🪬 06/11/2026 palestine-solidarite.fr  7min ⁑️ 4 #332486

Ingérence européenne et panique à Bruxelles: l'Afrique souveraine remet l'Ue à sa place

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Par Hanane Ben

L'intervention médiatique de la diplomatie européenne représentée par le porte-parole Anouar El Anouni - exigeant des "explications" et une "transparence" sur le récent déploiement des forces armées algériennes au Niger - illustre jusqu'à l'absurde le paternalisme persistant de Bruxelles. Sur quelle base légale, morale ou politique l'Union européenne s'arroge- t-elle le droit de réclamer des comptes à deux nations souveraines ?

L'Algérie et le Niger partagent des milliers de kilomètres de frontières directes ainsi que des enjeux de sécurité vitaux. Qu'il s'agisse de la sécurisation du Sahel ou de la protection des infrastructures énergétiques stratégiques - à l'image des gazoducs transsahariens qui alimentent cette même Europe -, cette coopération militaire relève exclusivement d'un protocole bilatéral décidé souverainement par Alger et Niamey.

Cette fébrilité européenne cache mal le dépit de l'ancienne puissance coloniale. Chassée du Sahel après des années de présence stérile et accusée par Niamey de manœuvres de déstabilisation, la France peine à accepter qu'une architecture de sécurité régionale s'organise désormais sans elle.

En mobilisant l'appareil diplomatique de l'Union européenne pour tenter de s'immiscer dans un accord de défense entre deux pays africains souverains, Bruxelles ne cherche qu'à placer des bâtons dans les roues d'un partenariat stratégique qui menace ses prétentions hégémoniques.

Cette réaction hystérique s'explique d'autant mieux au regard des accusations directes portées par Niamey à l'encontre du régime de Paris. Les autorités nigériennes n'ont pas hésité à pointer ouvertement la responsabilité de la France dans des tentatives de déstabilisation et d'incitation à la mutinerie militaire visant à renverser le pouvoir souverain.

Ayant perdu ses bases, son influence et son emprise sur les ressources sahéliennes, l'ancienne puissance coloniale semble prête à tout pour créer le chaos et entraver l'émergence d'un bloc régional autonome et sécurisé.

C'est précisément parce qu'elle a été chassée du Niger et du Sahel que la France tente aujourd'hui d'utiliser le canal diplomatique de l'Union européenne comme une arme d'ingérence de substitution. Incapable d'accepter que deux nations africaines souveraines prennent en main la protection de leurs peuples et de leurs infrastructures vitales, Paris instrumentalise l'appareil communautaire pour tenter de torpiller une coopération militaire algéro-nigérienne qu'elle ne maîtrise pas.

Nord du Niger: l'ANP neutralise le jeu de la France, de l'entité sioniste et de leurs proxys régionaux

Au-delà des gesticulations bruxelloises, c'est tout le jeu des puissances coloniales et de leurs relais régionaux qui se retrouve soudainement pris de court. Le déploiement des forces armées de l'ANP dans le nord du Niger - et plus particulièrement le contrôle stratégique autour de la base de Madama - force la France, mais aussi l'entité sioniste et leurs procurations régionales comme les Émirats arabes unis et le Maroc, à revoir de fond en comble leurs calculs dans la région.

Cette zone frontalière hyper-sensible est restée pendant des années le terrain de jeu privilégié de tous les trafics : armes, drogues, traite d'êtres humains et terrorisme sponsorisé, alimentés par le chaos libyen et entretenus en sous-main par le maréchal Khalifa Haftar, véritable agent déstabilisateur au service des agendas occidentaux dans le Sahel.

Avec l'arrivée sur le terrain de l'armée algérienne aux côtés des forces nigériennes, ce grand réseau d'instabilité et de criminalité transfrontalière voit son espace de manœuvre s'effondrer. L'Algérie impose ainsi un verrou sécuritaire hermétique qui neutralise non seulement les menaces terroristes et mafieuses, mais coupe également l'herbe sous le pied des sous-traitants d'intérêts étrangers. En verrouillant ce couloir stratégique et en privant Haftar et ses parrains de leur pouvoir de nuisance, Alger et Niamey réaffirment que la sécurité de l'Afrique subsaharienne et du Sahel doit être assurée exclusivement par et pour les nations souveraines de la région.

Derrière la visite à Benghazi: le recadrage musclé de Niamey face aux parrains du chaos

À ceux qui s'empressaient de crier au "coup de poignard dans le dos" de l'Algérie suite à la visite du Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine à Benghazi, la réalité du terrain vient infliger un sérieux démenti.

Des sources militaires bien informées, révélées par le média Arabi Post, lèvent le voile sur les véritables dessous de ce déplacement : loin d'être une alliance de revers, il s'agissait en réalité d'un avertissement on ne peut plus ferme.

Porteur d'un message direct du président Abdourahamane Tiani à l'adresse de Khalifa Haftar, le dirigeant nigérien est allé signer un recadrage en règle pour exiger l'arrêt immédiat du soutien apporté par le clan Haftar - et notamment par son fils Saddam - aux factions armées hostiles au pouvoir de Niamey. Face à la fermeté de l'exigence nigérienne et aux mouvements militaires préventifs menés conjointement avec l'Algérie, Haftar a été contraint de plier et de s'engager formellement à cesser toute connivence avec l'opposition nigérienne.

Cette visite de haute tension, qui a coïncidé avec le renforcement des positions de l'ANP et les manœuvres tous azimuts des forces de Haftar dans le triangle frontalier stratégique entre la Libye, l'Algérie et le Niger, met à nu les fragilités des réseaux occidentaux dans la région. En imposant ses conditions à l'homme lige de l'Occident en Libye, le Niger, épaulé par la profondeur stratégique algérienne, démontre qu'il ne tolérera plus que le territoire libyen serve de base arrière pour déstabiliser la transition sahélienne et torpiller la souveraineté retrouvée des Etats de la région.

La diplomatie européenne au défi de la crédibilité internationale

La posture médiatique de l'Union européenne se trouve aujourd'hui au cœur d'une vive polémique qui dépasse les frontières des institutions communautaires. Interrogée à Bruxelles sur la gestion des conflits contemporains, la diplomatie européenne s'est contentée d'une ligne de défense convenue, rappelant de manière abstraite l'engagement du bloc en faveur du droit international et des droits humains.

Cette réponse évasive n'a fait qu'accentuer l'exaspération de l'autorité spirituelle du Vatican et de plusieurs parlementaires européens, qui dénoncent ouvertement l'application sélective de ces principes universels selon les alliances géopolitiques en présence.

Cette politique perçue comme celle du "deux poids, deux mesures" suscite une indignation grandissante au sein même du Parlement européen, où la voix de l'eurodéputé belge Marc Botenga s'est élevée pour fustiger l'hypocrisie de la diplomatie communautaire.

En affirmant que les positions officielles de Bruxelles prouvent que l'Union défend la sauvegarde des intérêts des grandes entreprises plutôt que des valeurs morales universelles, les critiques résument l'action extérieure du bloc à un cruel dicton : "faites ce que je dis, pas ce que je fais". Le décalage persistant entre les discours moralisateurs et l'absence de mesures concrètes face aux tragédies humaines fragilise durablement la légitimité morale de l'Europe sur la scène internationale.

En fin de compte, la leçon que Bruxelles et ses Etats-membres tardent à intégrer est aussi claire que définitive : les pays africains sont pleinement souverains chez eux. L'époque où le continent servait d'échiquier passif aux ambitions géopolitiques européennes et où les décisions de sécurité nationale se dictaient depuis les chancelleries occidentales est bel et bien révolue.

Qu'il s'agisse de sécuriser leurs frontières, de bâtir des alliances stratégiques autonomes ou de défendre leurs ressources stratégiques, l'Algérie, le Niger et leurs voisins imposent désormais leurs propres règles du jeu. Le vieux continent ferait bien de sortir de sa condescendance coloniale et de comprendre que l'Afrique de demain s'écrit par et pour les Africains - et qu'elle a fermement l'intention de se faire entendre.

Proposé par A.D.

Source : Algérie54
 algerie54.dz

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