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Pour réduire ses dépenses, la Commission européenne a vendu 23 immeubles à Bruxelles pour 900 millions d'euros. Mais elle continue d'en occuper une partie, pour plus de 305 millions. La Cour des comptes européenne a aussi relevé des problèmes dans la vente, désormais examinée par le Parquet européen.
La Commission européenne voulait faire des économies sur ses bureaux à Bruxelles. En avril 2024, elle a vendu 23 immeubles à une société publique belge pour 900 millions d'euros. Elle n'a pourtant pas quitté tous les bâtiments. Pour continuer à y travailler, elle doit payer des sommes considérables, comme le montrent ses propres documents budgétaires.
305 millions pour occuper ses anciens bureaux
La Commission a obtenu le droit de rester temporairement dans 17 bâtiments vendus. Cet accord lui coûte 255 millions d'euros, payables en trois fois. Mais le départ de plusieurs services a pris du retard. Sept immeubles doivent encore être utilisés après la période initialement prévue.
Son projet de budget pour 2027 prévoit ainsi 24,59 millions d'euros supplémentaires. Un syndicat du personnel, Renouveau & Démocratie, chiffre le surcoût de 2028 à 25,62 millions. Au total, la Commission devrait dépenser plus de 305 millions d'euros pour occuper des locaux dont elle n'est plus propriétaire.
L'argent encaissé lors de la vente doit aussi servir à payer ces frais, à rembourser certaines dettes et à financer d'autres sites. Les 900 millions d'euros ne constituent donc pas une économie nette.
Une vente critiquée par les auditeurs européens
La Cour des comptes européenne a examiné la transaction. Un seul acheteur s'est présenté. Il avait même transmis une première proposition avant le lancement de l'appel d'offres.
La Commission exigeait une garantie bancaire de 80 millions d'euros valable six mois. L'acheteur n'en a présenté une que pour deux mois, et son offre a tout de même été retenue. Les auditeurs écrivent : "Nous avons constaté que la garantie n'était pas conforme aux exigences d'origine énoncées dans l'appel à candidatures."
La Cour relève aussi que tous les membres du comité chargé d'examiner l'offre dépendaient du même supérieur hiérarchique. Elle a demandé à la Commission de revoir cette organisation. En février 2026, des perquisitions ont eu lieu dans le cadre d'une enquête du Parquet européen sur la vente.
Le personnel conteste le déménagement
La Commission souhaite transférer une partie de ses équipes près de la gare du Nord, à Bruxelles. Le syndicat Renouveau & Démocratie dénonce les risques pour la sécurité des agents et réclame des explications sur les économies annoncées.
Son président Cristiano Sebastiani a interpellé le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin. Il demande si l'acheteur pourrait finir par récupérer son prix d'achat grâce aux paiements de la Commission. Il ajoute : "Il est essentiel d'exclure sans équivoque cette possibilité, car un tel scénario serait manifestement inacceptable."