USA

🇺🇸 02/11/2026 ssofidelis.substack.com  11min ⁑️ 5 #332010

Selon Tucker, Trump va atomiser l'Iran

424px/303px - 26.99 Koreduce by 50%del

Par  Mike Whitney, le 2 novembre 2026

"Sous la pression du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l'administration Trump pourrait être à quelques jours de lancer une frappe nucléaire contre l'Iran. La cible serait Pickaxe Mountain, dans le centre de l'Iran, où les services du renseignement israéliens affirment que le gouvernement iranien a relancé son programme d'enrichissement nucléaire. Aucune arme conventionnelle de l'arsenal américain ne peut pénétrer une couche de granit massif de 90 mètres d'épaisseur pour détruire les tunnels où l'enrichissement est censé avoir lieu. La seule option militaire est une frappe nucléaire. Netanyahu fait pression pour qu'elle ait lieu. "Bibi appelle Trump à ce sujet tous les jours", affirme un observateur bien informé. Netanyahu est acculé et désespéré. Après les résultats des élections de la semaine dernière, il ne peut former de gouvernement à moins que Trump n'intervienne directement dans la politique israélienne et ne négocie un accord avec d'autres partis qui lui assure 61 sièges à la Knesset. Sinon, il perdra son poste de Premier ministre et s'exposera à la honte, à des enquêtes et peut-être même une peine de prison. Netanyahu doit rester proche de Trump. Il a besoin de cette guerre". -  Tucker Carlson

Nous devons partir du principe que Trump et Netanyahu savent tous deux que une nouvelle série d'attaques contre l'Iran utilisant les mêmes armes conventionnelles qu'auparavant produira le même résultat. Et comme ni les États-Unis ni Israël n'ont mis au point de nouveaux systèmes d'armement susceptibles d'aboutir à un résultat différent, nous devons nous demander ce qu'ils ont en tête. Après tout, il n'y a aucune raison rationnelle de reprendre les hostilités avec l'Iran, à moins que les États-Unis et Israël ne prévoient d'introduire un nouvel élément dans l'équation qui les aiderait à atteindre leurs objectifs stratégiques. Mais de quoi pourrait-il s'agir ?

Il n'y a qu'une seule réponse à cette question : l'arme nucléaire. Ils prévoient d'utiliser l'arme nucléaire.

Sur ce point, je suis d'accord avec Tucker. Mais là où je ne suis plus d'accord, c'est sur la question de Pickaxe Mountain. Je ne pense pas que Tucker ait réfléchi à la façon dont l'attaque contre Pickaxe sera exploitée par Netanyahu pour entraîner Trump dans un conflit plus vaste et plus catastrophique.

Donc, oui, les États-Unis bombarderont Pickaxe Mountain avec des armes nucléaires, soi-disant pour détruire des éléments d'un programme d'armes nucléaires non divulgué (et purement fictif). Mais comme les 13 agences du renseignement américain ont confirmé à plusieurs reprises que l'Iran n'a pas de programme d'armes nucléaires, ne développe pas de bombe atomique et n'a jamais été reconnu coupable d'avoir violé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) - nous devons donc supposer que le bombardement nucléaire de Pickax poursuit un autre objectif. Après tout, pourquoi risqueraient-ils l'isolement international pour bombarder une installation dont les agences du renseignement ont déjà déclaré qu'elle ne représente aucune menace pour la sécurité nationale des États-Unis ou d'Israël ?

Ils n'en feront rien. Par conséquent, nous devons partir du principe que le bombardement nucléaire de Pickax sert un tout autre objectif. Mais lequel ?

Une fois la bombe larguée, l'Iran passera à l'action en lançant des attaques contre toutes les cibles de la région qu'il a déjà désignées, notamment les infrastructures énergétiques critiques, les usines de désalinisation, les centres informatiques et de données, les hubs de communication et de transport, ainsi que les réacteurs nucléaires israéliens (Dimona). Les responsables iraniens ont averti que leur riposte ne connaîtrait "aucune ligne rouge". Et c'est, je pense, ce sur quoi compte Netanyahu : il compte sur une riposte iranienne suffisamment massive pour affirmer qu'Israël est confronté à une "menace existentielle" à laquelle il faut répondre par l'arme nucléaire. En d'autres termes, le bombardement nucléaire du mont Pickax n'est pas "une fin en soi", mais une provocation calculée destinée à justifier l'anéantissement de l'Iran. Le fait est qu'il faudra plusieurs bombes nucléaires pour rayer de la carte un pays de la taille de l'Iran ; il faut donc persuader Trump de porter le premier coup (brisant ainsi un tabou vieux de 80 ans) tandis qu'Israël enchaînera avec de nombreuses autres frappes stratégiques (nucléaires). C'est ainsi que Netanyahu entend réaliser l'ambition de toute une vie : détruire l'Iran tout en faisant d'Israël l'hégémon régional de facto.

424px/303px - 30.66 Koreduce by 50%del

Les armes nucléaires "limitées" de Colby

Saviez-vous qu'Elbridge Colby - sous-secrétaire à la Défense chargé de la politique de Trump -, qui fut le principal architecte de la Stratégie de défense nationale de Trump de 2018, est également un fervent partisan de  la  "guerre nucléaire limitée" ?

C'est exactement ça : la "doctrine nucléaire" de Trump est confiée à un idéologue qui estime qu'il devrait exister des "options crédibles, rationnelles et limitées" (pour l'utilisation d'armes nucléaires) pour que le président ne soit pas contraint à un choix binaire entre l'inaction et une riposte stratégique massive dans le cadre d'un conflit régional. Voilà une impressionnante tentative de présenter sous un jour favorable la position de Colby, mais cela signifie en réalité que (sous Colby) le seuil d'utilisation des armes nucléaires a été abaissé, rendant une attaque nucléaire contre l'Iran bien plus probable. Voici un article de l'analyste militaire Will Schryver :

(Remarque : des rumeurs en ligne suggèrent qu'au moins un des généraux récemment limogés se serait opposé à Colby au sujet du recours à l'arme nucléaire. Et bien que ces allégations ne soient pas vérifiées, il semble plausible que Hegseth soit en train d'"éliminer" les hauts gradés qui refusent de se rallier à la stratégie "insensée" de Trump vis-à-vis de l'Iran.)

Selon ChatGPT, la réflexion de Colby s'articule autour de plusieurs idées :

"Une guerre nucléaire limitée est envisageable. Colby a remis en cause l'hypothèse traditionnelle selon laquelle toute utilisation de l'arme nucléaire entraînerait inévitablement et immédiatement une escalade vers un échange stratégique massif.

"La dissuasion nécessite des options crédibles. Si un adversaire estime que les États-Unis ne riposteraient jamais à une attaque nucléaire limitée parce que Washington craint une escalade, la dissuasion risque d'échouer.

"Les États-Unis ont besoin d'options nucléaires plus souples, notamment pour faire face à l'expansion des capacités nucléaires de la Russie et de la Chine, ainsi qu'à ce qu'il considère comme des conflits régionaux potentiels". - ChatGPT

Colby estime que son approche est plus nuancée et n'indique pas nécessairement que les États-Unis sont davantage disposés à recourir à l'arme nucléaire. Mais de toute évidence, si l'on qualifie certaines catégories particulières d'armes nucléaires de "tactiques", alors le seuil a été abaissé au point que des discussions sérieuses ont lieu concernant leur utilisation sur le champ de bataille. Dans cette optique, j'ai posé la question suivante à ChatGPT : "Une frappe nucléaire ponctuelle sur Pickaxe Mountain avec une ogive de faible puissance correspond-elle à la définition de Colby d'une guerre nucléaire limitée ?"

"Si par"Pickaxe Mountain"vous entendez une frappe nucléaire hypothétique contre une cible militaire fortifiée ou liée au nucléaire, alors oui, conceptuellement, cela pourrait correspondre à la catégorie d'un scénario d'"utilisation nucléaire limitée"dont Colby a parlé...

"La distinction importante réside dans l'"utilisation nucléaire limitée"... Si vous voulez savoir si "une seule frappe nucléaire de faible puissance sur une cible unique, sans autre attaque nucléaire par la suite" correspond au type de scénario que l'on entend par guerre nucléaire limitée, la réponse est oui. (ChatGPT)

En résumé : Oui, une attaque nucléaire contre l'Iran s'inscrirait dans la doctrine de "l'utilisation nucléaire limitée" de Colby. J'y vois la confirmation que les conseillers nucléaires de Trump (Colby) soutiendraient une attaque nucléaire contre l'Iran.

Les détracteurs de Colby affirment que son approche "brouille la frontière entre armes conventionnelles et armes nucléaires, rendant la guerre nucléaire limitée plus envisageable, et augmentant les risques d'escalade plutôt que de renforcer la dissuasion". Daryl G. Kimball, directeur exécutif de l'Arms Control Association, s'est vivement opposé à ce changement de doctrine nucléaire, le qualifiant de pas vers une "adhésion à la guerre nucléaire", tandis que le chroniqueur de Bloomberg Andreas Kluth a averti que "les armes nucléaires tactiques sont porteuses d'Armageddon". D'autres détracteurs ont qualifié les idées de Colby sur l'escalade maîtrisée (recours limité à l'arme nucléaire) de "vœux pieux". Mais, quelles que soient les critiques, Colby reste au cœur du pouvoir, où ses opinions auront un impact profond sur la décision de Trump à passer à la vitesse supérieure.

Il faut noter que la politique américaine n'interdit pas une politique de "non-première utilisation" (NFU) : les États-Unis se réservent la possibilité d'utiliser en premier leur arsenal nucléaire dans des circonstances extrêmes. Mais Colby définit les "circonstances extrêmes" non seulement comme la défense face à une menace existentielle, mais aussi comme la défense des intérêts vitaux des États-Unis et de leurs alliés, ce qui peut signifier pratiquement n'importe quoi. Par exemple, le contrôle de l'Iran sur le golfe Persique pourrait être interprété comme une menace pour les intérêts impériaux de Washington dans la région. Serait-ce une raison suffisante pour lancer une attaque nucléaire contre l'Iran ? Selon la logique de Colby, oui !

Les États-Unis n'ont d'ailleurs jamais adopté de politique consistant à "ne jamais" lancer d'attaque nucléaire contre un État non nucléaire. Il ne faut donc pas s'attendre à ce que l'Iran soit épargné sous prétexte qu'il ne peut se défendre contre une frappe nucléaire préventive. Les décideurs politiques américains affirment que les États-Unis doivent conserver une "flexibilité" leur permettant de choisir si la destruction d'un autre pays sert ou non les intérêts géopolitiques généraux de l'Amérique. (Bien entendu, le facteurmoralité n'entre jamais en ligne de compte.)

Quant à Netanyahu, nous ne pensons pas qu'il ait le moindre scrupule à lancer une frappe nucléaire sur l'Iran. Quiconque est capable de mener un génocide pendant trois ans sans la moindre once de remords est capable de tout.

Remarque concernant l'Iran

Depuis 47 ans, les États-Unis traitent l'Iran avec hostilité, condescendance et mépris. À aucun moment, les responsables ou les dirigeants politiques américains n'ont traité les Iraniens avec le respect et la dignité qui leur sont dus. À aucun moment, ils ne leur ont tendu la main en signe de fraternité ni tenté de trouver un terrain d'entente sur des questions d'intérêt commun. Au contraire, ils ont sans relâche diabolisé l'Iran tout en lui dictant avec arrogance la façon dont il est censé se comporter. L'establishment politique américain n'a jamais cherché à établir de partenariat ou de relation de coopération avec l'Iran, préférant émettre des directives brutales soutenues par des sanctions unilatérales destinées à aggraver les souffrances des simples civils iraniens. Le gouvernement iranien a enduré ces humiliations sans protester, pour l'essentiel, et sans riposter militairement comme le feraient les États-Unis s'ils subissaient le même genre d'abus.

Mais tout cela a changé le 13 juin 2025, lorsque Israël (avec l'aide des États-Unis) a lancé sa première attaque contre des installations nucléaires iraniennes, suivie d'une guerre non provoquée de 40 jours qui a débuté le 28 février 2026. Cette agression directe contre la République islamique a fourni à l'Iran la justification dont il avait besoin pour démontrer sa supériorité technologique en matière de missiles hypersoniques, de drones de pointe, de systèmes de défense aérienne modernisés et de systèmes de surveillance par satellite à la pointe de la technologie. En seulement 40 jours, l'Iran a réussi à détruire la plupart des bases militaires et navales américaines dans le Golfe, tout en anéantissant les bases aériennes et les sites du renseignement les plus sécurisés d'Israël. Les navires de guerre américains ont été contraints de rester à près de 1 000 kilomètres au large des côtes iraniennes, tandis que l'Iran a imposé une main de fer sur tous les navires commerciaux transitant par la voie navigable la plus importante au monde, le golfe Persique. En bref, la guerre a modifié les facteurs qui ont maintenu l'Iran dans un isolement chronique et l'a propulsé vers la domination régionale. La guerre malavisée de Trump a en effet ouvert les vannes, permettant à l'Iran de frapper de plein fouet ses adversaires tout en jetant les bases d'une nouvelle architecture de sécurité régionale. Ce que nous ignorons à ce stade, c'est si l'introduction d'armes nucléaires fera reculer les gains stratégiques de l'Iran ou si elle le libérera enfin de la domination étrangère. Nous n'en savons tout simplement rien.

Traduit par  Spirit of Free Speech

424px/303px - 33.08 Koreduce by 50%del

 unz.com

 ssofidelis.substack.com