📚 06/11/2026 voltairenet.org  5min ⁑️ 12 #332473

La diplomatie chinoise fait irruption dans le golfe Persique : une médiation entre les États-Unis et l'Iran, 14 jours avant le sommet de Shenzhen

par Alfredo Jalife-Rahme

La Chine s'invite dans le conflit du golfe persique au moment où l'administration Trump est tiraillée entre les partisans d'un bombardement atomique de l'Iran et ceux qui entendent relancer les négociations. Or, la Chine est un partenaire millénaire de la Perse et ne serait laisser le pire survenir.

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La diplomatie chinoise s'impose dans le golfe Persique 14 jours avant le sommet tripartite transcendantal Xi/Poutine/Trump à Shenzhen.

La veille des élections de mi-mandat cruciales aux États-Unis, Al-Mayadeen, proche du groupe de guérilla chiite libanais Hezbollah et de l'Iran, titre que "la Chine rejoint l'initiative d'Oman pour relancer les pourparlers entre l'Iran et les États-Unis avec des garanties" et sous-titre : "Une délégation iranienne a participé à des pourparlers à Beijing sur la médiation proposée par Oman entre les États-Unis et l'Iran, soutenue par des garanties chinoises [1]".

L'article ajoute qu'"Oman relance un canal de communication états-uno-iranien avec des garanties chinoises", tandis que "l'Iran rencontre les ministres des Affaires étrangères de la Chine et d'Oman pour des pourparlers à huis clos."

Al-Mayadeen souligne que "Xi met en garde contre la transformation de la péninsule Persique en échiquier des superpuissances", ce que certains annonçaient "lorsque le sultan Haitham ben Tariq al-Said est arrivé à Beijing le 1er novembre pour une visite de deux jours, la première d'un chef d'État omanais depuis l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays en 1978".

La question de la souveraineté iranienne sur le détroit d'Ormuz est devenue une constante de la diplomatie perse dans ses pourparlers avec la Chine et la Russie.

Dans le même ordre d'idées, Al-Mayadeen souligne que "dans les négociations avec la Chine, l'Iran exclut toute concession de souveraineté aux États-Unis [2]".

Pour sa part, le journal qatari Al-Jazeera titre que "la Chine intensifie sa diplomatie au Moyen-Orient par des réunions en Iran et à Oman" et ajoute que "Beijing encourage un dialogue autour de l'éventualité d'une nouvelle guerre entre les États-Unis et l'Iran et envoie un diplomate dans le Golfe [3]".

L'Iran et Oman ont engagé un dialogue créatif concernant leur "souveraineté partagée" sur le détroit d'Ormuz - lié à la clause cinq du Mémorandum d'accord d'Islamabad mentionné plus haut - concernant les traversées aller et retour vers le nord et le sud.

Selon le Global Times, le porte-parole officieux du Parti communiste chinois, Wang Yi, principal diplomate chinois, a rencontré le 2 novembre à Pékin Ali Bagheri Kani, sous-secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien (SNSC), afin de rétablir la paix régionale [4].

De manière éblouissante, Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a annoncé le 2 novembre l'envoi de "diplomates spéciaux" dans des pays du Moyen-Orient, notamment le golfe Persique, la mer Rouge et la Corne de l'Afrique [5], dont ZhaiJun, qui "visitera l'Iran, Oman et l'Arabie saoudite" ; autrement dit, quelques jours avant le sommet de Shenzhen, où il est très probable que les dirigeants des trois superpuissances Xi/Poutine/Trump se rencontreront en marge de l'APEC, une instance plutôt terne.

Un autre "diplomate spécial", Liu Xianfa, "visitera l'Éthiopie, Djibouti et l'Égypte durant la même période", et un autre encore, Hu Changchun, visitera l'Érythrée. Trois "diplomates spéciaux" du gouvernement chinois pour les trois régions brûlantes et interconnectées du golfe Persique/mer Rouge/Corne de l'Afrique !

Le journal pakistanais Dawn News, dont le gouvernement entretient d'excellentes relations à la fois avec la Chine et avec le président Trump, et qui a récemment mené à bien un rapprochement notable avec la Russie, a rapporté que "la Chine a intensifié lundi (2 novembre) ses efforts diplomatiques pour résoudre la crise du Moyen-Orient, appelant à un retour à la table des négociations lors de réunions consécutives avec des responsables iraniens, omanais et saoudiens à Pékin [6]".

L'approche chinoise face à la grave crise au Moyen-Orient, à travers ce qui pourrait être un triangle fertile Oman/Iran/Arabie Saoudite, est frappante, tandis que les États-Unis ont opté pour la médiation également notable du Qatar ; les deux approchent ne se heurtent pas nécessairement, mais ont imprimé une dynamique parallèle.

Dans la guerre israélo-états-unienne contre l'Iran, le grand vainqueur est la Chine, qui a correctement compris la connectivité énergétique régionale/mondiale du détroit d'Ormuz avec le détroit de Bab el-Mandeb, où elle dispose, à Djibouti, d'une base militaire bien visible à l'entrée de la mer Rouge.

 Alfredo Jalife-Rahme

Traduction
 Maria Poumier

Source
 La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.

[1] " China joins Oman push to revive Iran-US talks with guarantees : Source", Al-Mayadeen, November 2, 2026.

[2] " In talks with China, Iran rules out any sovereignty concessions to US", Al-Mayadeen, November 2, 2026.

[3] " China steps up Middle East diplomacy with Iran and Oman meetings", Al-Jazeera, November 2, 2026.

[4] " China's top diplomat meets deputy secretary of Iran SNSC", Xinhua, Global Times, November 2, 2026.

[5] " Chinese special envoys, reps to make simultaneous shuttle visits to Gulf, Red Sea, Horn of Africa countries this month : FM", Global Times, November 2, 2026.

[6] " China calls for Middle East dialogue in talks with Iran, Saudi Arabia, Oman", Dawn News, November 2, 2026.

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