
Évocation de Guillaume Faye, partie II:
La Convergence des catastrophes
par Pierre-Emile Blairon

Guillaume Faye a édité en 2004 un livre intitulé La Convergence des catastrophes sous le pseudonyme de Guillaume Corvus aux éditions DIE ; ce livre fut traduit en anglais en 2012 par Christian Kopff et édité par Arktos.
Ce livre constitue l'un des piliers de la pensée de Guillaume Faye, au même titre que « l'archéofuturisme » ou « l'ethnomasochisme », expressions qu'il a inventées et qui sont entrées dans le langage courant.
Guillaume Faye a repris en partie, dans les toutes dernières pages de son essai, un texte que j'avais écrit dans la revue Roquefavour 1 que j'ai créée et animée de 1994 à 2003.
Je n'avais pas lu La Convergence des catastrophes ; Guillaume me faisait envoyer tous ses livres dès leur parution ; pas celui-ci ; l'article en question datait de février 2003, publié dans le n° 17 de la revue Roquefavour, une revue bien modeste, du nom de l'endroit où j'habitais à l'époque ; elle était sous-titrée : revue de spiritualité de tradition européenne ; je crois que Guillaume n'aurait pas aimé reprendre cette dénomination ne serait-ce que de l'écrire en souriant malicieusement ; il y avait au moins un mot qu'il aurait écorché : spiritualité. En vérité, Guillaume n'aimait rien de ce qui avait trait à l'ésotérisme 2.
Il était formé à la rationalité sévère du monde grec et à la robustesse romaine, pas à l'imaginaire celte et à ses univers fantastiques qui ne s'embarrassent pas de logique. D'ailleurs, ce libellé n'avait pas eu beaucoup de succès non plus dans les cercles grécistes attachés, certes, au « paganisme », mais un paganisme trop contenu, à mon sens, dans la sphère terrestre, humaine, trop humaine, le lignage, le sol et le sang, sans lien avec la transcendance du monde des dieux qu'ils préféraient se figurer dans un environnement domestique, plus familiers et moins effrayants que ceux qui évoluaient dans cette maison flamande du roman de Jean Ray, Malpertuis ; pourtant, ce monde fabuleux ou féérique aurait pu constituer déjà une voie vers ces univers inconnus et pourtant parallèles au nôtre.
La Convergence des Catastrophes, un focus tiré de L'Archéofuturisme
La Convergence des catastrophes est un ouvrage postérieur de six ans à L'Archéofuturisme ; il en constitue une sorte de zoom sur ce point précis sur lequel Guillaume Faye a souhaité revenir : toutes les anciennes sociétés traditionnelles savaient que les civilisations sont non seulement mortelles, mais aussi qu'elles vivent sur un mode cyclique, naissance-vie-mort, qui se traduit chez les Indo-Européens par le système des quatre âges 3 pour la perception du temps, et celui de la trifonctionnalité pour la perception de l'organisation de la société 4.
Et elles meurent toutes de la même façon : une conjonction, ou une convergence, de catastrophes, qui sont à la fois, et simultanément, provoquées par l'homme et par la nature ; le prototype de ces événements qui reviennent périodiquement (dans un laps de temps de plusieurs dizaines de milliers d'années quand même) est l'exemple légendaire de l'Atlantide, raconté par Platon, une île immense qui disparaît, engloutie par un fantastique tsunami, suivi d'un déluge, les Dieux ayant voulu punir une société policée qui retournait à la barbarie parce que les hommes dégénérés ont trahi les principes moraux qui l'avaient fondée. C'est Mircea Eliade, l'historien des religions, l'un des fondateurs et l'un des chercheurs les plus renommés de cette discipline, tout comme son collègue et contemporain Georges Dumézil, qui a consacré sa vie à cette étude.



Ce corpus de connaissances a été augmenté, toujours à la même époque, par deux métaphysiciens (la métaphysique, une branche d'origine aristotélicienne de la philosophie, étant celle qui cherche à comprendre ce qui existe au-delà des apparences sensibles), je veux parler de René Guénon et de Julius Evola 5, et il faut ajouter à ces pionniers l'inventeur lui-même du concept de Tradition primordiale, l'Indien Tilak, qui travaillait sur un plan plus concret à rechercher l'emplacement du continent hyperboréen sous les glaces de l'Arctique d'où est partie, sur toute la surface de la Terre, toute cette connaissance primordiale.
Dans L'Archéofuturisme, qui commence par l'évocation de La Convergence des catastrophes, Guillaume Faye définit ce qu'il entend par ce mot archéofuturisme, page 42 : « penser ensemble les avancées de la technoscience et le retour aux solutions traditionnelles de la nuit des temps. Tel est peut-être le vrai nom de la postmodernité, aussi éloignée du passéisme que du culte idiot de l' ʺactuelʺ. Rassembler selon la logique du ʺetʺ et non point du ʺouʺ la plus ancienne mémoire et l'âme faustienne car elles s'accordent. Le traditionalisme intelligent est le plus puissant des futurismes et inversement. Réconcilier Evola et Marinetti 6. C'est le concept deʺ modernitéʺ, né de l'idéologie des Lumières, qu'il faut assécher. Il ne faut pas associer les Anciens aux Modernes mais les anciens aux Futuristes. »
J'ai coutume de rappeler un vieux dicton russe à ce sujet qui résume parfaitement ce point de vue : le passé n'est pas un port, c'est un phare.
Refaire le monde en permanence
Guillaume, dont l'énergie était inépuisable, et dont le cerveau fonctionnait à la vitesse d'une I.A. (Intelligence artificielle) voulait, en permanence, refaire le monde en ignorant (volontairement) qu'il n'y a jamais rien de nouveau sous le Soleil, et que tout a déjà été inventé. Admettre cette évidence revenait, pour lui, à se taire.
Guillaume en profitera, lors de la rédaction de La Convergence des Catastrophes pour faire une mise à jour du concept initial : L'archéofuturisme.

La Convergence des Catastrophes nous apprend pour quelles raisons notre brillante civilisation européenne est en train de mourir et donne les remèdes qui permettraient de la faire repartir après l'inévitable chaos qui arrive à une vitesse grand V ; d'ailleurs, Guillaume avait fixé une date fatidique dès le début de son livre avec une acuité digne des plus grands visionnaires puisque, mort quelques mois avant, il ignorait tout du cataclysme qui allait bouleverser toutes les données dont disposait l'Humanité au début de l'année 2020 7 avec cette fausse pandémie et ces faux vaccins inventés par une engeance mondialiste qui a pris le pouvoir à cette époque et qui le conserve encore :
« Une série d'enchaînements dramaturgiques convergent vers un point fatidique, que j'estime au début du XXIe siècle entre 2010 et 2020, pour précipiter dans le chaos le monde que nous connaissons, avec l'ampleur d'un séisme civilisationnel. Les ʺlignes de catastrophesʺ concernent l'écologie, la démographie, l'économie, la religion, l'épidémiologie, et la géopolitique. »
Guillaume Faye, la fureur de vivre
Cet ouvrage est plein du bouillonnement qui était l'habituelle attitude de notre ami, excessif en tout, dans la débauche 8 comme dans l'exaltation du sublime, l'un et l'autre état étant considéré par lui comme inhérent à la vie. Guillaume Faye m'a toujours fait penser au personnage incarné par James Dean, mort à 24 ans dans un accident de voiture, éternel adolescent rebelle dont le film emblématique sorti en 1955 ne s'appelait pas par hasard La Fureur de vivre, un personnage devenu après sa mort une icône intemporelle.
C'est ce qui est en train de se produire avec la stature de Guillaume Faye, 7 ans après sa mort, déconsidéré et rejeté par ceux qui l'entouraient, du temps de son vivant, dans son microcosme parisien, et qui est maintenant adulé par ces jeunes gens issus de ces mêmes milieux, qui n'ont même pas conscience des outrages que leurs aînés lui ont fait subir.
Temps linéaire et temps cyclique
Guillaume ne m'a pas envoyé son livre parce qu'il commence par cette phrase : « Pour la première fois dans son histoire, l'humanité est menacée par une convergence des catastrophes. »
Désespérant. « Pour la première fois » ? J'ai passé les deux tiers de ma vie à essayer de faire comprendre à mes contemporains, avec un acharnement méthodique qui agaçait mes proches, la nécessité de prendre en compte la relativité du temps, mais aussi de l'espace, qui faisait notre condition humaine, que l'étalon de durée d'une vie humaine (soit, à l'heure actuelle en Europe, 85 ans) est une poussière dans l'immensité du temps, des milliards d'années, et qu'il était vraisemblable que des dizaines de civilisations, voire des centaines, semblables à la nôtre, aient pu se succéder. Que ce processus n'était rien que naturel puisqu'il s'inscrit dans l'histoire du cosmos qui est une histoire cyclique, comme tout processus naturel terrestre : hommes, plantes, animaux, saisons, nuits, jours, etc. vivent et meurent à ce même rythme cyclique. Et voilà que Guillaume m'assène cette phrase comme une bonne gifle d'entrée : « Pour la première fois dans son histoire, l'humanité est menacée par une convergence des catastrophes. »
Cette dernière phrase va à l'encontre de ce que les anciennes grandes civilisations, y compris les civilisations grecque et latine dont s'est nourri Guillaume, avaient compris : tout ce que nous vivons sur cette planète est de nature cyclique ; le temps n'est pas linéaire 9, comme le croient chacun des trois monothéismes qui adorent tous les trois le même Dieu avec quelques variantes.
Trois sectes qui ont « réussi », et qui ont donc obtenu le label « religion », issues toutes les trois de la même région et qui ont toutes les trois envahi et/ou dominé le monde.
- Pour les hébreux (qui seront ensuite Israélites et juifs) : un dieu jaloux créé par eux-mêmes au seul usage, et au seul bienfait, d'eux-mêmes.
- Pour les musulmans : un dieu guerrier adapté à l'époque où il était urgent de se doter de règles de vie commune (en ce qui concerne l'islam: dans les moindres détails, même les plus scabreux) nécessaires garde-fous pour des populations primitives qui n'en avaient aucune et de contenter ces dernières dont la seule raison de vivre était de s'approprier les biens et les femmes de la tribu voisine. Ces règles n'ont pas changé d'un iota depuis leur création pour les deux communautés sémites : juifs et arabes.
- Pour les chrétiens : chassés de Palestine à la fois par les juifs et les Romains, la secte s'est réfugiée en Europe et a si bien adapté ses dogmes aux populations païennes locales qu'elle a fini par les convertir donnant naissance à un pagano-christianisme à vocation universelle appelé catholicisme (universel : traduction du mot grec katholikós)

Retour vers le futur : uchronie
Je me demande encore pourquoi Guillaume a cru nécessaire d'écrire un deuxième livre sur le même sujet, La Convergences des Catastrophes après L'Archéofuturisme ; je me demande aussi pourquoi commencer un livre avec une affirmation qu'il va entièrement démolir à la fin du même livre.

Je disais en début d'article que la fin de La convergence des catastrophes est consacrée en partie à la reproduction de l'article que j'avais rédigé pour Roquefavour en février 2003 ; vous trouverez en annexe le texte repris par Guillaume 10 ; j'ai rêvé, en découvrant cette étrange conclusion qui vient en opposition à ce qu'il écrivait au début de son ouvrage, que si Guillaume Faye avait consenti à s'intéresser enfin à tout un pan de la connaissance humaine, celle que j'exposais à travers ses textes les plus anciens, rédigés par nos plus anciens géniteurs, cela aurait pu changer sa vision du monde.
Vous verrez que dans ce texte en annexe, Guillaume Faye adopte exactement toutes les conclusions et les prédictions de la Tradition qui s'est forgée au cours des millénaires de l'observation des astres et de la nature par nos anciens, aux antipodes, donc, des premières lignes de cet ouvrage ; je m'étonne qu'il ait eu besoin d'écrire ce livre mais aussi qu'il ait eu besoin de se donner un pseudonyme.
Nous verrons dans la partie III de cet article consacré à Guillaume Faye quelles furent les suites qu'il souhaitait donner à cette découverte, nouvelle pour lui, d'une aussi ancienne humanité, la nôtre, qu'il semblait considérer, de prime abord, détentrice d'une sage connaissance.
Annexe de l'article : Evocation de Guillaume Faye, partie II, La Convergence des Catastrophes, reprise des dernières pages de l'ouvrage : 215 à 218.
« Un des disciples de Daniélou et d'Eliade, Pierre-Émile Blairon (Je précise, je rectifie : je ne suis le disciple de personne, même si je reconnais que je dois ce que je sais, en partie, à des modèles, des exemples d'hommes, de femmes, d'écrivains illustres ou de simples amis, à qui je suis redevable, mais je n'ai pas de « maîtres » P.E.B.), dirigeant de la très sérieuse revue traditionaliste Roquefavour, doute de la vérité de l'histoire officielle et de son archéologie :

ʺAlain Daniélou reprend l'hypothèse de tous les spécialistes honnêtes des civilisations anciennes, à savoir qu'il est peu vraisemblable, depuis que l'homme habite notre planète, que doive être accréditée la thèse linéaire d'une humanité unique dont les archéologues, anthropologues, ethnologues, ne cessent de reculer la naissance sans en tirer les conséquences. À savoir que les thèses officielles, dans leur dogmatisme forcené, se refusent à admettre l'idée même que des dizaines, voire des centaines de civilisations, spirituellement ou techniquement aussi évoluées que la nôtre, aient pu apparaître et disparaître sans laisser de trace ou bien, lorsque ces traces existent, de refuser de les prendre en compteʺ (Roquefavour, février 2003)
Le même auteur estime que ʺla similitude des deux déclins, celui des Assours et le nôtre, est hallucinante. Aussi, pourrions-nous accorder quelques crédits aux prédictions des textes sanskrits qui concernent l'actuelle humanitéʺ.
Analysant le chapitre 42 du lingä pûranä, il pense que cette humanité actuelle périra, dans des temps assez proches, au cours d'une monstrueuse guerre généralisée qui ne sera que le point d'orgue de la convergence de toutes les catastrophes en cours, son leitmotiv final.
Cette catastrophe terminale sera en même temps une purification et le timide début d'une régénérescence, selon la loi des cycles.
Voici, en effet, ce qu'on lit dans ce fameux chapitre 40 (Vous trouverez l'intégralité de ce texte dans le livre de Guillaume, La Convergence des catastrophes, page 212 et suiv. et aussi dans le paragraphe intitulé : ʺLes prédictions des livres sacrés indousʺ de mon livre, La Roue et le sablier, Amazon, page77, NDLA) :
ʺDurant la période de crépuscule qui termine le Kali Yuga, le justicier viendra et tuera les méchants. Il sera né de la dynastie de la Lune. Son nom est ʺguerreʺ (Samiti). Il errera sur toute la Terre avec une vaste armée. Il détruira les Mlécchä [barbares de l'Occident] par milliers.
Il détruira les gens de basse caste qui se sont saisis du pouvoir royal et exterminera les faux philosophes, les criminels et les gens de sang-mêlé.
Ces textes sacrés hindous paraissent évidemment choquants à nos mentalités d'occidentaux. Pourtant, il n'est pas conséquent de les passer sous silence.
[...] Dans toutes les grandes religions qu'il s'agisse de l'islam, du christianisme, du bouddhisme, des cultes celtiques etc., cette idée, cette intuition diffuse de l'humanité allait se diriger vers un basculement global d'où renaîtrait un nouveau cycle pour l'espèce tout entière, ont toujours été présentes et prophétisées.
Ce temps, ce moment depuis si longtemps deviné, nous y sommes peut-être enfin arrivés au XXIe siècle.
À une décadence générale, à une tragédie, celles qui se profilent aujourd'hui et qui avait été annoncées depuis longtemps par ce que l'on pourrait appeler les voix de la ʺtraditionʺ se substituera autre chose qu'il est impossible encore de décrire.
Prévoir la nouvelle civilisation humaine et risquer et aléatoire ; mais ce qui est certain, c'est que la civilisation actuelle est sur la pente de la mort et que cette dernière prendra, avant le milieu du XXIe siècle la forme d'un cataclysme épouvantable.
Mon diagnostiqué est impitoyable. Mais à chaque mort succède une naissance, une réincarnation. »
Notes:
2 Il disait, lors de l'entretien qu'il avait accordé à Christopher Gérard, directeur de la revue Antaios, printemps 2001 : « Je n'ai jamais été attiré par les textes ésotériques, les élans mystiques, les recherches et les discours sur la symbolique. Pour moi, le Paganisme est d'abord poésie, esthétique, exaltation et intuition. En aucun cas théorie, chapelle ou instrumentalisation ».
Et aussi, dans ce même entretien : ʺLa spiritualitéʺ désincarnée m'a toujours semblé très ennuyeuse, tout simplement peut-être parce que je ne la comprends pas. D'Evola, je ne retiens que les passages sociologiques et politiques, mais l'ʺévolianismeʺ m'a toujours paru déplacé et les textes de Guénon (d'ailleurs converti à l'Islam) totalement abscons. »
3 Âge d'or, d'argent, de bronze et de fer, sur un mode décroissant, de la spiritualité à la matérialité, l'Âge d'Or incorruptible et solaire jusqu'à l'Âge de Fer, métal qui finit en rouille et se dissout, Âge dont nous vivons les derniers instants, pour ne pas dire les derniers soubresauts.
4 Concept plurimillénaire que j'ai développé dans mon ouvrage La Roue et le Sablier : la roue tourne autour du dieu impassible qui se tient dans le moyeu, immobile. Le Dieu fait tourner le monde autour de lui, les plus proches des humains étant ceux de la première fonction, les conducteurs, prêtres et rois, les gardiens de la spiritualité et des règles du monde. Les plus éloignés sont près du sol, le cercle de fer en contact direct avec la matérialité du sol, ce qui créée quelquefois des étincelles. ; c'est le lieu de la troisième fonction, les producteurs, les travailleurs, ceux qui travaillent aux fonctions de base : nourrir, loger, habiller le peuple, paysans, artisans s'attellent à cette tâche ; la troisième fonction, celle qui réside au centre du sablier, au plus étroit du goulet d'étranglement : la fonction protectrice, la police et l'armée restent toujours dans ce goulet, au service de la fonction qui est au-dessus ; en effet, en fin de cycle, le sablier est retourné, la troisième fonction (matérialité, argent, économie) prend le pouvoir, et la fonction sacerdotale et royale se retrouve en bas, inopérante. Ainsi énoncé et vécu le concept de trifonctionnalité des Indo-Européens, révélé par Georges Dumézil.
5 Encore que Guénon n'aurait pas accepté d'être considéré comme un philosophe ; Guénon ne se considérait pas comme un chercheur qui "pense" ou qui invente des théories (un philosophe), mais comme un métaphysicien dont le rôle est de transmettre des vérités immuables déjà contenues dans les doctrines traditionnelles sacrées ; selon Guénon, « Il ne faut jamais oublier que la philosophie n'est qu'une connaissance purement humaine ou rationnelle, comme l'est tout "savoir profane". Au contraire, c'est sur la connaissance supra-rationnelle que se fonde essentiellement la "science sacrée", au sens où nous employons cette expression dans nos écrits. »

6 Marinetti (1876-1944) était le fondateur d'un mouvement artistique qu'il appellera « futurisme ». Il glorifiait la technique, la vitesse, la machine et l'industrie en déclamant qu'une « automobile rugissante est plus belle que la Victoire de Samothrace ». Tout Guillaume ! lui-même subjugué par les trains à grande vitesse : ceci me rappelle l'univers de Blade runner, le chef d'œuvre de la S.F. de Philip. K. Dick, dont Guillaume disait qu'il était « un immense auteur, ouvertement païen » ; tout ceci est du transhumanisme à l'état pur un siècle avant ! Et le jeune baron dandy mais néanmoins rebelle Julius Evola, ne manquera pas de succomber aux charmes de cette sirène « rugissante » métallique, bruyante et polluante ; il se fâchera ensuite avec Marinetti pour rejoindre à l'époque un autre mouvement sulfureux anti-bourgeois, le dadaïsme qui lui-même engendrera le surréalisme. On comprend donc le rapprochement que Faye avait effectué entre l'archéo-, représenté par la Tradition, et le futurisme ; Evola faisait le lien entre les deux.
7 Voir mon livre : 2020, Le Grand Bouleversement, Amazon, 2026. Guillaume Faye est mort un an avant d'avoir pu vérifier ses prédictions.
8 Il disait : « Je suis pour les partouzes, les fêtes, les plaisirs dionysiaques, mais subordonnés à l'ordo societatis, articulés par lui. [...] Plus l'ordre social est puissant, plus le principe de plaisir, l'orgiasme, peuvent se déployer sous son ombre sans nuire à la cohésion de la société. »
9 Ce concept artificiel de linéarité (qui n'existe pas dans la nature) est aberrant mais il arrange bien les créateurs des monothéismes puisqu'il a engendré celui de l'évolutionnisme et celui du progressisme, du même acabit, qui ont constitué des paliers importants dans la décadence des nations européennes dont nous en subissons les conséquences de plein fouet.