Des poubelles pour bloquer le lycée Ampère, à Lyon, centre-est de la France, le 2 novembre 2026. AFP
La rentrée des vacances de la Toussaint s'ouvre sous tension : des lycées étaient de nouveau bloqués lundi à l'appel des organisations étudiantes et lycéennes qui veulent poursuivre le mouvement engagé depuis six semaines, malgré les concessions annoncées par le gouvernement français.
41 lycées sont bloqués ce lundi, selon le ministère de l'Éducation nationale. "On était ce matin sur quelques lycées perturbés, c'est a priori assez résiduel, quelques-uns en Île-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse", a affirmé sur France Inter le ministre de l'Éducation Édouard Geffray.
À Marseille, sept lycées étaient bloqués, sur les 75 établissements scolaires de la ville, d'après des lycéens militants.
Dans le centre de la cité phocéenne, l'entrée du lycée Montgrand était bloquée par plusieurs bennes à ordures empilées devant les grilles.
"On a repris le mouvement parce qu'on nous a soi-disant apporté des réponses, mais qui ne conviennent pas du tout, ce n'est clairement pas suffisant, ce n'est pas ce qu'on demande", a indiqué à l'AFP Meriem, 16 ans, juchée sur les bennes.
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé une série de mesures pour tenter de mettre fin au mouvement, né à la mi-septembre.
Les ministres de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur ont notamment promis le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028, l'annulation des suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.
Un "premier pas", mais insuffisant, pour les organisations de jeunesse qui ont toutes appelé à la poursuite de la mobilisation.
Le ministre de l'Enseignement supérieur était reçu lundi dans la matinée à Matignon et le Premier ministre Sébatien Lecornu s'est dit prêt à recevoir de nouveau les lycéens la semaine prochaine.
L'intersyndicale regroupant l'Union syndicale lycéenne (USL), l'Unef, la Fage et l'Union étudiante réclame un investissement de 10 milliards d'euros dans l'éducation et l'enseignement supérieur ainsi que l'abrogation de Parcoursup.
À Toulouse, au moins six établissements étaient bloqués. Devant le lycée Berthelot, les élèves ont remonté "les installations de blocage", pour empêcher d'accéder à l'établissement, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Ce n'est pas deux annonces du gouvernement qui seront périmées dans quelques mois qui vont arrêter le mouvement", a déclaré à l'AFP Anton, 17 ans.
Certains élèves commencent à afficher leurs inquiétudes.
"Franchement ça pourrait être bien de reprendre le rythme un petit peu", a notamment confié Ferdinand, élève en première à Lyon, qui s'alarme "d'un certain retard à rattraper avec des contrôles, des gros chapitres qui sont à refaire."
"Je soutiens le mouvement et les revendications mais là c'est chaud, ça fait un mois qu'on n'a pas eu cours", a également témoigné un élève de seconde, 14 ans, devant le lycée des Arènes à Toulouse, bloqué par une centaine de jeunes.
Les chefs d'établissement appréhendaient eux aussi la reprise : "personne ne sait à quoi s'attendre, tout le monde est un peu sur le qui-vive", confiait à la veille de la rentrée Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d'établissement ID-FO.
"On est inquiets. La profession a terminé sur les rotules juste avant les vacances", a également déclaré vendredi sur RMC Carole Zerbib, proviseure du lycée Vauquelin à Paris et membre du SNPDEN-Unsa.
"La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement", renchérit Coppélia Moreau membre d'Interfac Île-de-France, qui regroupe des étudiants d'assemblées générales d'universités.
Le collectif a prévu une nouvelle manifestation parisienne mardi, entre le Panthéon et le siège du Medef.