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Le Danemark veut récupérer 10 millions de dollars versés pour des obus jamais livrés à l'Ukraine

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Source: AP

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, s'adresse aux médias au siège du Conseil européen à Bruxelles, le 15 octobre 2026.

Le Danemark cherche à récupérer près de 10 millions de dollars de fonds publics affectés à l'achat de munitions pour l'Ukraine. Cet argent, transféré par l'intermédiaire de l'Estonie à une entreprise dont la fiabilité est mise en cause, n'a abouti à aucune livraison d'obus. Le scandale intervient alors que Copenhague poursuit son soutien à Kiev.

Le gouvernement de la Première ministre danoise Mette Frederiksen entend récupérer 71 millions de couronnes, soit environ 10 millions de dollars, versés pour des obus d'artillerie destinés à l'Ukraine qui n'ont jamais été livrés. Le ministre de la Défense, Jeppe Bruus, a confirmé qu'un accord avait été conclu avec l'Estonie pour restituer les fonds.

Cette somme faisait partie d'une enveloppe de 317 millions de couronnes accordée par Copenhague à Tallinn en avril 2025. L'Estonie était chargée de sélectionner les fournisseurs et d'organiser l'achat des munitions pour l'armée ukrainienne.

Sur cette enveloppe, 71 millions de couronnes ont été transférés à Datasel, une société enregistrée en Italie et appartenant au groupe indien Neco Defence. Aucun obus financé par cette somme n'a toutefois été livré à l'Ukraine.

L'ancien ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, avait sollicité les contributions de plusieurs partenaires occidentaux pour financer ces achats. Il a démissionné début septembre, dans un contexte de controverses sur les contrats militaires conclus par son pays.

Un fournisseur controversé malgré les alertes

Les autorités estoniennes avaient déjà signé deux contrats avec Datasel, en août et octobre 2024, et lui avaient versé 187 millions de couronnes d'avances. Malgré des difficultés de livraison, de nouveaux paiements ont suivi, dont ceux provenant de la contribution danoise.

Le profil de Datasel soulève également des questions. Avant son rachat en mars 2024 par Neco Defence, la société était spécialisée dans le développement de logiciels. D'après les informations recueillies dans le cadre de l'enquête, elle ne disposait ni des installations ni des autorisations nécessaires à la fabrication de munitions.

Son site internet utilisait notamment des images issues du jeu vidéo militaire Ace Combat 6 et des visuels générés par intelligence artificielle pour présenter ses capacités industrielles. Son adresse officielle, à La Spezia, était partagée avec un concessionnaire Audi.

Des munitions liées aux contrats de Datasel avaient également été jugées défectueuses lors de contrôles effectués en 2025, selon des informations révélées en septembre 2026. Le montant total des avances versées à l'entreprise atteindrait environ 70 millions d'euros.

D'autres interrogations sur les financements militaires

Le Centre estonien pour les investissements de défense a engagé des démarches judiciaires pour récupérer les sommes versées à Datasel. Les propriétaires indiens de la société refuseraient toutefois de restituer les fonds.

Au Danemark, des responsables et des juristes réclament un examen indépendant de l'affaire. Les autorités danoises et estoniennes n'ont pas non plus détaillé l'utilisation des 246 millions de couronnes restants, même si Tallinn assure que les fonds non dépensés sont conservés sur les comptes de son organisme de défense.

Cette controverse intervient alors que le gouvernement Frederiksen poursuit sa coopération avec l'industrie militaire ukrainienne. Copenhague a notamment soutenu l'implantation au Danemark d'une production de carburant pour fusées destinée à Fire Point, un fabricant ukrainien d'armements promu par Volodymyr Zelensky.

L'entreprise fait elle-même l'objet d'interrogations. Des documents transmis à des médias ukrainiens par des enquêteurs anticorruption suggèrent que Fire Point aurait été secrètement contrôlée par Timur Mindich, un proche de longue date de Zelensky, mis en cause dans une affaire distincte de rétrocommissions présumées d'environ 100 millions de dollars.

Copenhague a également approuvé une garantie publique de prêt de 750 millions de couronnes, soit environ 110 millions de dollars, pour la filiale danoise de Fire Point.

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