
Andrea Marcigliano
Source: electomagazine.it
On en parle, et énormément, sur les réseaux sociaux, mais presque pas dans les grands médias. Ceux qui, désormais, semblent réduits à de simples caisses de résonance de la Voix de leurs maîtres.
L'histoire, à vrai dire, est simple. Et extrêmement claire.
Donald Tusk, Premier ministre polonais, a tenté un coup d'État. En cherchant à imposer, par la force, une nouvelle présidente du Tribunal constitutionnel. En occupant, avec la police à son service, les centres du pouvoir à Varsovie.
Le président polonais, Karol Nawrocki, qui effectuait un voyage diplomatique en Afrique, a brusquement fait demi-tour.

Et, en quelques heures, il a rétabli l'ordre constitutionnel. En chassant la nouvelle présidente du Tribunal, improvisée et imprudente.
Et en rétablissant, de fait, la légalité dans le pays, grâce aussi à la mobilisation populaire contre le coup d'État de Tusk.
Honte et déception pour Bruxelles, l'OTAN et certains gouvernements européens dont Tusk est le favori.
Qui voulaient ce coup d'État, l'appelaient de leurs vœux et l'ont favorisé.
Car même un aveugle verrait que le coup d'État de Tusk était voulu et piloté par des centres de pouvoir bien éloignés de Varsovie.
Or, il est évident que le silence embarrassé de l'Occident a une origine bien précise.
Quelles que soient les contorsions intellectualistes auxquelles on puisse se livrer, les acrobaties intellectuelles et les circonlocutions alambiquées, cette fois, il est tout simplement impossible de rejeter la faute sur le Croquemitaine. Sur Vladimir Poutine.
Car les Polonais n'aiment pas les Russes. Bien au contraire, ils nourrissent depuis toujours un nationalisme farouche essentiellement dirigé contre Moscou.
La nostalgie d'un passé assez lointain où la Pologne dominait, comme le rappelle Tarass Boulba.
Et, surtout, une rancœur mûrie et trempée au fil de nombreuses décennies de sujétion forcée.
Seulement, ne pas aimer la Russie est une chose. Aller inutilement au massacre pour servir les intérêts des centres de spéculation internationaux en est une tout autre.
C'est ce que Tusk aurait voulu faire après le coup d'État.
À présent, naturellement, la situation est bloquée. Le retour résolu et décisif de Nawrocki a fait échouer le coup d'État. Et rétabli, au moins en partie, la légalité.

Cependant, Tusk reste retranché dans son pouvoir. Et bénéficie du soutien de l'UE et de l'OTAN.
Cela pourrait facilement conduire à un affrontement violent, qui ne serait pas seulement institutionnel. À une véritable guerre civile.
Une chose est toutefois certaine.
La Pologne est hors jeu. Et elle le restera un bon moment.
Le Tsar, de loin, en rit probablement.
L'une de ses "prophéties" est en train de se réaliser.
La Russie n'a rien besoin de faire. La coalition "européenne" ne tardera pas à voler en éclats toute seule.