France : grève générale le 5 novembre après trois samedis de manifestations

France : un « mannequin géant » à l'effigie d'un Crs brûlé à Strasbourg, Nuñez demande que la justice soit saisie

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Une effigie géante représentant un CRS a été incendiée à Strasbourg lors des manifestations du 5 novembre, rassemblant jusqu'à 1,6 million de personnes à travers la France. Laurent Nuñez a demandé au préfet de saisir la justice à ce sujet.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un mannequin en carton de grande taille, portant la mention "CRS SS" sur la poitrine, s'effondrer dans les flammes sous les acclamations de la foule. Certains manifestants scandent également "ACAB", acronyme de l'expression anglaise "All Cops Are Bastards" ("Tous les flics sont des bâtards" en français).

La scène a suscité une vive réaction du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a fermement condamné l'incendie et demandé au préfet du Bas-Rhin de saisir la justice sur le fondement de l'article 40 du Code de procédure pénale.

Le préfet, Amaury de Saint-Quentin, a également condamné "avec la plus grande fermeté" cet acte, annonçant un signalement à la justice au titre du même article.

Cet incident intervient après plusieurs semaines de tensions entre les manifestants et les forces de l'ordre. Celles-ci ont notamment été déployées pour répondre à la colère lycéenne puis pour disperser les cortèges contre la vie chère.

De son côté, le syndicat Alliance Police nationale a réagi sur X, affirmant que "la haine antiflic n'a plus aucune limite" et dénonçant "une mise en scène de la haine et de la violence contre ceux qui portent l'uniforme".

Ces réactions interviennent alors que les méthodes de maintien de l'ordre employées par les forces de sécurité françaises sont vivement contestées.

Depuis plusieurs semaines, des lycéens manifestent pour réclamer davantage de moyens humains et matériels, dénonçant notamment l'insalubrité de leurs établissements, la surcharge des classes et le manque de personnel. Plusieurs rassemblements ont été marqués par l'utilisation de gaz lacrymogènes et de canons à eau, des méthodes que les forces de l'ordre français utilisent pour réprimer les manifestants. Comme exemple, un photographe a été blessé par une grenade policière, le 17 octobre et un adolescent de 17 ans a ainsi perdu sa main droite à la suite de l'explosion d'une grenade lancée par les forces de l'ordre.

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Les experts des Nations Unies chargés des droits de l'homme ont récemment condamné les tactiques employées par les forces de sécurité françaises pour encadrer les mobilisations étudiantes. Dans une déclaration commune, ils ont qualifié d'"inacceptable" le recours à la violence policière et dénoncé le caractère disproportionné des arrestations et des détentions, qui ont concerné plusieurs milliers de personnes, principalement des mineurs.

 Les experts de l'ONU dénoncent la répression des mouvements étudiants en France, qualifiant l'usage de la force et les interpellations massives de "disproportionnés".

Les experts ont exhorté les autorités françaises à procéder à un examen approfondi de leurs stratégies et pratiques en matière de maintien de l'ordre, afin de permettre aux manifestants d'exprimer leurs préoccupations.

L'utilisation d'effigies brûlées ou malmenées pour dénoncer le pouvoir n'est toutefois pas une pratique nouvelle en France. Comme le rappelle Le Parisien, elle s'inscrit notamment dans une tradition héritée des carnavals médiévaux, au cours desquels des mannequins étaient brûlés pour symboliser la fin d'un cycle. Au fil du temps, ces représentations ont également pris une dimension politique, devenant un moyen de tourner en dérision les dirigeants et d'exprimer la contestation.

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