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⚔️ 06/11/2026 reseauinternational.net  4min ⁎️ 2 #332439

Hq-9b : Pékin mise sur une nouvelle génération de défense antimissile

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par Paolo Hamidouche

Voilà pourquoi l'essai du HQ-9B consolide la place de la Chine parmi les principales puissances mondiales dans le domaine de la défense aérienne.

Des sources chinoises ont rapporté, lundi dernier, que le système de missiles sol-air chinois HQ-9B a été testé avec succès par le bataillon de missiles "Shenwei" des forces aériennes de l'Armée populaire de libération, en interceptant deux nouveaux types de cibles.

Le HQ-9B (Hongqi-9B) constitue le modèle le plus avancé technologiquement au sein de la famille de systèmes de missiles à longue portée HQ-9. Développé de manière autonome sur la base d'une évolution "sinisée" du système russe S-300, ses intercepteurs peuvent atteindre des vitesses supérieures à Mach 4 (environ 5000 km/h), avec une portée opérationnelle maximale de 260 km contre des cibles aériennes et allant jusqu'à 100 km contre des cibles balistiques.

Les informations disponibles ne précisent pas la nature des cibles utilisées lors de cet essai, et ne permettent pas de déterminer si elles simulaient des missiles balistiques opérationnels, des têtes dotées de capacités de manœuvre (MARV), des missiles de croisière ou d'autres types de menaces. Toutefois, l'essai - mené contre au moins une cible capable de manœuvrer - n'est pas passé inaperçu.

Comme l'ont souligné des analystes militaires, si l'interception de missiles balistiques conventionnels constitue déjà, en soi, une opération techniquement complexe - en raison de la grande vitesse des têtes et du temps très limité disponible pour les phases de détection, de poursuite et d'engagement -, la capacité de manœuvre des cibles ajoute une difficulté supplémentaire. Elle rend en effet leur profil de vol moins prévisible et peut réduire l'efficacité des solutions d'interception fondées sur les modèles classiques de calcul des trajectoires balistiques. Selon les déclarations de l'officier Hu Yang, le système serait doté de capacités d'interception permettant de contrer des menaces aériennes et balistiques - y compris de type hypersonique - ainsi que des essaims de drones.

Conçu pour protéger des infrastructures militaires et civiles de haute valeur stratégique contre un large éventail de menaces aériennes, le HQ-9B demeure un système destiné au marché intérieur chinois ; contrairement au HQ-9, qui a servi de base au développement de versions destinées à l'exportation, telles que le FD-2000B.

Comment évolue l'écart technologique entre les systèmes de défense antimissile chinois et occidentaux ?

D'après l'expert militaire Zhang Xuefeng, qui s'est exprimé sur la chaîne de télévision CCTV, les systèmes de défense antiaérienne basés au sol développés par la Chine se classeraient désormais parmi les plus avancés au monde.

Certes, les données issues des essais ne suffisent pas à garantir des performances opérationnelles équivalentes en situation de combat réel. Toutefois, cet essai chinois intervient à une période particulièrement critique pour les capacités d'interception de missiles des États-Unis, tant sur le plan qualitatif que quantitatif.

Selon une étude de Polygraph, entre octobre 2023 et septembre 2026, les États-Unis auraient tiré davantage d'intercepteurs pour défendre Israël qu'Israël lui-même, avec une proportion estimée à 1,5 à 2 intercepteurs pour chaque missile tiré par Israël. Plus précisément, sur les quelque 609 intercepteurs que les États-Unis auraient utilisés pour défendre le territoire israélien, 31% étaient des missiles SM-3, 62% des missiles THAAD, 7% des missiles SM-6/2, et moins de 1% des missiles Patriot.

En somme, un bilan qui pèse sur les capacités opérationnelles dans la région ainsi que sur le déploiement des systèmes de défense aérienne américains à travers le monde. Si elle est confirmée, l'interception par le système HQ-9B de cibles dotées de nouvelles caractéristiques de vol témoignerait d'une évolution des capacités chinoises en matière de lutte contre les menaces aériennes et balistiques.

Ce projet s'inscrit dans un programme plus vaste, mené par Pékin, visant à développer une architecture de défense aérienne et antimissile intégrée et multicouche. Plus récemment, de nouveaux systèmes de haut niveau, spécifiquement conçus pour contrer les menaces balistiques, sont entrés en service ; parmi eux figurent notamment le HQ-19 et le HQ-29. Ce dernier constituerait, en dehors de la Russie, le seul système de défense antimissile balistique mobile sur route capable d'intercepter des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM).

Bien qu'il ne soit pas actuellement destiné à l'exportation, le HQ-9B pourrait, à l'avenir, s'imposer comme un concurrent du S-400 russe, avec des répercussions potentielles sur les architectures de sécurité régionales ainsi que sur les relations actuelles de dépendance technologique et militaire.

source :  Paolo Hamidouche

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