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🇺🇸 04/11/2026 les-crises.fr  5min ⁑️ 8 #332147

L'Ice « fait disparaître » des milliers de personnes devant être expulsées du système de localisation des détenus

Cela pourrait rendre "pratiquement impossible" pour certaines personnes de contester leur décision d'expulsion, a déclaré un avocat.

Source :  Sharon Zhang, Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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La silhouette d'un détenu se dessine à une fenêtre tandis que des manifestants se rassemblent devant le centre fédéral d'immigration de Delaney Hall, où l'ICE héberge des immigrés placés en détention, le 8 juin 2026, à Newark, dans le New Jersey. Spencer Platt / Getty Images

L'Immigration and Customs Enforcement (ICE) supprime de sa base de données publique en ligne les noms des détenus faisant l'objet d'une décision définitive d'expulsion. Cette mesure va entraver les recours juridiques des détenus contre leur expulsion et empêcher leurs avocats et leurs proches de connaître leur lieu de détention.

L'agence a discrètement retiré des milliers de personnes de son service de localisation en ligne des détenus le 15 septembre, rapporte l'Associated Press. Certains centres de détention ne seront pas concernés par cette nouvelle directive si des juges ont statué qu'ils étaient tenus de répertorier les détenus présents dans leurs locaux.

Le nombre exact de noms supprimés n'est pas connu, mais les juges ont émis plus de 740 000 ordonnances d'expulsion et de départ volontaire cette année, tandis que des rapports ont révélé que l'ICE avait arrêté près de 16 000 personnes en juillet faisaint l'objet d'ordonnances d'expulsion définitives. Des experts et des défenseurs des droits ont critiqué cette pratique, qualifiant celle-ci de "disparition" numérique des immigrés, et affirmant qu'il s'agissait là d'une nouvelle atteinte aux droits à une procédure régulière.

L'agence a également adopté une nouvelle politique interdisant aux agents de l'immigration de communiquer les lieux de détention de ces personnes, ont déclaré deux anciens responsables du ministère de la Sécurité intérieure au Washington Post.

Cette politique consistant à dissimuler les lieux de détention rendra beaucoup plus difficile, voire "pratiquement impossible", pour de nombreuses personnes de contester leur expulsion, ont déclaré des experts juridiques, alors que l'agence s'empresse d'atteindre ses quotas dans le cadre de sa campagne d'expulsion massive.

My Khanh Ngo, avocate principale à l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), a déclaré à l'Associated Press que huit Somaliens, ses clients, détenus au centre de détention américain de Guantanamo Bay, figuraient parmi ceux dont les noms avaient été retirés. Elle a ajouté qu'une telle mesure risquait de rendre "pratiquement impossible" la contestation de nombreuses procédures d'expulsion.

"Si vous ne pouvez pas retrouver votre client, si vous ne savez pas ce qu'il est devenu, vous ne pouvez pas transmettre ces informations au tribunal pour empêcher son expulsion" a déclaré Mme Ngo.

"Les familles sont en proie à la panique car elles pensent que la personne a été expulsée et elles ne savent pas où elle pourrait se trouver" a déclaré Greg Chen, directeur principal des relations gouvernementales de l'Association américaine des avocats spécialisés en droit de l'immigration, selon l'Associated Press. "Du point de vue des avocats, cela a de graves répercussions sur leur capacité à contacter leurs clients. Cela aura certainement des conséquences sur la relation avocat-client."

L'ICE a déjà fait l'objet d'une surveillance étroite concernant ses pratiques consistant à transférer discrètement des détenus vers différents centres sans informer les familles, ce qui les plonge souvent dans la terreur lorsqu'elles découvrent que leur proche a été déplacé à des milliers de kilomètres de là.

Au cours de l'année écoulée, l'administration Trump a renvoyé plus de 25 000 personnes vers des pays avec lesquels elles n'avaient aucun lien préalable, selon Refugees International. Sous la direction de Stephen Miller, chef de cabinet adjoint à la Maison Blanche, l'administration Trump a transformé un ancien bureau chargé des réfugiés au sein du Département d'État en "Bureau de la remigration", qui a autorisé ou engagé 410 millions de dollars dans le cadre d'accords avec 31 pays, principalement en Afrique et en Amérique latine.

La nouvelle de ces suppressions dans la base de données intervient quelques jours seulement après qu'un agent de l'ICE a tiré et blessé un Vénézuélien, Wilber Garcés Pérez, à Austin ce week-end. L'ICE aurait transféré W. Garcés d'un hôpital local vers un centre de détention contre l'avis des médecins, ces derniers n'ayant pas retiré la balle de son corps car elle est trop proche de sa colonne vertébrale. Malgré cela, un juge a ordonné que ce livreur de DoorDash, âgé de 28 ans, se présente en personne à une audience d'expulsion le 30 septembre.

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Sharon Zhang est rédactrice à Truthout et ses sujets de prédilection sont la politique, le climat et l'emploi. Avant de rejoindre Truthout, Sharon a écrit des articles pour Pacific Standard, The New Republic, etc. Elle est titulaire d'un master en études environnementales. On peut la suivre sur Twitter et Bluesky

Source :  Sharon Zhang, Truthout, 22-09-2026

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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