas d'une posture de négociation. C'était un ultimatum. En l'espace de quelques heures, le chef de cabinet du vice-président JD Vance, M. Waltz, a enchaîné avec une formulation qui allait devenir le pilier doctrinal de toute la campagne : les infrastructures énergétiques civiles constituent une "cible militaire légitime". Cette formule a eu l'effet que le droit international était censé prévenir. Elle a effacé la distinction entre une centrale électrique civile et une caserne militaire. Elle a transformé le réseau électrique en système militaire. Elle a fait de l'hôpital, de l'usine de désalinisation, du silo à céréales, bref de tous ces endroits, des cibles militaires légitimes, car ils fonctionnent à l'électricité, et l'électricité, comme on l'a compris, est désormais un objectif militaire.

La menace n'a pas été mise à exécution. Pas à ce moment-là. Le détroit est resté fermé. Mais les fondements doctrinaux étaient posés, et toutes les menaces ultérieures se sont appuyées sur eux.
Le 2 avril, lors d'une allocution diffusée en prime time, Trump a prononcé la phrase qui allait devenir la citation emblématique de la guerre :
"Nous allons les frapper fort ces deux ou trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre, là où est leur place".
Hegseth a amplifié ce message dans les jours suivants. Cette phrase est entrée dans la terminologie du conflit avec la force d'une doctrine stratégique, et elle n'en est jamais sortie.

Cinq mois plus tard, le 18 octobre 2026, le ministre chargé de la Lutte contre le terrorisme, Israel Katz - s'exprimant précisément à l'occasion de Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, jour du Grand Pardon - a énoncé les détails opérationnels :
"Nous frapperons l'ensemble des infrastructures nationales, militaires et civiles de l'Iran - y compris ses infrastructures énergétiques - et nous ramènerons l'Iran au plus profond de l'âge de pierre et des ténèbres".
La lettre que l'Iran a soumise à l'ONU en réponse cite cette déclaration mot pour mot. Katz a également affirmé, dans la foulée, que 35 000 bombes ont déjà été larguées sur l'Iran. Ce chiffre est invérifiable. L'intention, elle, ne fait aucun doute.
Le 17 octobre, dans une interview accordée à Newsmax, Trump a confirmé que les États-Unis "pourraient devoir prendre pour cible Pickaxe Mountain". Il a ajouté, sans transition, qu'il ne recourra pas à l'arme nucléaire. Cette précision n'était pas une garantie. C'était une ligne rouge. Elle indiquait clairement au public quelle était l'alternative, et elle indiquait clairement à l'Iran quelle était la limite à ne pas franchir. Le message était le suivant : nous ne vous bombarderons pas avec des armes nucléaires, mais nous vous ensevelirons sous des munitions conventionnelles jusqu'à ce que la montagne cesse d'en être une.

La question des armes est le point de divergence entre le discours public et la réalité technique, et cette divergence a son importance. Les médias se sont focalisés sur la MOAB - la GBU-43/B, soit environ 15 tonnes, la "Mère de toutes les bombes" - comme si c'était l'outil pertinent. Ce n'est pas le cas. La MOAB est une arme à explosion. Elle se déclenche à l'impact ou à une hauteur prédéfinie. Son rayon destructeur est énorme. Sa capacité de pénétration est négligeable. Face à une cible enfouie entre quatre-vingts et cent mètres sous une formidable barrière d'andésite très compacte, une roche volcanique notée sept sur l'échelle de dureté de Mohs, plus dure que le quartz, plus résistante que l'acier - la MOAB n'est qu'un feu d'artifice hors de prix.

L'arme appropriée est la GBU-57 MOP - le Massive Ordnance Penetrator. 15 tonnes. Une ogive en carbure de tungstène. Conçue pour pénétrer jusqu'à soixante mètres de roche avant d'exploser. C'est la seule munition conventionnelle de l'arsenal américain conçue spécifiquement pour détruire une installation nucléaire souterraine profonde. Et c'est l'arme qui ne sera pas à la hauteur de la tâche. La La presse occidentale vous dira probablement qu'elle l'a fait - mais comme vous devriez le savoir désormais - cela ne veut absolument rien dire.
Le calcul des stocks est la contrainte que la presse n'a pas mentionnée, car cela ne cadre pas avec le discours sur la toute-puissance américaine. Les États-Unis ont produit vingt MOP au total depuis 2011. Quatorze ont été larguées sur Fordow et Natanz pendant la guerre des Douze Jours en juin 2025, sans parvenir à détruire complètement les complexes. Il en reste donc une demi-douzaine. La production n'a pas repris officiellement à un rythme permettant de combler ce déficit. Six MOP. Six chances de toucher une cible enfouie à entre quatre-vingts et cent mètres sous une épaisse couche d'andésite volcanique, avec une arme dont la profondeur de pénétration est de soixante. Ce n'est pas suffisant. Elle n'est même pas du même ordre de grandeur. Il s'agit donc d'une campagne américaine typique de type "choc et effroi". Conçue pour impressionner le public occidental, plutôt que pour atteindre ses objectifs déclarés.

Lancées par une flotte de dix-neuf B-2 Spirit, tous stationnés à la base aérienne de Whiteman dans le Missouri, chacun capable d'en transporter deux. Le nombre maximal de bombes larguées en une seule sortie est de trente-huit. Sur le plan opérationnel, un ensemble de frappes multi-cibles contre une seule montagne nécessite plusieurs sorties sous différents angles, chacune impliquant un vol de douze heures depuis Whiteman ou depuis une base avancée à Diego Garcia. La contrainte ne tient pas qu'aux bombes. Elle concerne également les appareils. La perte d'un B-2, que ce soit par un missile sol-air (SAM) ou une interception air-air, représente 5 % de la flotte, et celle-ci ne peut en absorber davantage sans que la mission ne devienne intenable.
Cette offensive mise en veilleuse confirme que la planification était opérationnelle, et non rhétorique. Le Financial Times a rapporté, via The National, que Netanyahu a ordonné à l'armée israélienne (IDF) de préparer une offensive de plusieurs jours pour le week-end du 10 octobre. Elle a été suspendue sur l'insistance de Trump à l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre. L'opération était prête. Le déclencheur était politique. Les élections de mi-mandat retardent l'opération. Elles ne l'annulent pas.
Le 24 octobre, NBC News a rapporté que les options militaires présentées au président comprennent "des frappes majeures frappes contre les tunnels ou les entrées des installations nucléaires iraniennes, comme à Pickaxe Mountain". Le choix des mots est révélateur. Pas "l'installation". Les tunnels. Les entrées. Les planificateurs opérationnels ont déjà admis que la montagne elle-même est de fait hors de portée des MOP, et ont réorienté leurs cibles vers les points d'accès. C'est un ajustement rationnel. C'est aussi un aveu.
Et maintenant, le 25 octobre, avant les élections à la Knesset prévues le 27 octobre, Trump a déclaré aux dirigeants réunis que les États-Unis et "Israël" doivent "aller jusqu'au bout". Cette formule n'est pas nouvelle. C'est le refrain opérationnel depuis février. Mais dans le contexte d'une élection nationale, ce n'est pas une déclaration d'intention militaire. C'est une déclaration de nécessité politique. Le travail doit être achevé car l'alternative - un cessez-le-feu, une négociation, l'aveu que la guerre reposait sur un mensonge et qu'elle est en train d'être perdue de manière catastrophique - est électoralement insupportable pour les deux hommes.
La planification est terminée. Les armes sont répertoriées. Les appareils sont ravitaillés en carburant. Les élections de mi-mandat sont le seul obstacle entre la gâchette et la montagne. Et cette montagne, malgré toute la rhétorique, malgré toute la liturgie de "l'âge de pierre", les trente-mille tonnes de pétards et les projectiles à pénétration de 15 tonnes, est la seule cible impossible à détruire. Le site est, selon toutes les évaluations disponibles, un lieu de stockage. Les centrifugeuses n'y sont pas installées.
L'uranium se trouve dans des fûts, pas dans du matériel de centrifugation. Il n'y a pas d'enrichissement en cours. Il n'y a pas de réacteur. Il y a une montagne, et à l'intérieur de cette montagne, il y a un dépôt qu'ils ne peuvent pas atteindre.
Et ils veulent le bombarder quand même.

II : Menaces terroristes : la liste des cibles coloniales :
Le terrain est déjà prêt. La liste des cibles menacées n'est pas une prédiction. C'est une suite. Mais la liste des cibles menacées n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est ce qui a déjà été réalisé. Et ce qui a été réalisé sur les cibles réelles.
Au moment où le cessez-le-feu est entré en vigueur en avril, la Maison Blanche a publié son propre bilan : 13 000 cibles frappées, plus de 10 200 sorties aériennes, plus de 2 000 postes de commandement et de contrôle, 1 500 systèmes de défense aérienne, 1 450 installations de défense et industrielles, 700 systèmes de mines, 800 cibles pour drones d'attaque. Du pur fantasme, bien sûr, présenté comme une réalité par les porte-parole des médias occidentaux. Le mot "détruit" figure dans le titre du communiqué de presse. Le mot "paix" apparaît également dans le titre. Ces deux mots sont incompatibles, mais l'administration ne semble pas s'en être rendu compte.
Le problème, c'est que les informations de la Maison Blanche ne sont qu'un ramassis de conneries absolues. L'article commence ainsi :
"Le président Donald J. Trump a défini des objectifs clairs dans le cadre de l'Operation Epic Fury - et en seulement 38 jours, la plus grande force de combat que le monde ait jamais connue a atteint ces objectifs avec une puissance écrasante et une précision meurtrière. L'Iran a désormais accepté [n'a pas accepté] un cessez-le-feu et la réouverture [pas la réouverture] du détroit d'Ormuz tandis que l'administration Trump négocie un accord de paix plus large - prouvant une fois de plus le succès de la 'paix par la force'".
Par où commencer pour déconstruire ce véritable capharnaüm d'inexactitudes factuelles ? Une "force écrasante et une précision" qui ont en réalité réduit en miettes une école de filles à Minab dès la première salve, assassinant 166 écolières iraniennes innocentes. Une précision qui a systématiquement détruit 856 écoles supplémentaires, 30 universités, plus de 300 hôpitaux et centres médicaux, des aéroports, des gares, des ponts, des stations de stockage et de traitement de l'eau, comme l'ont confirmé le Croissant-Rouge et d'autres institutions, que nous examinerons en détail prochainement.



Ainsi, la partie concernant la "force et la précision écrasantes" s'avère donc tout à fait exacte. On ne peut pas détruire "accidentellement" un tel volume d'infrastructures civiles tout en prétendant mener des frappes de précision, à moins que celles-ci n'aient en réalité constitué les cibles initiales, ce qui est manifestement le cas ici. Le problème, c'est que cela démontre clairement l'acte indécent consistant à commettre intentionnellement une série effroyable de crimes de guerre parmi les plus meurtriers que le monde ait jamais connus.
Quant à "accepté un cessez-le-feu" - oui, l'Iran l'a fait, mais pas au moment où Donald Trump l'a affirmé, et pas pour cette raison. C'est parce que la riposte dévastatrice de l'Iran a contraint Trump à accepter le protocole d'accord d'Islamabad pour mettre fin au carnage de représailles qui s'abattait sur les intérêts américains dans toute la région. Un protocole d'accord que Trump n'a mis que deux semaines à faire voler en éclats. Et qu'en est-il de l'ouverture du détroit ? Pas question. Il est toujours fermé, et le restera, jusqu'à ce que les États-Unis aient la décence et le bon sens de respecter l'accord qu'ils ont signé. Quant à leur pathétique doctrine de la "paix par la force", il suffit de jeter un œil dans la région à toutes ces bases américaines évacuées et totalement détruites, dont Middle East Report vous a régulièrement présenté les images et les vérifications par satellite tout au long de cette horrible guerre illégale et non provoquée de terrorisme colonial.


















Les preuves matérielles ne font aucun doute. Ce n'est pas une question d'interprétation, ni de savoir quelles images satellites on préfère, ni à quel think tank on accorde sa confiance. C'est une question d'arithmétique, confirmée par l'ONU, par le Croissant-Rouge, par le gouvernement iranien et - dans le cas des frappes énergétiques - par les propres points presse du Pentagone, qui ont épargné les terminaux pétroliers de l'île de Kharg pour la même raison qu'un cambrioleur épargne la maison : la maison ayant plus de valeur que son contenu.
Le Croissant-Rouge iranien, par la voix de son président Pir Hossein Kolivand, a publié tout au long de la guerre un bilan actualisé des dégâts causés par le terrorisme américain. Les chiffres ont augmenté avec une régularité qui aurait dû donner lieu, mais qui n'a pas donné lieu, à elle seule une alerte au crime de guerre :
- 8 mars - 69 écoles, 77 établissements médicaux et de santé endommagés ou détruits.
- 24 mars - 498 écoles, 281 établissements médicaux et de santé.
- 1er avril - 736 écoles, plus de 115 000 structures civiles touchées.
- 2 avril - 763 écoles, 316 établissements médicaux et de santé, y compris des ambulances, des pharmacies, etc.
- 10 avril - 857 écoles, 32 universités, 339 établissements médicaux et de santé, plus de 125 000 structures civiles touchées.
Le bulletin humanitaire n° 04 de l'OCHA des Nations unies, publié le 1er mai, a confirmé et précisé ces chiffres : 1 200 établissements scolaires, 240 établissements de santé et médicaux spécialisés, 2 000 infrastructures électriques, 2 300 réseaux d'approvisionnement en eau, 123 647 bâtiments d'habitation et 149 sites du patrimoine culturel, dont cinq sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, 54 musées et sept zones de patrimoine urbain.
Le rapport du Conseil de l'Agence nationale de renseignement, publié le 29 septembre, a fourni un bilan complet de la guerre :
- 1 288 écoles endommagées ou détruites.
- 32 universités et centres de recherche. La réponse du ministre des Sciences, prononcée officiellement en avril : "Attaquer les universités et les centres de recherche, c'est revenir à l'âge de pierre". Cette phrase n'était pas une métaphore. C'était une description.
- Plus de 210 centres de santé spécialisés endommagés. Six hôpitaux entièrement détruits, dont un hôpital pédiatrique spécialisé dans le cancer à Ahvaz.
- 80 installations énergétiques touchées ou endommagées.
- 27 aéroports touchés.
- 12 ponts détruits.
- 2 tunnels effondrés.
- 2 300 réseaux d'approvisionnement en eau endommagés ou détruits.
- 2 000 infrastructures électriques touchées.
- 123 647 bâtiments résidentiels endommagés ou détruits.
- 149 sites du patrimoine culturel, dont cinq classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
- L'accès à internet réduit à 12 % de son niveau d'avant-guerre.
- Plus d'un million d'emplois supprimés.
- Inflation alimentaire dépassant les cent pour cent.
L'école de Minab a été la première. Cent soixante-six petites filles, tuées dès la première salve. Les 1 288 qui ont suivi ne résultent pas d'un manque de précision. Elles constituaient les cibles désignées. L'"Âge de pierre" n'est pas une menace. C'est un bilan d'étape.
Les cibles militaires constituent la fraction du bilan qui pourrait figurer dans un communiqué de presse. La partie destinée au public de l'ensemble des frappes. La partie qui survit à la salle de briefing. La destruction des civils était l'objectif réel. La destruction militaire n'est qu'une couverture. Bases aériennes. Navires de guerre. Production de missiles. Structures de commandement. La taxonomie attendue est également la part la moins importante du bilan, car elle correspond à ce à quoi ressemble une guerre entre deux États conventionnels, Mais ce n'est pas une guerre entre deux États conventionnels. C'est une guerre où la taxonomie attendue a été élargie, par décret présidentiel explicite, pour inclure, en plus de tout ce que nous venons de voir - le réseau électrique, le gazoduc, la raffinerie, l'usine de désalinisation, le réservoir de stockage de carburant et le complexe pétrochimique qui fournit la moitié des engrais de la région. Cet élargissement n'est pas une dérive. C'est une politique. Et cette politique porte un nom : "Âge de pierre".
Les cibles spécifiques frappées dans le secteur énergétique iranien :

- Gisement de gaz de South Pars / Centre de traitement d'Asaluyeh (province de Bushehr) - frappé le 18 mars, puis à nouveau le 6 avril, et encore en octobre. L'attaque du 18 mars a touché quatre usines de traitement du gaz acide provenant des phases 3, 4, 5 et 6 du gisement offshore, paralysant une capacité de traitement cumulée de 100 millions de mètres cubes par jour. L'attaque du 6 avril a visé les usines pétrochimiques de Jam et de Damavand, ainsi que les infrastructures de services publics fournissant l'électricité, l'eau et l'oxygène à toutes les unités pétrochimiques de la zone. Human Rights Watch a confirmé, grâce à des images satellites, qu'au moins quatre sections du complexe de South Pars ont subi des dégâts causés par un incendie. En octobre, le ministère iranien de l'Environnement a signalé que les attaques terroristes américano-"israéliennes" contre les sites de stockage de carburant à Asaluyeh ont provoqué une pollution atmosphérique importante. Le gisement de South Pars est la plus grande réserve de gaz naturel au monde. Il est à égalité avec le North Field du Qatar. Ce n'est pas une cible militaire. C'est un fait géologique, et c'est aussi le poumon du réseau national iranien.

- Les installations gazières et énergétiques d'Ispahan (province d'Ispahan) - frappées le 24 mars, en même temps que Khorramshahr. Le complexe d'Ispahan comprend les principales installations de conversion et d'enrichissement de l'uranium, mais les frappes de mars ont visé les infrastructures de régulation de la pression du gaz et d'énergie qui alimentent le réseau national. Ces frappes ne visent pas le programme nucléaire. Elles visent le réseau énergétique.

- Les installations énergétiques de Khorramshahr (province du Khuzestan) - frappées le 24 mars. Khorramshahr est la principale plaque tournante pétrochimique et de raffinage de l'Iran, située sur le Chatt al-Arab. C'est également la ville que l'Irak a incendiée en 1986. Ce souvenir n'est pas oublié. Il est perpétué par le nom d'un missile.


- Les centrales électriques de Bandar Abbas (province d'Hormozgan) - deux centrales électriques ont été frappées le 22 mars, ainsi qu'une base aérienne et une base navale. Ces centrales ne sont pas militaires. Elles font partie du réseau électrique.


- L'île de Kharg (golfe Persique) - frappée le 13 mars. Plus de 90 cibles militaires touchées : entrepôts de mines navales, bunkers de stockage de missiles, dépôts de munitions. Le communiqué du Pentagone lui-même a noté que les infrastructures pétrolières ont été "préservées". Ce mot a tout son sens. Il implique qu'un choix a été fait. Ce choix n'a pas été dicté par la retenue. Il l'a été parce que l'île de Kharg gère 90 % des exportations de brut iraniennes, et que sa destruction aurait fait s'effondrer le marché mondial du pétrole en une seule nuit. Les infrastructures pétrolières ont été épargnées pour la même raison qu'un cambrioleur épargne la maison : elle a plus de valeur que son contenu.


- La raffinerie de pétrole de l'île de Lavan et les installations d'exportation de brut de l'île de Sirri - ont été frappées au tout juste après l'annonce du cessez-le-feu du 7 avril. Personne n'a revendiqué la responsabilité de cette attaque, mais elle ne s'est pas produite toute seule. La frappe a ensuite été attribuée aux Émirats arabes unis. Le cessez-le-feu était en vigueur depuis quatre heures.


Le Pentagone a publié son propre bilan grotesque des dommages militaires. Il affirme que les lance-missiles du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) ont été réduits de soixante pour cent. Non seulement ce chiffre est largement exagéré, mais il s'agissait de simples lanceurs mobiles de surface, et il ne tient pas compte du vaste réseau de silos de missiles souterrains de la République islamique. Il affirme que cent quarante navires ont été détruits. Il s'agissait pour la plupart de bateaux de pêche civils, tandis que les vedettes d'attaque rapides de l'Iran continuent de sillonner le détroit jusqu'à ce jour.








Il affirme de manière risible que les taux de lancement de drones et de missiles ont chuté de 90 %, alors que le rythme des tirs iraniens a en réalité continué à augmenter régulièrement à mesure que le conflit s'éternisait. Il affirme que les deux tiers des installations de production ont été endommagées ou détruites. C'est à ce point éloigné de la vérité qu'il va falloir renommer les services du renseignement américains "services de désinformation américains". Tous ces chiffres du Pentagone ne sont étayés par aucune preuve. Ce sont les chiffres que le Pentagone voulait publier, car ils racontent l'histoire que le Pentagone souhaite faire croire : que la guerre a été gagnée dans les airs, que le régime est à terre, que la seule question qui reste est celle des conditions de capitulation.
Les généraux iraniens font un autre bilan. Et il ne s'agit pas d'une réfutation. C'est une démonstration.




En août, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a dévoilé une nouvelle classe de missiles balistiques hybrides - des configurations combinant les meilleurs composants de plusieurs systèmes existants, offrant des capacités qu'aucune conception antérieure ne possède à elle seule. L'existence de ce missile hybride n'était pas le sujet. Ce qui importait, c'était ce que prouve son existence : les chaînes de production générent une capacité excédentaire suffisante pour concevoir des familles de missiles entièrement inédites sans interrompre la production standard. Le général Mohammad-Reza Naqdi, conseiller du commandant en chef du CGRI, a déclaré à la télévision d'État iranienne que l'Iran produit des missiles balistiques et des drones à un rythme supérieur à leur déploiement. La "réduction de soixante pour cent" avancée par le Pentagone est une affirmation erronée concernant d'anciens lanceurs terrestres. La déclaration de Naqdi est un fait concernant la production. Ces deux déclarations ne sont pas entièrement contradictoires. Elles se complètent. Certains lanceurs terrestres ont effectivement été touchés. La production, elle, n'a pas été affectée. Ni celle des missiles, ni celle des nouveaux lanceurs.
En septembre, le général de brigade Alireza Elhami, commandant de la Force interarmées de défense aérienne Khatam al-Anbiya, a confirmé ce changement opérationnel :
"Les équipements produits en Iran ont passé avec succès des tests pendant ce conflit, et font désormais l'objet d'une production de masse accélérée afin d'être déployés sur l'ensemble du territoire de la République islamique".
Le mot "passé" revêt ici une importance particulière. Les bombardements n'ont pas déclenché la création du réseau de production souterrain. Ce n'était pas une réaction à ceux-ci. Il existait avant même que la première frappe ne soit lancée. Les bombardements ont simplement rendu les installations de surface obsolètes, et l'Iran a simplement transféré toutes ses opérations vers le réseau qui venait d'être mis en place. Le Pentagone a bombardé les portes. Les usines se trouvaient déjà à l'intérieur.

Fin septembre, le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole des Forces armées, a livré cette analyse prospective :
"Les missiles et les drones iraniens sont plus perfectionnés et plus puissants, et cette fois, nous réservons des surprises à l'ennemi. Nous répondrons à toute agression potentielle de l'ennemi par de nouvelles technologies militaires".
Ces "surprises" ne représentent pas une menace, mais un calendrier de production.
Le résultat stratégique est la partie la plus instructive. Les frappes du Pentagone sur les installations de production en surface n'ont pas affaibli le programme. Elles ont accéléré sa répartition. Les bombardements n'ont pas créé de réseau souterrain. Ils ont permis au réseau souterrain d'être le seul qui compte. Les États-Unis ont dépensé des milliards de dollars en munitions de précision pour détruire la partie visible d'un système qui avait déjà décidé d'être invisible. La prétendue "réduction de soixante pour cent" n'est encore qu'un chiffre concernant la surface. La surface n'a jamais été le sujet.
L'asymétrie des coûts aggrave la futilité de l'opération. Plus de mille cinq cents intercepteurs ont été tirés pendant la guerre. Chacun coûte environ six millions de dollars. Chaque missile balistique et drone d'attaque iranien coûte une fraction de ce montant. Les intercepteurs sont fabriqués dans une usine en Arizona. Les missiles sont fabriqués dans des tunnels sous les montagnes. L'usine peut être frappée. La montagne, elle, ne bouge pas.
La liste : examinons de plus près les prochaines cibles
Et maintenant, la liste des cibles menacées. Celle citée par Katz le 18 octobre, dans la lettre adressée à l'ONU par l'Iran en réponse : toutes les cibles énergétiques. Celle citée par Trump le 22 mars dans l'ultimatum de 48 heures : les centrales électriques. Celle citée par Waltz dans le document doctrinal qui fait suite : les infrastructures énergétiques civiles constituent une cible militaire légitime. Cette liste n'en est pas une. C'est une catégorie. Et cette catégorie englobe tout.
Voici à quoi ressemble ce "tout", en termes physiques :
Nucléaire et stratégique :
- Pickaxe Mountain / Kuh-e Kolang Gaz La (province d'Ispahan) - enfoui à 80-100 mètres sous une roche andésitique volcanique très résistante. La profondeur de pénétration effective de la MOP est de 60 mètres. La cible correspond aux entrées de la montagne et aux points d'accès aux tunnels, selon les informations de NBC. D'après toutes les évaluations disponibles, ce site est une installation de stockage de centrifugeuses et d'uranium enrichi, et non une usine d'enrichissement en activité. La frappe porterait sur un entrepôt situé dans une montagne impénétrable.
- Installation de retraitement nucléaire d'Ispahan (province d'Ispahan) - l'usine de retraitement de l'uranium. Déjà partiellement frappée en mars. La liste des cibles menacées laisse entendre une deuxième frappe, plus destructrice.
- Site d'enrichissement de Natanz (province d'Ispahan) - frappé en juin 2025, puis à nouveau en février 2026. La liste des cibles menacées laisse entrevoir une troisième vague de frappes, visant les infrastructures souterraines restantes.
Raffinage :
- Raffinerie de Téhéran (Téhéran) - 85 000 barils par jour. L'approvisionnement en carburant de la capitale.
- La raffinerie d'Ispahan (Ispahan) - 260 000 barils par jour. La plus grande raffinerie du pays.
- La raffinerie d'Abadan (province du Khuzestan) - 330 000 barils par jour. La plus ancienne grande raffinerie du pays, construite en 1912. Elle a été bombardée lors de chaque guerre depuis 1941. Elle est toujours debout. Le fait qu'elle figure sur la liste des installations menacées fait craindre qu'elle ne survive pas à cette guerre.
- Raffinerie de Bandar Abbas (province d'Hormozgan) - 260 000 barils par jour. Située sur la côte, à proximité de la base navale déjà frappée.
- Raffinerie de Khorramshahr (province du Khuzestan) - 330 000 barils par jour. Le pôle de raffinage du Chatt al-Arab. Déjà frappée en mars.
- Raffinerie de Mahshahr (province du Khuzestan) - 345 000 barils par jour. La plus grande raffinerie du pays en termes de capacité.
- Raffinerie de Marun (province du Gilan) - 345 000 barils par jour. Le pôle de raffinage du nord, qui approvisionne les provinces de la mer Caspienne.
- Raffinerie de Bushehr (province de Bushehr) - 240 000 barils par jour. Située à proximité de la centrale nucléaire de Bushehr. Cibler une raffinerie voisine d'un réacteur nucléaire n'est pas une frappe de précision. C'est un accident radiologique qui n'attend que d'être déclenché.
Gaz et pétrochimie (au-delà de ce qui a déjà été frappé) :
- Complexe pétrochimique de Khorramshahr (province du Khuzestan) - la plus grande zone pétrochimique du pays. Plusieurs unités de production. Matière première pour les plastiques, les engrais et les produits chimiques industriels destinés au marché intérieur.
- Zone pétrochimique de Bandar Imam Khomeini (province d'Hormozgan) - le deuxième plus grand complexe pétrochimique. Situé à proximité de la raffinerie de Bandar Abbas.
- Complexe de traitement du gaz de Sirrik (province du Khuzestan) - l'une des principales installations de traitement du gaz du pays. Matière première pour le réseau national et les contrats d'exportation.
- Gisement de gaz d'Azadegan (province du Khuzestan) - le plus grand gisement de gaz situé entièrement sur le territoire iranien. Source d'approvisionnement du sud du réseau national.
Production d'électricité :
- Centrale électrique de Téhéran (Téhéran) - la principale installation de production de la capitale.
- Centrale électrique d'Ispahan (Ispahan) - le pôle central de production.
- Centrale électrique de Bandar Abbas (province d'Hormozgan) - déjà touchée en mars. La liste des cibles menacées désigne l'ensemble du complexe.
- La centrale électrique de Khorramshahr (province du Khuzestan) - déjà touchée en mars.
- L'infrastructure nationale de transport d'électricité - les lignes à haute tension reliant les centres de production aux centres de consommation. Le réseau électrique n'est pas un simple ensemble de centrales électriques. C'est un réseau. Si l'on frappe les lignes de transport, les centrales électriques ne sont plus que des générateurs incapables d'acheminer l'électricité.
Stockage et transport de combustible :
- Terminal d'exportation de l'île de Kharg (golfe Persique) - traite 90 % des exportations de pétrole brut de l'Iran. Épargné en mars pour la même raison qu'un cambrioleur épargne une maison. La liste des cibles menacées laisse entendre que cette mesure est temporaire.
- Stockage de carburant d'Asaluyeh (province de Bushehr) - déjà frappé en octobre. L'épisode de pollution atmosphérique a été confirmé par le ministère de l'Environnement. La liste des cibles menacées laisse présager une deuxième frappe, de plus grande ampleur.
- Le réseau national d'oléoducs - les oléoducs de brut et de produits pétroliers reliant les gisements, raffineries et terminaux d'exportation. Les oléoducs ne sont pas visibles depuis l'orbite. Ils sont enterrés. Ils constituent le système circulatoire. Coupez-les, et le corps meurt lentement.
Production et stockage de missiles et de drones :
- Installations de production souterraines (plusieurs provinces) - le réseau dont Elhami a confirmé qu'il constitue désormais le seul système de production. Les frappes du Pentagone sur les installations de surface ont fait du réseau souterrain le seul réseau existant. La liste des cibles potentielles laisse entrevoir une deuxième campagne contre ce réseau souterrain, avec le MOP comme outil prévu et une profondeur de pénétration de 60 mètres comme contrainte. Il s'agira principalement d'une stratégie de "choc et effroi". Ces installations sont pour la plupart enfouies trop profondément pour qu'un impact extérieur puisse endommager les usines de production elles-mêmes.
- Bunkers de stockage de missiles (plusieurs sites) - les sites de stockage renforcés destinés au parc de missiles balistiques. Le reportage de NBC du 24 octobre a désigné "les tunnels ou les entrées" comme cibles spécifiques. L'objectif est de bloquer l'accès, plutôt que de détruire les missiles eux-mêmes, qui sont inaccessibles.
Chaque raffinerie. Chaque centrale électrique. Chaque installation de traitement du gaz. Chaque complexe pétrochimique. Chaque terminal de stockage de carburant. Chaque usine de dessalement. Chaque pipeline. Chaque station de pompage. La cible, c'est le pays tout entier. L'"Âge de pierre" n'est pas une métaphore. C'est une spécification.
Et puis, il y a la montagne.
Zoom sur Pickaxe/Kuh-e Kolang Gaz La








La MOP pénètre jusqu'à 60 mètres sous terre et 40 mètres dans une roche modérément dure. Elle n'a pas été conçue pour l'andésite. La distinction est importante, et ce n'est pas une question de degré. C'est une question de catégorie.
Scientific American, dans une analyse de la géologie du site publiée en juillet 2026, l'a clairement exprimé :
"La montagne est constituée d'une roche volcanique résistante appelée andésite, traversée de veines de calcaire qui se sont déposées aux abords de la Néotéthys, disparue depuis longtemps. Sur l'échelle de dureté de Mohs, qui va de 1 à 10, l'andésite est notée 7, soit une dureté similaire à celle du quartz et supérieure à celle d'un clou en acier. En 2020, l'Iran a commencé à creuser des tunnels à plus de 90 mètres sous la montagne Pickaxe pour remplacer l'usine d'assemblage de centrifugeuses endommagée à Natanz, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale. La résistance de l'andésite forme un bouclier de plus de 1,6 km autour de ces tunnels, offrant ainsi une sécurité supplémentaire. La bombe américaine 'bunker buster' GBU-57 Massive Ordnance Penetrator peut pénétrer sur quelques centaines de mètres dans des matériaux relativement tendres, tels que la terre et l'argile, mais probablement seulement sur quelques dizaines de mètres dans une roche plus dure".
Quelques dizaines de mètres. Contre 1 585 mètres d'andésite. Le calcul n'est pas même comparable. Ce n'est pas du tout du même ordre de grandeur. L'arme conçue pour cette mission ne peut pas atteindre sa cible. Même pas de justesse. Mais d'un facteur cent.
Capacités de pénétration du MOP.
- Terre meuble / argile limoneuse - environ 200 pieds (60 m)
- Roche modérément dure - environ 130 pieds (40 m)
- Roche dure (andésite, Mohs 7) - quelques dizaines de pieds (~25 à 50 pieds / entre 7 et 15 m)
- Béton armé à 5 000 psi - environ 200 pieds (60 m)
- béton armé à 10 000 psi - environ 26 pieds (8 m)
- Bouclier d'andésite au-dessus des tunnels de Pickaxe Mountain - 5 275 pieds (1 607 m)
Il reste six MOP en stock, après que quatorze ont été larguées sur Fordow et Natanz lors de la Guerre des Douze Jours de juin 2025. Dix-neuf B-2 Spirit font encore partie de la flotte, tous basés à la base aérienne de Whiteman, dans le Missouri, chacun capable d'en transporter deux. La capacité maximale de largage en une seule sortie est de trente-huit. Sur le plan opérationnel, une cibles contre une seule montagne nécessiterait plusieurs missions depuis différents angles, chacune représentant un vol de douze heures depuis Whiteman ou depuis une base avancée à Diego Garcia. La contrainte ne réside pas seulement dans le manque de bombes, mais aussi dans le nombre d'appareils. La perte d'un B-2, qu'il s'agisse d'un tir de SAM ou d'une interception air-air, représente une dégradation de 5 % de la flotte, et celle-ci ne peut pas en absorber davantage sans que la mission ne devienne intenable.
Les planificateurs opérationnels ont déjà pris acte du problème. Le reportage de NBC du 24 octobre était sans équivoque : les frappes cibleraient "les tunnels ou les entrées" de l'installation, et non l'installation elle-même. La montagne reste intacte. Ce sont les portes qu'on frappe. C'est un ajustement rationnel. C'est aussi un aveu, formulé dans le langage d'un document d'information, à l'intention d'un public qui n'était pas censé l'entendre.
Le mot "précision" apparaît dans chaque communiqué de presse du Pentagone concernant ces frappes. Frappe de précision. Munition de précision. Ciblage de précision. Ce mot est un pilier du discours américain, car sans lui, les frappes ne sont pas des frappes. Ce sont des démolitions. Une frappe de précision implique une cible isolée, un rayon d'explosion maîtrisé, un bilan des dommages collatéraux pouvant être expliqué en conférence de presse. Une usine de traitement de gaz ne peut pas être isolée. Une usine de désalinisation ne peut pas être circonscrite. Un complexe pétrochimique qui fournit la moitié des engrais de la région ne peut pas être justifié. La précision réside dans le lancement. L'imprécision dans les conséquences. Et ces conséquences ne constituent pas un objectif militaire. Elles touchent une civilisation qui dépend d'un approvisionnement en carburant, et dont l'approvisionnement est coupé. Et cela constitue un crime de guerre de plus, à ajouter à la liste qui ne cesse de s'allonger.

III : Apocalypse Now : la riposte iranienne
La réponse n'est pas venue sous forme de déclaration unique. Elle s'est manifestée en cascade, sur deux jours, à travers sept voix différentes au sein de la direction iranienne, chacune calibrée pour un public différent, chacune venant ajouter un élément à un tableau qui, pris isolément, ressemble à du bluff, et pris dans son ensemble, ressemble à une doctrine de ciblage lue à haute voix.
LE CIEL DE TEL-AVIV LA NUIT : PLEIN DE PROMESSE ORIENTALE - 7 JUIN 2026

Le premier signal était tout sauf une déclaration. C'était un drone. Mais il s'agissait là d'une nouvelle déclaration d'intention. Le 25 octobre, l'armée iranienne a abattu un drone de type LUCAS américain au-dessus du sud de l'Iran. Il s'agissait de la quarante-cinquième opération de ce type destinée à "nettoyer" l'espace aérien depuis le début de la dernière vague de terrorisme colonial. Le LUCAS est un drone de reconnaissance et de frappe, un "œil" capable de rester en vol quatre heures pour cartographier, identifier et - sur ordre - frapper. Qu'il se trouve au-dessus du sud de l'Iran, qu'il ait été abattu et que les images aient été diffusées en l'espace de quelques heures : tout cela fait partie du message. Le message est le suivant : nous vous voyons. Ces cieux souverains ne vous appartiennent pas. Et les intrus seront toujours neutralisés.

Le deuxième signal concernait le détroit. Le même jour, l'emblématique ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a exposé la position iranienne avec un ton neutre plus alarmant que n'importe quelle menace : le détroit d'Ormuz n'est "plus ce qu'il fut". Cette phrase n'est pas une prédiction. C'est une description des faits sur le terrain. Le détroit est fermé. Il l'est depuis mars.
Araghchi a présenté l'architecture diplomatique de cette réponse lors de l'inauguration du centre de documentation et du musée consacrés à Kamal Kharrazi - président du Conseil stratégique des relations extérieures, ancien ministre des Affaires étrangères, gravement blessé lors d'un attentat terroriste américain contre sa résidence à Téhéran le 1er avril, puis tué, avec son épouse, lors d'un autre attentat le 9 avril. Le choix du lieu n'était pas fortuit. Kharrazi était l'architecte de la doctrine de sécurité endogène qu'Araghchi réaffirme désormais comme politique d'État, et le musée est le premier monument physique témoignant de la mort de l'auteur de cette doctrine pour l'avoir rédigée.
L'argument central d'Araghchi est que ces deux guerres - la campagne de douze jours de juin 2025 et l'agression de quarante jours qui a débuté le 28 février et s'est achevée début avril - constituent un tournant dans l'histoire de la région. Les structures de sécurité existantes ont été fondamentalement bouleversées. Le paysage a été redessiné. Et ce redécoupage n'est pas temporaire.
"Pendant des décennies, le détroit d'Ormuz est resté ouvert, et ni l'Iran ni Oman, les deux États côtiers bordant cette voie navigable, n'ont imposé de restrictions au trafic maritime. Au contraire, les deux pays ont contribué à garantir la sécurité et la sûreté, ainsi qu'à protéger l'environnement marin.
"Cependant, la guerre actuelle a tout bouleversé. Nous devons reconnaître que de nouvelles réalités ont vu le jour. Les routes maritimes traversant le détroit d'Ormuz ne seront plus les mêmes qu'auparavant, pas plus que le détroit ne sera géré comme par le passé".
Ces "nouvelles réalités" ne constituent pas une posture de négociation. Il s'agit de la description d'un état de fait accompli, prononcée par l'actuel ministre des Affaires étrangères du pays qui contrôle la voie navigable, lors d'une cérémonie rendant hommage à l'homme qui a été tué en raison de la politique que cette voie navigable applique désormais. Le détroit n'est pas un levier. C'est un fait. Et le fait est qu'il ne rouvrira pas tant que la condition préalable n'aura pas été remplie.

Abbas Araghchi s'est alors adressé aux agresseurs, et son langage n'était pas celui d'un diplomate. C'était le langage d'un homme lisant un score : "Ils ont essayé deux fois, et ils en ont vu le résultat". Deux fois. Les douze jours. Les quarante jours. Deux guerres. Deux cessez-le-feu. Tous deux imposés par la résistance, et non par l'agresseur. Le terme "résultat" résume bien la situation. Le résultat, c'est ce détroit illuminé par des navires en feu qui bafouent les obligations imposées par le protocole d'accord juridiquement contraignant, les bases ravagées et évacuées, l'effondrement de 80 % du trafic, le retrait des assurances, les 2 milliards de dollars par jour de pertes de recettes d'exportation de pétrole du Golfe. Les plus de 50 milliards de dollars de pertes totales subies par les économies du Golfe au cours des quatre premières semaines seulement (recettes pétrolières, GNL, pétrochimie, dommages aux installations énergétiques). Et les 3 570 milliards de dollars de PIB mondial en jeu dans le scénario d'un "cessez-le-feu fantôme". Les résultats font office de bilan. Et ce bilan indique : n'essayez pas une troisième fois.
La doctrine stratégique qui suit est celle de Kharrazi, réaffirmée avec éloquence par Araghchi. La sécurité régionale relève de la responsabilité des États de la région. Elle ne relève pas d'une présence militaire étrangère. Elle ne relève pas d'un groupe aéronaval, d'une base à Al Udeid ou d'une station d'écoute à Diego Garcia.
"C'est la seule façon de parvenir à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans notre région.
"Notre politique de bon voisinage repose sur la coexistence pacifique avec nos voisins... Un autre point important, à nos yeux, tient à l'interconnexion de toutes les questions régionales. Il serait illusoire d'espérer la paix et le calme dans une partie de la région alors que la guerre et les conflits font rage dans d'autres".
Le cadre de "l'interconnexion" constitue le cadre opérationnel de la médiation. Il est impossible de mettre fin à la guerre en Iran tout en laissant Gaza en proie aux flammes. Il est impossible de rouvrir le détroit sans mettre fin au siège de la Cisjordanie. Il est impossible de signer un cessez-le-feu bilatéral et de l'appeler "paix" tant que l'occupation se poursuit.
"C'est pourquoi, dans toutes nos négociations avec la partie américaine, menées sous la médiation du Pakistan, du Qatar et d'autres pays amis, nous insistons sur le fait que toute fin de la guerre doit englober tous les fronts et mettre un terme aux hostilités sur chacun d'entre eux. Sinon, la stabilité ne régnera pas dans la région".
La condition "tous les fronts" n'est pas du maximalisme. C'est le minimum. Et puis, cette phrase qui devrait être encadrée et accrochée dans chaque salle de briefing du Pentagone :
"Ces guerres démontrent que les dispositifs de sécurité de certains pays de la région reposant sur une présence militaire étrangère et une intervention extérieure se sont avérés inefficaces.
"Les bases militaires américaines dans la région n'ont pas réussi à apporter paix et sécurité à leurs pays d'accueil. Au contraire, leur présence est elle-même devenue source d'insécurité".
L'expression "certains pays" est un euphémisme diplomatique. Ces "certains pays" sont les États du Golfe. La "présence militaire étrangère" désigne les États-Unis. La "source d'insécurité" correspond aux bases utilisées pour lancer des attaques terroristes non provoquées contre l'Iran. Lors d'une cérémonie dans un musée, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré aux pays hôtes des bases américaines que celles-ci ne les protègent pas. Ce sont ces bases qui constituent la menace. Et pour preuve, les dégâts colossaux dont nous rendons compte depuis des mois. Les "centaines de bâtiments détruits" que même le rapport de l'inspecteur général du Pentagone a reconnus, les centaines de victimes américaines, les évacuations en Jordanie et au Koweït, les raffineries sans protection en feu à Riyad. Le port et le centre logistique du quartier général de la CENTCOM Naval Support Activity à Bahreïn, inutilisables et fermés, dont le secrétaire par intérim à la Marine, Hung Cao, a admis que l'Iran les a "réduits en cendres".


Les bases n'ont pas permis d'empêcher la guerre. Les bases ont été la première cible de la guerre. Car ce sont précisément depuis ces bases que les États-Unis ont lancé leur guerre terroriste contre l'Iran.
Araghchi a conclu en qualifiant "Israël" de principale source d'instabilité dans la région. Pas les États-Unis. Cette distinction n'est pas une subtilité diplomatique. C'est une distinction stratégique. Les États-Unis sont le facilitateur. "Israël" est le principal auteur des destructions, du génocide et du nettoyage ethnique qui ravagent l'Asie occidentale. Et c'est cet auteur-là qui sera privé de tout lieu de vie.

Le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a fait entendre dimanche la voix législative de la riposte avec la solennité qui le caractérise, lors de l'ouverture d'une session parlementaire. Le cadre n'était pas choisi au hasard. Le Parlement est l'instance qui a ratifié le JCPOA en 2015, celle qui a vu Trump le déchirer en 2018, et qui a passé les deux dernières années à assister aux attaques contre son propre territoire. C'est lors de l'ouverture de la session que les conditions ont été fixées, et ces conditions, comme l'a clairement indiqué Qalibaf, ne sont pas négociables.
"Nous ne nous laissons pas impressionner et sommes prêts à riposter, d'une manière dépassant l'imagination de l'ennemi, à toute violation de l'intégrité territoriale de notre grand Iran.
"Les menaces d'une guerre totale ou d'un assassinat ne contraindront pas la nation iranienne à renoncer à ses droits et à ses intérêts".
La "guerre totale" ne fait pas référence à ce qui s'est déjà produit. Elle fait référence à ce qui est sur le point de se produire. Le plan "Pickaxe Mountain". Le cahier des charges des infrastructures énergétiques. La liturgie de "l'âge de pierre". Les élections de mi-mandat, seul obstacle entre la gâchette et la montagne. Qalibaf analyse la menace et y répond d'un même souffle : si les menaces actuelles sont mises à exécution, la riposte ne sera pas proportionnée. La riposte ne prendra pas la forme d'une vague de missiles. La riposte sera une guerre totale, définie comme la destruction de la capacité de l'agresseur à attaquer à nouveau. "Israël". Les bases américaines. Les installations. Tout ! Pas à titre de représailles. Mais à titre préventif.
On jette le gant, car la violence et la destruction sont les seuls langages que comprennent les agresseurs. L'Iran souhaitait une solution pacifique. Le protocole d'accord a été signé. Les États-Unis l'ont rompu. On a proposé la voie diplomatique. Cette diplomatie a été accueillie par un document de planification prévoyant l'utilisation de bombes anti-bunker. Aucune autre étape rationnelle n'est possible sur l'échelle de l'escalade. L'échelle a été supprimée. La seule issue est l'anéantissement de la menace, une fois pour toutes.
Le mot "assassinat", dans la même phrase, est la preuve de la crédibilité. Ils l'ont déjà fait une fois. Ils le referont. La menace n'est pas vaine, car le précédent n'est pas hypothétique. Mais l'"assassinat" appartient au passé. La "guerre totale" est l'avenir. Et cet avenir est celui que décrit Qalibaf : plus de lignes rouges, plus de proportionnalité, plus de retenue. La capacité d'attaquer, à détruire. Pour que les attaques ne se reproduisent plus. Jamais.

L'argument central de Qalibaf est que ce sont les États-Unis qui se sont enlisés dans ce bourbier du fait de leurs propres erreurs de calcul et d'une guerre non provoquée, et que ce sont désormais les Américains qui doivent prendre les mesures nécessaires pour se sortir de là.
Ce "bourbier" fait référence à l'inversion des rapports de force. Les États-Unis ont choisi d'attaquer illégalement l'Iran. Les États-Unis n'ont pas été invités. Les États-Unis n'ont pas formé de coalition dotée d'un mandat de l'ONU. Les États-Unis ont frappé une nation souveraine sur son propre territoire, assassiné son chef d'État, et s'attendaient à ce que cette civilisation vieille de six mille ans se soumette sans broncher. Ce qu'ils ont découvert, quarante jours plus tard, c'est que le résultat ne fut ni un changement de régime, ni une capitulation, ni une victoire de type "paix par la force". Le résultat, c'est un détroit qui ne rouvre pas, un réseau électrique qui ne s'effondre pas, un programme de missiles qui ne s'arrête pas, des millions d'Iraniens et d'Iraniennes pleins de fierté dans les rues chaque nuit sans exception pour soutenir leurs dirigeants, et une base à Bahreïn qui ne sera pas réoccupée.
Qalibaf fait le travail qu'aucun responsable américain ne fera à sa place. Le "bourbier" n'est pas une métaphore. C'est la description d'une situation militaire dont on ne peut sortir sans devoir faire un aveu. Et cet aveu, c'est ce que le Pentagone refuse de faire. Alors Qalibaf le fait à leur place.
"Tant que les Américains n'auront pas changé de comportement, abandonné leurs méthodes coercitives et rapaces, et apporté des compensations tangibles, concrètes et sincères pour leurs engagements non respectés, aucune de leurs revendications n'aura la moindre crédibilité aux yeux de la République islamique. L'Iran n'a rien d'autre à ajouter".
"L'Iran n'a rien d'autre à ajouter". La phrase la plus discrète et la plus inquiétante de toute la série de réponses. Ce n'est pas un refus de négocier. C'est une affirmation selon laquelle la négociation a déjà eu lieu, que les conditions ont été fixées, que les États-Unis ont accepté ces conditions et ont signé le protocole d'accord. Les États-Unis ont ensuite réduit ces conditions en miettes par une nouvelle vague de violence et d'agression non provoquée. Il n'y a vraiment rien d'autre à ajouter. Ce "rien d'autre" est la porte, désormais fermée. Les "compensations tangibles" sont la condition préalable : ni excuses, ni déclaration, ni série de sanctions. Des compensations. Concrètes. Tangibles. Concrètes. Le mot "sincères" fait toute la différence, car il sous-entend que les "réparations" précédentes - le Mémorandum d'Islamabad, le cessez-le-feu - ne l'étaient pas. Elles n'étaient qu'une pause pour se réarmer et se réorganiser après s'être fait laminer. Et cette pause est désormais révolue.
Le rappel historique consécutif était précis, et ce n'était pas un geste rhétorique. Qalibaf a commémoré l'anniversaire de la contestation de l'imam Khomeini d'une loi adoptée par le régime du Shah accordant l'immunité juridique sur le sol iranien au personnel militaire américain et à ses collaborateurs. La loi a été adoptée en 1957. Khomeini l'a dénoncée comme la preuve de l'asservissement du peuple iranien, une capitulation de l'indépendance et de la dignité d'une ancienne nation musulmane en échange de dollars américains. La contestation n'a pas abouti. La loi est restée en vigueur. Puis le régime est tombé, et la loi avec lui. La logique de cette loi, apparemment, n'a pas disparu.
Cette logique est toujours présente dans l'esprit américain. Les frappes sur le territoire iranien ont été lancées en partant de l'hypothèse implicite que les États-Unis opèrent au-dessus et au-delà du droit iranien et du droit international. Les assassinats et la surveillance par drones sont basés sur la même hypothèse. L'hypothèse étant que la souveraineté iranienne n'est qu'une suggestion, que le territoire iranien est un théâtre, que les personnages dans ce théâtre ne sont que des dommages collatéraux. Khomeini a perçu cette hypothèse dès 1957, dans cette loi stipulant que les soldats américains ne pouvaient être poursuivis sur le sol iranien. Qalibaf affirme, en 2026, devant un parlement qui a vu son propre Guide suprême se faire assassiner dans son propre bureau : la loi a été abrogée, mais pas sa logique. L'immunité n'est plus inscrite dans un texte de loi. Elle est inscrite dans le programme des frappes.
"Aujourd'hui, notre Iran bien-aimé n'est pas seulement libéré du joug des conseillers occidentaux et orientaux. Il est une puissance régionale indépendante et souveraine qui a converti en cauchemar éternel toute perspective de voir les puissances arrogantes et [les forces du] sionisme dominer à nouveau le destin de cette nation".
Ce "cauchemar éternel" est la phrase qui clôt cet épisode historique. L'Iran du Shah était la colonie. Le JCPOA la tentative de gérer le programme nucléaire de la colonie depuis l'extérieur. L'assassinat a été la tentative de réinitialiser la direction de la colonie. "L'âge de pierre" est la volonté de réinitialiser la civilisation de la colonie. Rien de tout cela n'a fonctionné. Le cauchemar n'est pas une menace. Le cauchemar est la description de ce qui se passe lorsque la colonie cesse d'être une colonie et redevient un État souverain.
Qalibaf a conclu en évoquant le caractère indissociable du lien entre États-Unis et "Israël". Pas qu'une "coordination". Plus qu'une "alliance". Indissociable. Les sanctions, assassinats, frappes militaires, mesures économiques - tous ces éléments, selon lui, relèvent d'une même politique menée de concert contre une seule et même proie. La distinction entre le facilitateur et l'instigateur, c'est celle que l'Occident s'invente pour se donner bonne conscience sur le plan juridique. La cible, elle, ne fait pas ce genre de distinction. La cible ne voit qu'une seule main. Et c'est cette main-là à qui l'on dit d'arrêter, sous peine d'être tranchée net.

C'est alors que la cascade s'est véritablement déclenchée.
Le porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le général de brigade Hossein Mohebbi, a fait entendre samedi la réponse militaire. Il n'a pas utilisé le mot "conflit". Ni le mot "confrontation". Il a utilisé le mot"apocalyptique". Et il l'a associé à une affirmation qui devrait trouver sa place dans chaque salle de briefing du Pentagone : l'Iran remportera la "victoire absolue" dans cette "guerre apocalyptique" et s'imposera en tant que superpuissance mondiale. La "victoire absolue" n'est pas un excès rhétorique. C'est la conclusion logique d'un positionnement civilisationnel, que Mohebbi a immédiatement repris : la confrontation avec les États-Unis et "Israël" ne se résume pas à un simple conflit militaire. Elle s'étend bien au-delà de la sphère militaire, englobant l'identité, la culture, la religion et la civilisation irano-islamique. La dimension militaire n'est que la partie visible de l'iceberg. La couche sous-jacente est celle que les communiqués de presse du Pentagone ne peuvent percevoir, car ceux qui les rédigent ne comprennent pas les enjeux de ce combat. Et c'est précisément là que réside tout l'enjeu.
"Il incombe aujourd'hui à la nation iranienne, parmi ses responsabilités les plus essentielles, de préserver l'intégrité du pays et sauvegarder son identité nationale et religieuse".
L'"identité nationale et religieuse" n'est pas une notion accessoire. C'est la définition opérationnelle de ce qui est en jeu, et la raison pour laquelle la riposte ne peut être proportionnée. On ne défend pas une frontière par une riposte proportionnée. On ne défend pas une civilisation par une salve de missiles calibrée. L'"identité" et la "civilisation" sont des éléments qui, s'ils sont perdus, ne peuvent être récupérés par un cessez-le-feu. Ils sont perdus pour une génération. Et c'est cette génération-là qui est actuellement touchée.
"Aujourd'hui, nous sommes tenus de défendre l'intégrité territoriale de l'Iran, sa culture, son identité nationale et religieuse, et sa civilisation".
Ces quatre éléments sont indissociables. L'intégrité territoriale est la condition sine qua non des trois autres : sans territoire, pas de culture à défendre, pas d'identité à préserver, pas de civilisation à protéger. La dimension militaire est le socle sur lequel repose tout le reste. La culture, c'est ce que ce socle est censé protéger. L'identité nationale et religieuse, ce sont ceux qui y vivent. La civilisation, c'est ce qui existe depuis déjà six mille ans, et la raison pour laquelle tout le reste compte. Et le socle qui la porte est en feu.
La seule vraie victoire dans une guerre de civilisation est celle où la civilisation survit intacte, et où l'agresseur doit quitter la partie. La "superpuissance mondiale" est l'aboutissement de cette survie : non pas une hégémon, ni une puissance dominante, mais une puissance qui a prouvé, à force d'être frappée à maintes reprises, qu'elle ne peut être brisée. La survie en est la preuve. Le statut de superpuissance en est la conséquence.
L'avertissement de Mohebbi selon lequel le conflit pourrait avoir des "répercussions au-delà de l'Iran" et "décider du sort d'autres nations de la région" n'est pas une menace adressée aux États du Golfe. C'est une description de la réalité stratégique : la guerre n'est plus contenue. Le détroit n'est pas une frontière. Les infrastructures énergétiques ne sont pas un bien national. Les câbles sous-marins ne sont pas un service public national. Le rayon du conflit s'étend à toute la région, et c'est dans une salle à Washington qu'un homme - qui a déclaré à la Knesset que le boulot doit être fait - est en train de décider du sort de cette région, et par un homme qui a déclaré à Rosh Hashanah que l'âge de pierre est l'objectif.
C'est la phrase "les répercussions au-delà de l'Iran" qui aurait dû être reprise par la presse occidentale, mais elle ne le sera pas. Car ces répercussions ne se limiteront pas à la région, et nous sommes tous exposés à leurs retombées.

L'insistance de Mohebbi sur la nécessité pour la nation iranienne de rester inébranlable dans sa résilience et de s'appuyer sur ses "capacités nationales" a peut-être été la moins médiatisée de son discours, mais c'est pourtant la plus importante. L'Iran n'attend ni allié ni garantie. Il n'attend pas de stratégie de sécurité impliquant une présence militaire étrangère. Les "capacités nationales" sont l'autosuffisance développée et instaurée par la nécessité de faire face à des décennies de sanctions occidentales dévastatrices. Ce sont les missiles dans le tunnel, les drones dans l'usine, le détroit maritime, l'andésite montagneuse. Ces capacités doivent être nationales, car la guerre a prouvé que les capacités étrangères constituent une source d'insécurité, et non de sécurité. Araghchi l'a souligné. Qalibaf l'a confirmé. Mohebbi l'affirme d'un point de vue militaire : la stratégie de défense est globale, entièrement nationale, et ne dépend de personne d'autre pour son approvisionnement.

Le président Ebrahim Azizi, à la tête de la Commission de la sécurité nationale et des Affaires étrangères du Parlement, a publié la carte. En anglais, en hébreu et en persan. La carte indique les raffineries, les usines de désalinisation, les ponts, les tunnels, les échangeurs, le centre de recherche nucléaire de Dimona. Et la phrase qui l'accompagne : "Une seule erreur de calcul suffit : les territoires occupés seraient inhabitables en moins d'une heure".
L'expression "territoires occupés" n'est pas une figure de style. Il s'agit du cadre juridique et moral de l'ensemble du conflit : le territoire en question - la Palestine - est occupé par une entité coloniale d'apartheid usurpatrice qui saccage la région et massacre ses habitants depuis son arrivée, et la réponse à toute nouvelle agression lancée depuis le fief de l'occupant sera de réduire le territoire occupé à une zone inhabitable. L'expression "en moins d'une heure" correspond au délai opérationnel. Les ponts, les tunnels et les échangeurs ne sont pas de simples cibles. Ils représentent l'horloge qui compte les minutes jusqu'à l'impact cataclysmique.

L'homme qui prend ces décisions n'a pas été vu en public depuis mars. L'ayatollah Seyyed Mojtaba Hosseini Khamenei, troisième Guide suprême de la République islamique, est absent du monde physique depuis les attaques terroristes illégales et non provoquées qui ont assassiné son père le 28 février, et cette absence n'est pas un choix au sens où l'est celle d'un dirigeant reclus. C'est une blessure. Les blessures qu'il a subies au cours des mêmes soixante secondes qui ont coûté la vie à son père sont, selon tous les témoignages disponibles, graves et défigurantes, nécessitant une série d'interventions chirurgicales complexes. Et l'"État" terroriste illégitime d'"Israël", responsable de ces actes, a explicitement révélé la raison de son absence : Netanyahu l'a qualifié d'"homme mort". Et cela va encore plus loin :
Israël Katz - 4 mars 2026 (la veille des funérailles du père) :
"Tout dirigeant choisi par le régime terroriste iranien pour poursuivre le plan de destruction d'Israël, menacer les États-Unis, le monde libre et les pays de la région, et opprimer le peuple iranien, sera une cible à abattre, quel que soit son nom ou l'endroit où il se cache.
"Le Premier ministre et moi-même avons donné pour instruction à l'armée israélienne de se préparer et d'agir par tous les moyens pour mener à bien cette mission, qui fait partie intégrante des objectifs de l'opération 'Lion's Roar'".
Le porte-parole des FDI, le général de brigade Effie Defrin - 17 mars 2026 :
"Nous ne savons rien de Mojtaba Khamenei, nous n'entendons pas parler de lui, nous ne le voyons pas, mais je peux vous dire une chose : nous le traquerons, nous le trouverons et nous le neutraliserons".
Netanyahu - 12 mars 2026 (première conférence de presse depuis le début de la guerre) :
"Je ne souscrirais d'assurance-vie pour aucun des dirigeants de l'organisation terroriste. Je n'ai pas l'intention de fournir ici un rapport précis sur ce que nous prévoyons ou sur ce que nous allons faire".
Israel Katz - 7 juillet 2026 :
A déclaré que Mojtaba est "condamné à mort". Invité à réagir, un responsable de la sécurité "israélien" a déclaré à i24NEWS :
"Si et quand Israël veut éliminer quelqu'un, il le fait".
Netanyahu - 21 octobre 2026 (remise des diplômes aux officiers de l'armée israélienne, Bahad 1) :
"Mojtaba Khamenei, le tyran en place, a décidé de suivre les traces de son père. Il a retiré la goupille de sécurité, et l'Iran tente une nouvelle fois de mettre au point des bombes meurtrières. Il n'y a qu'un seul moyen d'éliminer cette menace une fois pour toutes : renverser le régime iranien. Et telle est ma directive à l'intention de l'armée israélienne, du Mossad et des services de sécurité".
Netanyahu - 27 octobre 2026 (jour du scrutin, publication générée par l'IA) :
A publié sur X une vidéo générée par l'IA montrant Mojtaba allongé dans un lit d'hôpital, accompagnée de la légende :
"Même Mojtaba le sait : seul le Messie arrêtera l'Iran".
Sous-entendu : un nouveau mandat de Netanyahu le rapprochera de son père défunt.
Un Premier ministre en exercice, le jour des élections, publiant une image truquée d'un chef d'État étranger blessé dans un lit d'hôpital, laissant entendre qu'il est mourant, comme message de campagne. Ce n'est pas une menace. C'est un crime de guerre muni d'un bouton "J'aime".
Comme vous pouvez le constater, ces menaces ne sont pas voilées. Elles ne sont pas diplomatiques. Il s'agit d'une désignation de cible, déclarée officiellement par un Premier ministre en exercice et ses acolytes, à l'encontre d'un homme vivant et au pouvoir, depuis la sécurité rassurante d'une installation souterraine profonde et secrète. Les propres contacts iraniens bien informés de Middle East Report nous ont appris que Mojtaba Khamenei est pris en charge par une équipe médicale et de sécurité d'élite triée sur le volet. Ses blessures, qui ont d'abord mis sa vie en danger, sont désormais stabilisées, et bien qu'il ait besoin d'une longue période de convalescence, il se rétablit rapidement. On dit qu'il est de bonne humeur malgré ses terribles blessures, et en ce qui concerne son état mental et ses capacités intellectuelles, il est bien plus apte à diriger un pays dans son état actuel qu'un Donald Trump.
Son absence n'est pas un mystère. C'est une décision de sécurité vitale, et dans ces circonstances, c'est la bonne.
Cette absence signifie que les décisions sont prises dans des salles qui n'apparaissent pas dans les registres publics. Et ces salles, au cours de la semaine dernière, se sont remplies.

Le président Masoud Pezeshkian a déjà rencontré le Guide suprême lors d'une réunion que le président a décrite, à la télévision d'État, comme ayant duré sept heures. "Nous avons passé près de sept heures avec lui et avons pu discuter de toutes les questions concernant le pays", a déclaré Pezeshkian. L'ordre du jour couvrait l'ensemble des sujets : la guerre, le front militaire, l'économie, le rial, les devises étrangères, l'énergie, les moyens de subsistance de la population, l'avenir. La "troisième guerre imposée" a été le cadre utilisé dans le compte rendu officiel. L'"avenir qui s'annonce" fut l'expression qui a permis d'aller de l'avant. Cette réunion de sept heures n'était pas une simple visite de courtoisie. Il s'agissait d'un exercice d'évaluation et de planification, mené entre le chef de l'État et le chef du dispositif, dans une pièce que le public ne verra jamais, avec un homme invisible.
Puis, en l'espace d'une seule semaine fin octobre, les autres portes se sont ouvertes.

Le 21 octobre, le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a rencontré le Guide suprême. L'ordre du jour a porté sur la guerre, dans toutes ses dimensions opérationnelles et stratégiques : la guerre militaire, économique et cognitive menée contre l'Iran. Qalibaf a présenté des rapports du législatif couvrant la période allant du début de la guerre à aujourd'hui. L'accent a été mis sur la mobilisation populaire - la "présence continuelle, éclairée et rassurante lors des rassemblements sur le terrain" - et sur la posture stratégique que la phase suivante allait exiger. La référence, dans ce même rapport, à un "plan plus dévastateur" - qui ne suivrait pas "les règles habituelles" - a été attribuée à Mohsen Rezaei, mais le contexte du rapport fait référence à la réunion du Guide lui-même. Ce plan existe. Ce n'est pas le plan habituel, et il est élaboré dans une pièce dont le Pentagone ne dispose d'aucune image satellite.

Le 24 octobre, le chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a rencontré le Guide suprême. L'ordre du jour était différent, et à certains égards plus important. Le rôle du pouvoir judiciaire dans la guerre n'est pas une métaphore. Il s'agit d'un dossier juridique. Le Guide a ordonné au pouvoir judiciaire de réclamer des dommages-intérêts pour les "préjudices matériels et moraux" causés par l'agression et "israélienne". Les 1 288 écoles. Les 2 300 réseaux d'adduction d'eau. Les 123 647 bâtiments résidentiels. Les 149 sites du patrimoine culturel. L'hôpital pédiatrique oncologique d'Ahvaz. L'Institut Pasteur. Ce ne sont pas des chiffres indicatifs. Ce sont des postes budgétaires. Et ces éléments sont consignés dans un document juridique sur ordre du Guide suprême. La demande d'indemnisation est le mécanisme par lequel l'"Âge de pierre" se transforme en dette. La guerre peut prendre fin. Le cessez-le-feu peut tenir. Les élections de mi-mandat peuvent passer. La dette, elle, n'expire jamais. La dette est ce qui survit à la guerre, et c'est cette dette que les "certains pays" - selon l'expression d'Araghchi, euphémisme diplomatique désignant les États du Golfe accueillant les bases - devront payer pour la prochaine génération.
La directive anti-corruption accompagnant cette ordonnance d'indemnisation constitue un deuxième front. L'ennemi n'est pas seulement à l'extérieur. L'ennemi se trouve dans la bureaucratie, dans les marchés publics, dans les contrats, chez les fonctionnaires qui, selon les propres mots de Mohseni-Ejei, "font le jeu de l'ennemi, consciemment ou inconsciemment". La guerre se déroule sur deux fronts. Le front militaire, ce sont les missiles dans le tunnel. Le front interne, c'est la corruption au sein du ministère. Et le Guide s'attaque aux deux au cours de la même semaine, dans les mêmes salles, avec les mêmes directives. La lutte contre la corruption n'est pas une question secondaire. C'est la mesure de cohésion. On ne laisse pas l'État se décomposer de l'intérieur lorsqu'il est attaqué de l'extérieur. On ne laisse pas la guerre économique de l'ennemi guerre économique - les sanctions, l'isolement financier, l'effondrement du rial - s'infiltrer par la petite porte d'un contrat d'approvisionnement frauduleux. Cette petite porte est en train d'être verrouillée. Et le verrou, c'est une décision de justice.
Le terme de "guerre cognitive", issu de la réunion de Qalibaf, désigne le troisième front, et c'est celui contre lequel ce dossier se bat. Le communiqué de presse du Pentagone sur les "13 000 cibles". Le titre "La paix par la force". Le discours sur le "bourbier". La litanie selon laquelle "l'Iran est à quelques semaines de la bombe", débitée depuis trois décennies sur l'autel de la politique intérieure "israélienne". La guerre cognitive, c'est le récit que les États-Unis et le régime "israélien" génocidaire servent au monde, et la réponse iranienne, c'est le message porté par cet article. Ces deux récits racontent la même guerre, mais du point de vue de camps opposés. Et un seul de ces "camps" est réel. La dimension "cognitive" n'est pas une abstraction. C'est le champ de bataille où se gagne ou se perd la guerre, et ce champ de bataille, c'est le lecteur. Le lecteur qui n'a lu que le communiqué de presse du Pentagone n'a lu que la moitié de la guerre. La moitié qui n'existe sous aucune forme dans la réalité. Le lecteur qui a lu cet article a lu l'autre moitié. Celle qui se déroule réellement.
C'est l'enchaînement qui importe. Pezeshkian : l'évaluation à spectre complet. Qalibaf : la triade de la guerre militaire, économique et cognitive, les rapports législatifs, la mobilisation publique, le "plan encore plus dévastateur". Mohseni-Ejei : le dossier juridique, la directive sur les indemnisations, le verrou anti-corruption. Trois salles. Trois pouvoirs. Un homme qui n'est dans aucune d'entre elles, et pourtant dans toutes, qui n'a pas été vu en public depuis mars, et qui prend les décisions qui détermineront si la prochaine phase de cette guerre sera un cessez-le-feu ou une apocalypse.

La dernière voix était la plus discrète, et la plus dangereuse.
Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et ancien commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a lancé une série d'avertissements depuis le 11 octobre. Son discours n'est pas celui d'un commandant militaire. C'est celui d'un expert en assurance. Il ne dit pas "nous détruirons vos centres de données". Il affirme que "les câbles, les centres de données, les installations d'intelligence artificielle et d'autres sites de la région" sont des "actifs précieux" des États-Unis. Il précise qu'ils ne figurent "pas encore" parmi les cibles. Il ajoute qu'ils y seront ajoutés si la guerre reprend.
"Si le conflit reprend, notre stratégie sera élargie.
"Il ne peut y avoir d'accord permettant d'attaquer les artères économiques de l'Iran tout en préservant l'architecture économique qui sous-tend ces attaques".
L'expression "ne figurent pas encore" est la phrase la plus dangereuse de l'ensemble de la réponse. Ce n'est pas une menace. C'est un élément d'une liste. C'est le son d'une liste lue à voix haute, et celui qui la lit réalise, avec une clarté lente et froide, que la liste n'est pas exhaustive. Le campus Stargate aux Émirats arabes unis. L'installation d'IA de cinq gigawatts à Abu Dhabi. Les investissements de Microsoft, Google et AWS en Arabie saoudite. La forteresse QAI-Brookfield au Qatar. Les câbles sous-marins qui acheminent le trafic internet mondial à travers le détroit d'Ormuz. Aucun d'entre eux ne figure sur la liste des cibles. Pas encore. Mais ils y figureront.

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IV : L'arithmétique de la précision : la liste des cibles de l'Iran
Le socle est déjà en place. La liste des cibles menacées n'est pas une prédiction. C'est une continuité.
Une enquête de Reuters, publiée le 15 octobre, a recensé 135 attaques distinctes par drones et missiles contre au moins 84 sites d'infrastructures à travers le Golfe depuis le début de la guerre. Le mot "infrastructure" joue un rôle discret dans cette phrase. Il désigne : les raffineries, les usines de traitement du gaz, les complexes pétrochimiques, les terminaux de stockage de carburant, les stations de pompage des oléoducs, les collecteurs d'exportation. Il n'inclut pas : les casernes, les postes de commandement, les silos à missiles. Ces 135 frappes ne constituaient pas une campagne militaire.
Il s'agissait d'une campagne énergétique, menée par l'Iran et Ansarallah, contre les systèmes physiques qui assurent le fonctionnement des États du Golfe, en réponse aux attaques contre les sites énergétiques de l'Iran et du Yémen. Et ces 84 sites constituent un minimum, pas un maximum.
Les sites concernés, dans l'ordre où ils ont été touchés :
- Le terminal GNL de Ras Laffan (Qatar) - touché par des missiles de représailles iraniens à la suite des frappes sur South Pars. L'usine de liquéfaction de gaz de Shell a été endommagée. Un arrêt de force majeure a été déclaré. Le Qatar est le plus grand exportateur mondial de GNL. Un arrêt de force majeure à Ras Laffan n'est pas un simple retard d'expédition. Il s'agit d'un événement énergétique mondial.
- La raffinerie d'Aramco à Ras Tanura (Arabie saoudite) - d'une capacité de 550 000 barils par jour, c'est la plus grande et la plus ancienne raffinerie du royaume. Elle a été arrêtée, puis remise en service. Ce redémarrage a été une démonstration de résilience. L'arrêt, quant à lui, a mis en évidence sa vulnérabilité.
- Le champ pétrolier de Shayba (Arabie saoudite) - frappes répétées de drones. L'un des plus anciens champs en production du royaume. Ces frappes ne visent pas le pétrole. Elles visent à faire passer un message : il n'y a plus aucun lieu sûr.
- Raffinerie SAMREF, Yanbu (Arabie saoudite) - frappe de drone, incendie. Le terminal d'exportation de la mer Rouge. Frappez-le, et la voie d'exportation orientale est compromise.
- Raffinerie Satorp (Arabie saoudite) - unités à l'arrêt.
- Raffinerie de Riyad (Arabie saoudite) - 120 000 barils par jour. L'approvisionnement en carburant de la capitale. Pas le gisement. La raffinerie située dans la capitale.
- Installation de GPL de Ju'aymah (Arabie saoudite) - des incendies affectant les exportations.
- Station de pompage de l'oléoduc Est-Ouest (Arabie saoudite) - débit réduit de 700 000 barils par jour. L'oléoduc qui relie les gisements de la Province de l'Est aux terminaux de la mer Rouge. Si l'on frappe la pompe, l'oléoduc n'est plus qu'un tuyau vide.
- Installations pétrolières de Manifa et Khurais (Arabie saoudite) - endommagées. Khurais est le deuxième plus grand gisement de pétrole du royaume.
- Installation gazière de Habshan (Émirats arabes unis) - la plus grande installation de traitement de gaz naturel du pays. Suspension des activités.
- Gisement de gaz de Shah (Émirats arabes unis) - attaque de drone, incendie.
- Raffinerie de Ruwais (Émirats arabes unis) - incendies multiples causés par des débris de la défense aérienne. Les incendies n'ont pas été provoqués par les missiles. Ils ont été causés par les projectiles intercepteurs retombant au sol. C'est le système de défense qui constitue le danger.
- Pôle pétrolier de Fujairah et GNL de l'île de Das (Émirats arabes unis) - collecteurs matriciels détruits. Fonctionnement à capacité réduite. Fujairah est le seul grand terminal d'exportation du Golfe qui contourne le détroit d'Ormuz. Si on le frappe, cette voie de contournement est compromise.
- Raffinerie Bapco (Bahreïn) - 400 000 barils par jour. Force majeure déclarée.
- Gulf Petrochemical (Bahreïn) - unités en feu.
- Raffineries de Mina Abdullah et Mina Al-Ahmadi (Koweït) - incendies. Plus de 50 % de la production nationale de raffinage est touchée.
- Installations de KPC et de Petrochemical Industries (Koweït) - dégâts importants.
Quatre-vingt-quatre sites. Le seuil minimal. Et c'est sur ce seuil minimal que repose la liste des cibles menacées.
La liste des cibles menacées, telle que désignée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et confirmée par les reportages de Fars et Tasnim, étend la campagne de la périphérie au cœur :
- Le champ pétrolifère de Ghawar (Arabie saoudite) - le plus grand champ pétrolifère conventionnel au monde. Découvert en 1948. Il a produit plus de pétrole que tout autre champ de l'histoire de l'humanité. Ce n'est pas une cible militaire. C'est un fait géologique.
- L'usine de traitement d'Abqaiq (Arabie saoudite) - la plus grande installation de traitement de pétrole en un seul site au monde. En septembre 2019, une frappe de drone a paralysé la production de 5,7 millions de barils par jour - soit 50 % de la production saoudienne et 5 % de l'offre mondiale - pendant trois semaines. Une seule frappe de drone. Trois semaines. Une campagne soutenue de plusieurs jours contre le même site, avec les missiles balistiques Kheibar Shekan (Fortress Breaker) et de missiles balistiques Khorramshahr-4, ainsi que de drones Arash et Shahed 136, ne relève pas de la même catégorie. Il s'agit du même événement, répété à grande échelle, sans possibilité de restauration.
- Les installations de production pétrolière de Khurais (Arabie saoudite) - déjà frappées. La liste des cibles menacées laisse présager une deuxième vague d'attaques, plus destructrice.
- Le pôle pétrochimique de Jubail (Arabie saoudite) - le plus grand complexe pétrochimique du Moyen-Orient. La matière première pour les plastiques, les engrais et les produits chimiques industriels dans toute la région.
- Le complexe de raffinerie de Ruwais (Émirats arabes unis) - déjà touché. La liste des cibles menacées laisse entendre que l'ensemble du complexe est visé, et pas seulement la raffinerie.
- Le gisement pétrolier offshore de Zakum (Émirats arabes unis) - le plus grand gisement pétrolier de l'émirat. Offshore. À portée de la plupart des missiles balistiques iraniens, ainsi que d'éventuels vecteurs maritimes ou de missiles de croisière longue portée.
- Gisement de gaz d'Al Hosn (Émirats arabes unis) - l'un des plus grands gisements de gaz au monde. Source d'approvisionnement du réseau national et des contrats d'exportation.
- Réserve de gaz du North Field (Qatar) - le plus grand gisement de gaz au monde. Source du GNL de Ras Laffan. Si le gisement est touché, le terminal n'aura plus rien à fournir.
- La raffinerie de Ras Laffan et le complexe pétrochimique de Mesaieed (Qatar) - déjà partiellement touchés. La liste des cibles menacées implique l'ensemble du complexe.
- Le gisement pétrolier de Burgan (Koweït) - le plus grand gisement pétrolier du pays.
- La raffinerie de Sitra et les installations de Ma'ameer (Bahreïn) - la raffinerie qui alimente le réseau national.
- Les gisements de gaz de Léviathan et de Tamar ("Israël") - les gisements de gaz offshore qui alimentent le réseau national"israélien"ainsi que le gazoduc d'exportation vers la Jordanie et l'Égypte. Les seules cibles énergétiques de cette liste qui ne se trouvent pas dans le Golfe. Leur inclusion n'est pas un oubli. C'est une déclaration : les représailles ne sont pas seulement régionales. Elles sont réciproques.
Et puis il y a la carte.

Le président Ebrahim Azizi, chef de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement, l'a publiée sur X. En anglais. En hébreu. En persan. La carte indiquait les raffineries, les centrales électriques, les usines de désalinisation, les ponts, les tunnels, les échangeurs routiers, ainsi que le centre de recherche nucléaire de Dimona. La phrase et le titre qui l'accompagnaient, comme nous l'avons vu : "Une seule erreur de calcul suffit : les territoires occupés deviendraient inhabitables en moins d'une heure".
La dépendance à la désalinisation est le pivot. "Israël" produit environ 85 % de son eau potable par désalinisation. Les cinq principales usines - Sorek, Ashkelon, Hadera, Ashdod et Palmachim - approvisionnent l'ensemble du pays. À elle seule, celle d'Ashkelon produit 120 millions de mètres cubes par an. La carte indique quatre de ces cinq usines. La cinquième est une question de timing, et non de ciblage. L'expression "inhabitable en moins d'une heure" n'est pas une métaphore. Il s'agit du délai opérationnel pour le réseau de ponts et de tunnels : les tunnels du Carmel à Haïfa, les viaducs de Yokne'am sur l'autoroute 6, les ponts de l'échangeur d'Ayalon sur l'autoroute 20, le complexe de l'échangeur de Ben Shemen juste au nord d'Anava, là où convergent les autoroutes 1 et 6, les ponts routiers et ferroviaires de la vallée de Motza près de Jérusalem, le pont des Chords à Jérusalem. Six points. Six frappes. Le pays est coupé en deux, et l'eau s'arrête. Le "moins d'une heure" correspond au temps nécessaire au dernier camion-citerne pour franchir le dernier pont avant que ceux-ci ne soient détruits.
Dimona figure sur la carte. Le centre de recherche nucléaire du Néguev. Le fait est qu'il est apparemment "acceptable" que les États-Unis et "Israël" larguent des bombes sur les installations nucléaires pacifiques de l'Iran. Voici une initiative "israélienne" qui est tout sauf pacifique, et qui incarne l'essence même de la menace qui permet au maniaque colonial génocidaire de se livrer en toute impunité à sa frénésie de violence dans toute la région, la soi-disant "option Sampson" sur laquelle repose le chantage "israélien". Cette déclaration affirme que l'on sait, que l'on voit, et que ce fait même constitue une variable de l'équation.
Les cibles énergétiques du Golfe constituent la couche physique. Les "cibles américano-israéliennes" constituent la couche civilisationnelle. Et puis il y a celle qui n'existait pas en 2024, celle qui était en cours de construction au moment même où la guerre était planifiée, celle que les documents de ciblage du Pentagone ne mentionnent pas encore car elle n'existait pas lors de leur rédaction :
- Stargate UAE (Abou Dhabi) - 1 GW pour la phase 1, 5 GW pour l'ensemble du campus. G42, OpenAI, Oracle, Nvidia, Cisco, SoftBank. Environ 30 milliards de dollars. En construction. 200 MW mis en service au quatrième trimestre 2026.
- Campus IA Émirats-États-Unis (Abou Dhabi) - 5 GW, dix miles carrés. Plusieurs hyperscalers américains. En cours de construction.
- Centres de données Microsoft aux Émirats arabes unis (Abou Dhabi et Dubaï) - extension de 200 MW. Microsoft et Khazna. Engagement total de 15,2 milliards de dollars, de 2023 à 2029. Mise en service avant la fin de 2026.
- Supercluster d'IA Oracle à Abou Dhabi - Oracle, Nvidia. Opérationnel depuis novembre 2025.
- Khazna QAJ1 (Ajman) - 100 MW. Achèvement prévu en décembre 2026.
- Campus Humain de 6 GW à Riyad (Arabie saoudite) - Soutenu par le PIF. Six parcelles de 1 GW chacune. En phase de pré-développement. Premiers sites d'environ 100 MW chacun.
- Centres de données Microsoft en Arabie saoudite (trois sites, Province de l'Est) - Engagement de 80 milliards de dollars. En construction. Mise en service prévue au quatrième trimestre 2026.
- Google Cloud Saudi (Dammam) - Google Cloud et le PIF. Partenariat de 10 milliards de dollars dans le domaine de l'IA. Opérationnel.
- AWS Arabie saoudite (me-central-1 plus zone IA) - 5,3 milliards de dollars. En cours de construction. Jusqu'à 50 MW d'ici 2028.
- DataVolt NEOM (Arabie saoudite) - 1,5 GW. 5 milliards de dollars. En cours de construction.
- Joint-venture QAI-Brookfield (Qatar) - 1,5 GW à pleine capacité. 20 milliards de dollars. Annoncé. Conception de type"forteresse".
L'expression "ne figurent pas encore" est celle qui lie cette liste à la menace. Rezaei n'a pas dit "nous détruirons vos centres de données". Il a déclaré qu'il s'agissait d'"actifs précieux" des États-Unis. Il a précisé qu'ils ne "figurent pas encore" parmi les cibles. Il a ajouté qu'ils y seront ajoutés si la guerre reprend. Le "pas encore" est l'élément clé. "Pas encore" est le compte à rebours. Et ce compte à rebours n'est pas fixé par l'Iran. Il est fixé par les élections de mi-mandat.
Et derrière tout cela, derrière les centres de données et les raffineries, les usines de désalinisation, les ponts et les tunnels, il reste une couche que nul satellite ne peut voir, car elle se trouve sous la mer :
- 2Africa (le projet de Meta) - gelé en mars à l'étape du "dernier kilomètre". Le câble qui était censé relier le Golfe au réseau mondial n'est pas achevé. Il ne le sera pas tant que le détroit restera fermé.
- AAE-1 (de l'Asie du Sud-Est vers l'Europe via l'Égypte) - reliant les Émirats arabes unis, Oman, le Qatar et l'Arabie saoudite.
- FALCON (de l'Inde et du Sri Lanka vers les États du Golfe, le Soudan et l'Égypte) - relie l'Irak, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman et l'Iran.
- GBI (Gulf Bridge International) - relie tous les pays du Golfe, y compris l'Iran.
- Tata TGN-Gulf - le réseau national de fibre optique.
- OMRAN/EPEG - l'interconnexion régionale.
Six câbles en service. Deux autres en construction, tous deux prévus pour 2027, tous deux passant par le même détroit. Quatre États du Golfe ne disposent d'aucune liaison sous-marine évitant le détroit d'Ormuz. Plus de 97 % du trafic internet mondial transite par des fibres optiques posées sur les fonds marins. Les câbles ne sont pas de simples infrastructures. Ils constituent le système nerveux. Coupez-les, et les centres de données ne sont plus que des serveurs sans liaison montante. Le campus d'IA est un bâtiment sans connexion. Le Stargate est un campus sans internet. La "forteresse" est incapable d'appeler à l'aide.
C'est cette spécificité qui constitue la menace. Une carte publiée en trois langues n'est pas une démonstration de force au sens où l'est le discours d'un général. Il s'agit d'un exercice de ciblage rendu public. Une liste de centres de données classés par pays, par opérateur, par mégawatt, par montant en dollars, n'est pas une prédiction. C'est un cahier des charges pour un ensemble de frappes qui n'a pas encore été approuvé. La mention "pas encore" évoque une liste lue à voix haute, et le lecteur qui réalise, avec une clarté lente et glaciale, que la liste n'est pas exhaustive.
Le terrain est préparé. La liste des cibles est une suite logique. La carte est un cahier des charges. Les centres de données constituent un compte à rebours. Les câbles sont le tueur silencieux. Et l'expression "inhabitable en moins d'une heure" n'est pas une menace. C'est un calendrier d'exécution.

V : Retombées en aval : ce qui reste du monde
La doctrine a été écrite avant la guerre. Elle a été rédigée avant la fermeture du détroit, avant les écolières de Minab, avant les 1 288 écoles, avant que l""Âge de pierre" n'ait fait son entrée dans le vocabulaire. En 1992, Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense sous George H.W. Bush, a signé un document qui est resté classifié pendant une décennie, puis a été déclassifié car la classification n'avait plus d'importance. La phrase clé :
"Au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Ouest, notre objectif global est de rester la puissance extérieure prédominante dans la région et de préserver l'accès des États-Unis et de l'Occident au pétrole de la région".
Ce document n'est pas un pronostic. C'est un cahier des charges. Et ce cahier des charges a été respecté. L'Iran et l'Axe de la Résistance remettent en cause et démantèlent l'infrastructure de soutien structurelle de l'ensemble de l'opération.
Ce qui suit n'est pas seulement une description du présent. C'est une projection. Le présent est le plancher. La projection est le plafond. Et c'est ce plafond que les élections de mi-mandat s'apprêtent à faire tomber.

En 2004, Thomas P.M. Barnett, chercheur stratégique senior à l'US Naval War College, a publié The Pentagon's New Map. Cette carte divise le monde en deux zones : le "noyau fonctionnel" et la "zone de non-intégration". Cette zone de non-intégration englobe le Moyen-Orient, la péninsule arabique, l'Iran, l'Afghanistan et la Corne de l'Afrique. Les "États tampons" - la Turquie, le Pakistan, l'Arabie saoudite - font office de zones tampons où le "noyau fonctionnel" réprime "les maux émanant de la zone de non-intégration". Cette stratégie s'intitule "Réduire la zone de non-intégration". L'objectif final, selon les propres termes de Barnett : "Réduire la zone de non-intégration nous apporte la dernière pièce du puzzle qu'est la paix mondiale".
En mai 2026, vingt-deux ans après la publication de ce cadre conceptuel, Barnett est revenu sur ses propres travaux sur son Substack et a écrit : "Transformer le Moyen-Orient en Afrique centrale ne permettra pas de construire un monde meilleur pour mes enfants". Ce désaveu en est la preuve. Il annonce la fin. Et cette fin n'est pas hypothétique. La fin, ce sont les 123 647 bâtiments résidentiels, les 2 300 réseaux d'approvisionnement en eau, un taux de couverture Internet de 12 %, une inflation alimentaire supérieure à 100 %, l'air de la province de Bushehr devenu irrespirable. Le désert n'a pas besoin de doctrine pour se justifier. La doctrine autorise les bombardements. Le désert, c'est ce que les bombardements laissent derrière eux. Le résultat final est ce qui est actuellement pris en compte dans l'économie mondiale, ligne par ligne, jour après jour, dans la devise que vous retrouverez à la pompe à essence, à la caisse du supermarché et sur votre facture d'énergie.
L'"Âge de pierre" est l'expression opérationnelle de la logique de réduction de l'écart, poussée jusqu'à son terme. La doctrine dit : "intégrez-les". L'opération dit : "neutralisez-les d'abord, intégrez-les ensuite". Ce "ensuite" n'apparaît dans aucun calendrier. Et le coût de cette neutralisation n'est pas supporté par la région. Ce coût est réparti. Les 1 288 écoles ne sont pas des dommages collatéraux. Les 2 300 réseaux d'adduction d'eau, les 149 sites du patrimoine culturel, dont cinq classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, ne sont pas des dommages collatéraux. Ils constituent le cahier des charges à respecter, et ce cahier des charges est celui qui a été signé en 1992 et tracé sur une carte en 2004.

Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière au monde, a déclaré publiquement le 5 octobre que trois milliards de barils de pétrole ont été perdus à l'échelle mondiale depuis le début de la guerre. Trois milliards de barils. Ce n'est pas une estimation. Ce n'est pas une hypothèse. C'est un chiffre, avancé par celui qui détient la plus grande part du marché du baril. Le détroit d'Ormuz achemine environ 89,2 % de l'ensemble des exportations de brut par voie maritime. La Chine achemine 40 à 50 % de ses importations de brut par ce détroit. L'Inde en achemine environ 40 %. Le Japon importe 87 % de son énergie sous forme de combustibles fossiles. La Corée du Sud en importe 81 %.
Lorsque ce flux s'interrompt, les acheteurs asiatiques ne cessent pas d'acheter. Ils se tournent vers les marchés libres. Ils enchérissent sur les barils restants. Et le prix de ce baril restant est le prix du baril dans la citerne de Leeds, du fioul de chauffage dans le gîte de Cornouailles, du diesel à la pompe de Détroit, du kérosène pour le vol réservé il y a trois mois, dont le prix a désormais augmenté de 40 %. Le détroit n'est pas un problème propre à l'Asie occidentale. Ce n'est pas seulement un problème asiatique. La dépendance asiatique est le mécanisme qui en fait un problème mondial. Cela se répercute à la pompe à essence trois mois plus tard comme un gigantesque raz-de-marée, sans aucune explication, et avec un chiffre de plus en plus élevé que celui du mois dernier. Ce n'est pas la main qui s'en mêle, qui sape l'économie mondiale et la sécurité alimentaire en brandissant la bombe anti-bunker, qui tient la manette des gaz.

Le Baker Institute a estimé à deux milliards de dollars le montant quotidien des pertes de recettes d'exportation du Golfe. Deux milliards par jour. Et cela s'accumule. Chaque jour de fermeture du détroit, les chiffres s'envolent, et ils ne redescendent pas à la réouverture du détroit. La raffinerie touchée ne se reconstruit pas en une semaine. L'oléoduc endommagé ne sera pas réparé en un mois. Les extensions de couverture contre les risques de guerre des affréteurs ont été annulées en mars et n'ont pas été rétablies. La Lloyd's Market Association a clairement établi la distinction en l'espace de trois semaines : le détroit n'est pas fermé parce que l'assurance a disparu. Il est fermé parce que la voie navigable est physiquement dangereuse. Les élections de mi-mandat sont le seul obstacle entre la gâchette et la montagne. Et cette montagne, c'est 1 590 mètres de roche andésitique volcanique fusionnée que la bombe ne pourra pas ouvrir.
C'est juste la situation actuelle. La liste des menaces étend la fermeture du détroit aux aux gisements, aux raffineries, aux installations de traitement du gaz et aux terminaux d'exportation. Si le déclencheur est actionné, l'arrêt actuel de 80 % du trafic de l'isthme d'Ormuz - qui représente 89 % du trafic total - ne tombera pas simplement à zéro. Il tombera à zéro et y restera, car les gisements ne seront pas simplement bloqués. Ils seront détruits. Et cette destruction n'est pas réversible en une saison. Elle ne le sera qu'en une génération.

Il faut ensuite tenir compte du gaz. Pas du pétrole. Du gaz. Celui qui chauffe les maisons. Ras Laffan a déjà perdu 17 % de sa capacité d'exportation, et QatarEnergy indique que la remise en état prendra jusqu'à cinq ans. Voilà l'étendue des dégâts actuels. La liste des installations menacées comprend l'ensemble du complexe : la raffinerie de Ras Laffan, le site pétrochimique de Mesaieed, le gisement de gaz du North Field. Si le déclencheur est actionné, ces 17 % seront étendus à l'ensemble du terminal. Les 20 % de l'offre mondiale de GNL actuellement perdus deviendront la totalité de la capacité d'exportation qatarie, et le gisement North Field en est la source. Le gisement n'est pas un terminal. Le gisement est ce que le terminal expédie. Si l'on frappe le gisement, le terminal n'aura plus rien à expédier, et la remise en état prévue pour cinq ans s'étendra à quinze. Aucune compagnie d'assurance ne couvrira une remise en état sur quinze ans, et c'est précisément ce risque que l'interdiction de l'UE sur le GNL russe, qui entrera en vigueur en janvier 2027, était censée écarter.

L'Europe aborde l'hiver avec des stocks à leur plus bas niveau pour cette période depuis quinze ans. Le GNL américain était censé prendre le relais. Le GNL américain représente désormais 63 % des importations européennes. Et le pays qui fournit ce GNL est celui-là même qui a bombardé la raffinerie. La sécurité énergétique que l'Europe a mise en place au cours des années post-Russie est entre les mains de celui qui appuie sur le bouton. Si l'on appuie sur ce bouton, le prix du gaz n'augmente pas de 54 %. Il n'augmente pas de 25 %. Il n'augmente pas du tout. Il disparaît. Et la chaudière de l'appartement à Londres, de l'immeuble à New York, celle qui peine déjà à faire face à une facture 40 % plus élevée qu'en novembre dernier, est celle qui refusera de s'allumer en janvier. Ce mois de janvier est celui dont les conditions ont été signées en 1992, et ce sont ces conditions que l'hiver s'apprête à éprouver.

La chaîne de production d'engrais est celle dont personne ne parle, car elle n'apparaîtra dans les gros titres que lorsqu'il sera trop tard. Le Golfe produit une part significative de l'ammoniac et de l'urée mondiaux. La matière première est le gaz naturel. Le gaz est traité à Habshan, à Ras Laffan, au complexe de South Pars, ainsi que dans les installations qui ont déjà été touchées. Il suffit de frapper le traitement du gaz pour que la chaîne d'approvisionnement en engrais s'effondre en l'espace d'un trimestre. Ce trimestre est déjà révolu, et il n'y aura plus d'engrais. Ce trimestre correspond à la saison des semis, celle qui alimente la prochaine récolte. La prochaine récolte est celle qui n'est pas encore en terre. L'inflation alimentaire en Iran dépasse déjà les cent pour cent. L'inflation alimentaire dans le reste du monde ne s'est pas encore fait sentir, car le reste du monde puise encore dans ses stocks. Mais ces stocks sont limités. Ces réserves correspondent à ce qui a été semé l'année dernière, et l'année dernière, c'était avant la guerre.
La guerre fait toujours rage. Le détroit est toujours fermé. Les engrais ne circulent toujours pas. Vous voyez où je veux en venir ?
Si le traitement du gaz s'arrête... oubliez l'"inflation" alimentaire. Pas d'engrais, pas de quoi manger.
Juste ces savoureux insectes.

L'infrastructure d'IA est la couche qui n'existait pas en 2024. Rezaei a estimé la valeur à plus de deux mille milliards de dollars. Le campus Stargate aux Émirats arabes unis. Le centre d'IA de cinq gigawatts à Abu Dhabi. Les investissements de Microsoft, Google et AWS en Arabie saoudite. La forteresse QAI-Brookfield au Qatar. Les câbles sous-marins traversant le détroit constituent la seule voie sous-marine pour quatre États du Golfe. Coupez-les, et les centres de données deviennent des serveurs sans liaison montante. Le campus d'IA est un bâtiment sans connexion. La "forteresse" est incapable d'appeler à l'aide. Et les programmes qui tournent dans ces centres de données ne sont pas abstraits. Ce sont les programmes qui gèrent la logistique de la chaîne d'approvisionnement, les horaires d'expédition, la souscription d'assurances, les systèmes de planification hospitalière, les algorithmes boursiers. La guerre ne se déroule pas dans le Golfe. La guerre se déroule dans un rack de serveurs. Et ce rack de serveurs se trouve à Abou Dhabi. Abou Dhabi est dans le périmètre d'explosion, tout comme les 2 000 milliards de dollars d'investissements américains.

Et ce n'est là que l'investissement actuel. La liste des menaces inclut l'ensemble du campus, l'ensemble du complexe, l'engagement dans son intégralité. Si les câbles sont sectionnés et que les centres de données sont touchés, ces 2 000 milliards de dollars ne constituent pas une perte. C'est une suppression. Et cette suppression est irréversible : une reconstruction n'est pas envisageable, car elle nécessite les câbles, et les câbles nécessitent le détroit. Le détroit exige comme condition préalable le respect du protocole d'accord déjà conclu, et c'est précisément cette condition qui n'est pas remplie.

Le marché de l'assurance est la couche silencieuse. Ce ne sont pas les clubs P&I qui ont fermé le détroit. C'est l'Iran qui l'a fermé. Les clubs ont réagi en multipliant de dix à quarante le coût de la couverture des risques de guerre pour les coques par rapport aux niveaux d'avant-guerre, et en annulant les extensions de couverture des risques de guerre liées à la responsabilité des affréteurs, qui n'ont pas été rétablies. La Lloyd's Market Association a clairement établi cette distinction en l'espace de trois semaines : le détroit n'est pas fermé parce que l'assurance a disparu. Il est fermé parce que la voie navigable est physiquement dangereuse. Cela ne devrait pas forcément être le cas. Mais le terrorisme américain illégal et non provoqué en est la cause. Ce n'est pas le marché qui a fermé le détroit. Ce sont les mines et les missiles iraniens. Et ils l'ont fait à cause du terrorisme américain illégal et non provoqué.
Le marché a évalué le prix du préjudice déjà causé par les missiles. Et ce prix est celui qui rend la situation économique intenable. Ce n'est pas une interruption. C'est un coût. Un coût qui s'alourdit chaque jour de fermeture supplémentaire du détroit, chaque raffinerie qui continue de brûler et chaque gisement de gaz qui explose, parce que Donald Trump a tout foutu en l'air et ne peut accepter d'avoir perdu. Il va tout simplement réduire le monde en cendres pour satisfaire son ego démesuré, Benjamin Netanyahu et les dossiers Epstein. C'est là la cause profonde de ce coût. Mais les assureurs n'ont pas pris parti. Les assureurs ont choisi un chiffre. Et ce chiffre, c'est celui qui dit : cela ne vaut pas la prime.
Les frais de transport sont inclus dans le prix du téléphone, de l'ordinateur portable, des médicaments, des vêtements. Les primes d'assurance sont incluses dans le prix de tout ce qui circule par voie maritime. Les prix de l'énergie pèsent leur poids dans la boîte aux lettres, dans le prélèvement automatique mensuel, dans la facture de chauffage qui arrive en novembre et coûte 40 % de plus que celle de novembre de l'année dernière. La guerre ne touche pas seulement les autres, à l'autre bout du monde. La guerre d'agression américaine - pour le compte d'"Israël" - se répercute sur le prix de tout, et le prix de tout, c'est ce à quoi nous sommes confrontés chaque jour, sans savoir d'où sort ce chiffre.
Maintenant, vous savez. Il provient du terrorisme américain et "israélien" insensé. Et c'est nous qui paierons en espèces sonnantes et trébuchantes. L'Asie occidentale, elle, le paie au prix du sang.
Traduit par Spirit of Free Speech

