Une source iranienne de haut rang, proche des milieux politiques et sécuritaires, a démenti les informations relayées par les médias occidentaux au sujet de la rencontre qui s'est tenue jeudi à Moscou entre le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien (CSSN), le général de division Mohsen Rezaï et le président russe Vladimir Poutine. Téhéran ne s'engagera dans aucun processus diplomatique tant que ses sept conditions n'auront pas été intégralement et simultanément remplies.
Toutes les informations selon lesquelles le général Rezaï aurait présenté une nouvelle initiative politique à Vladimir Poutine sont "totalement inventées", a affirmé la source soulignant que l'essentiel des discussions entre les deux hommes avait porté sur la fin de la guerre d'agression.
Au cours de cet entretien, le général Rezaï a clairement indiqué que la République islamique d'Iran ne rouvrirait pas le détroit d'Ormuz tant que les sept conditions ne seraient pas satisfaites.
Cette position s'inscrit dans le droit fil des déclarations publiques du général Rezaï, qui a à maintes reprises répété que les réponses apportées par les États-Unis aux exigences de l'Iran n'avaient pas été convaincantes et que par conséquent, le passage stratégique d'Ormuz demeurera donc fermé tant que Washington n'aura pas explicitement accepté ces conditions et pris des mesures pour y donner suite.
Cette clarification intervient après que le général Rezaï, en sa qualité de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien et de représentant du Leader, a remis au président Poutine, lors d'une rencontre au Kremlin, un message de l'Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, Leader de la Révolution islamique.
À l'issue de cette réunion de plus de trois heures, le général Rezaï a souligné que l'Ayatollah Khamenei avait souhaité que ce message soit transmis dans les plus brefs délais.
Les deux parties ont discuté des relations stratégiques bilatérales, des développements régionaux et internationaux au lendemain de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, du soutien de Moscou à la cessation de l'agression ainsi que des projets visant à élargir la coopération dans les domaines de l'énergie et du transit, notamment à travers la construction de gazoducs reliant la Russie à l'Iran.
De son côté, Vladimir Poutine a adressé ses salutations chaleureuses et sincères au Leader et condamné les bombardements des installations nucléaires pacifiques de l'Iran, qualifiant cette guerre d'injuste. Le président russe a réaffirmé la détermination de Moscou à approfondir ses relations avec Téhéran et s'est engagé à apporter toute l'aide possible pour mettre fin à l'agression.
Une partie importante des discussions a été consacrée aux derniers développements en Asie de l'Ouest et dans le golfe Persique, à l'architecture de la sécurité régionale après la guerre ainsi qu'à la mise en œuvre des principaux accords prévus dans le cadre du traité de partenariat stratégique global de vingt ans.
Les échanges ont également porté sur le corridor de transport international Nord-Sud, susceptible de transformer les équilibres du transit, de renforcer l'influence et la puissance de l'Iran pour en faire un hub gazier régional. Ce qui permettra au pays de répondre à ses besoins intérieurs tout en assurant la distribution du gaz russe vers les marchés voisins.
Cette rencontre, qui faisait suite à un entretien téléphonique entre les deux hauts responsables tenu plus tôt dans la semaine, a mis en évidence l'importance du renforcement des liens stratégiques entre Téhéran et Moscou, dans le but de favoriser la stabilité régionale et de faire contrepoids à l'unilatéralisme.
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Le général Rezaï était accompagné du secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Bagheri Kani, et de l'ambassadeur d'Iran en Russie, Kazem Jalali. Le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov et le chef de la Direction principale du renseignement du ministère russe de la Défense ont également pris part à la réunion, aux côtés de Vladimir Poutine.
L'Iran a constamment affirmé que ses sept conditions constituent l'unique base de tout engagement futur. Parmi celles-ci figurent notamment la cessation totale des hostilités sur tous les fronts, le dégel des avoirs iraniens, la levée du blocus naval illégal, la levée des sanctions, la reconnaissance des droits nucléaires légitimes de l'Iran ainsi que l'indemnisation des dommages causés par l'agression. Téhéran a clairement fait savoir que toute réponse partielle ou peu convaincante de la part de Washington serait insuffisante.
Téhéran a ainsi rejeté les informations relayées par les médias occidentaux laissant entendre que la position iranienne aurait évolué ou que de nouvelles propositions auraient été présentées à Moscou.
La République islamique d'Iran souligne toujours que le détroit d'Ormuz restera sous son contrôle strict et qu'aucun processus diplomatique ne pourra progresser tant que les sept conditions ne seront pas intégralement et simultanément remplies.
