
par J. Matson Heininger
Tout dépend de Trump et de Netanyahou : la paix ou la folie Qu'est-ce qui l'emportera ?
Nima évoque des négociations qui laissent entrevoir une lueur d'espoir face au chaos au Moyen-Orient. Des négociations sont en cours : Trump se joindra-t-il à Netanyahou pour relancer la guerre, ou bien JD Vance et son entourage - aux côtés des alliés arabes des États-Unis - parviendront-ils à s'imposer pour répondre aux exigences de l'Iran ? Le sort semble, pour l'instant, pencher du bon côté. Tout repose sur Trump et Netanyahou. Sans oublier le poids du lobby israélien, qui pousse à la guerre !
Réflexions complémentaires et la fable du roi fou
La question n'est plus de savoir si Trump souhaite la paix. Il s'agit plutôt de déterminer qui sera en mesure de raconter l'histoire de cette guerre une fois qu'elle aura pris fin. Netanyahou, dont la survie politique est incertaine, a insisté auprès de Trump - lors d'un échange téléphonique tendu samedi - pour que les frappes reprennent dès la fin des élections de mi-mandat. Selon la plupart des sources, Trump souhaitait, quant à lui, accorder davantage de temps à la diplomatie.
Parallèlement, JD Vance a emprunté une autre voie : il a écrit à un partisan de la ligne dure à Téhéran et a sollicité des médiateurs qataris - ainsi que d'autres acteurs du Golfe - pour proposer la réouverture du détroit d'Ormuz en échange de la levée du blocus.
J'ignore si Israël, ou son lobby, détient un quelconque moyen de pression sur Trump.
Cela fait un an que l'on évoque l'existence d'un tel levier, sans que personne n'en ait jamais apporté la preuve.
Je n'ai pas besoin de cette hypothèse pour expliquer ce dont je suis témoin : Trump temporise, négocie et menace ; Netanyahou fait pression. Quant à Vance, avec en ligne de mire l'échéance de 2028 - et sachant que deux tiers des Américains souhaitent la fin du conflit -, il a tout intérêt à être celui qui y met un terme.
S'il y parvient, je m'attends à ce que l'événement soit narré sous la forme d'une vieille fable : Trump était un souverain sensé, jusqu'à ce que de mauvais conseillers et une influence étrangère ne viennent troubler son jugement. Son fidèle serviteur est alors intervenu pour le ramener à la raison avant qu'il ne soit trop tard. Trump conserve l'affection de sa base, Vance s'attribue le mérite, et l'histoire retient un récit bien ficelé - peut-être inexact, mais assurément commode. Les deux prochaines semaines nous diront si cette fable sera racontée, ou si la guerre reprendra.
La fable du roi fou
Il était une fois...
Un roi régnait sur un pays prospère, situé au bord d'une vaste mer. Il était fort, vaniteux et très apprécié. Son peuple disait que lui seul pouvait tenir les loups à distance.
Un prince voisin, tombé en disgrâce auprès de son propre peuple, fréquentait assidûment la cour. Il flattait le roi et lui racontait que des ennemis se massaient de l'autre côté de la mer. Le roi écoutait. Certains prétendent que le prince détenait un secret honteux sur le passé du roi ; d'autres affirment que le roi aimait simplement s'entendre dire qu'il inspirait la crainte. Nul ne pouvait confirmer l'une ou l'autre version.
Un hiver, le roi envoya son armée par-delà les eaux. Les loups, eux, ne prirent pas la fuite. La guerre engloutit les réserves de grain, vida les ports et peupla les villages de veuves. Le peuple se fit silencieux, puis la colère monta. Le roi, incapable de supporter le blâme, se mit en quête d'un bouc émissaire.
Le jeune intendant du roi observait tout cela. Fin et ambitieux, il ne tenait pas à ce que l'on se souvienne de lui comme de l'intendant d'un royaume en ruine. Il fit parvenir, en toute discrétion, un message au vieux conseiller de l'ennemi, proposant d'ouvrir des pourparlers. Apprenant cela, le prince incita le roi à incendier les villes portuaires, une fois la fête des récoltes achevée.
Le roi hésita, comme tout souverain confronté au choix entre son orgueil et la famine de son peuple. L'intendant se pencha vers lui et murmura : "Majesté, cette guerre n'était pas faite pour vous. On vous a égaré ; je vous aiderai à en sortir".
Le roi, qui par-dessus tout aimait passer pour un homme sage, accepta. La guerre prit fin. Le peuple chanta les louanges du roi, revenu à la raison, et de l'intendant, qui l'avait soutenu. Le prince étranger fut tenu pour seul responsable de tous les maux.
Dans les chroniques du pays, le roi est dépeint comme un bon souverain qui, le temps d'un hiver, perdit la raison avant de la retrouver. L'intendant, quant à lui, devint roi à son tour.
Les veuves, elles, en gardaient un tout autre souvenir ; mais les chroniqueurs ne prirent pas la peine de les interroger.
source : J. Matson Heininger via Marie Claire Tellier