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 Élections en Israël : les génocidaires font carton plein

Netanyahu semble condamné alors que les Arabes rejoignent l'opposition

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Benjamin Netanyahu au tribunal lors de son procès pour corruption, en décembre 2024. (© Oren Persico / The Seventh Eye / CC ASA 4.0

Jeudi, les partis arabes d'Israël ont apporté leur soutien à Gadi Eiskenkot, l'adversaire de Netanyahu, lui conférant ainsi une avance de 67 sièges contre 46. Le président s'apprête à lui demander de former un gouvernement, rapporte  Joe Lauria.

Jeudi, les partis arabes de la Knesset israélienne ont décidé de soutenir l'adversaire de Netanyahu, Gadi Eisenkot, lui assurant ainsi 67 sièges sur les 120 que compte l'assemblée législative, suffisants pour former une majorité.

Isaac Herzog, le président israélien, est sur le point de demander à Eisenkot de former un gouvernement. Après n'avoir remporté que 46 sièges lors des élections du 27 octobre, Netanyahu a commencé à élaborer un scénario type "Russiagate", accusant le Qatar d'"ingérence étrangère" auprès des partis arabes, une accusation rejetée par les autorités policières israéliennes, les responsables électoraux et le Qatar, mais soutenue par le chef du Shin Bet, le FBI israélien, allié de Netanyahu.

Netanyahu risque une peine de prison pour corruption s'il quitte ses fonctions.

Le quotidien israélien Haaretz a rapporté que Herzog s'est entretenu avec les partis jeudi et a évoqué l'idée d'un gouvernement d'union nationale Netanyahu-Eisenkot, mais cette idée a été rapidement rejetée car "l'ère Netanyahu doit prendre fin", selon les termes de Gilad Kariv, député du parti des Démocrates.

Selon Haaretz, tous les partis arabes israéliens ont apporté leur soutien à Eisenkot, lui assurant 19 sièges. Le journal rapporte :

"Tous les partis à majorité arabe ont pris la décision de soutenir Eisenkot. La Liste commune, dirigée par des Arabes, s'est jointe à la Liste arabe unifiée de Mansour Abbas pour le soutenir, affirmant que cette décision allait permettre de remplacer le gouvernement de Netanyahu.

"Le président de la Liste commune, Yousef Jabareen, a déclaré que son parti n'a ni demandé de postes ministériels ni cherché à rejoindre la coalition, mais qu'il est prêt à soutenir un gouvernement dirigé par Eisenkot depuis l'extérieur.

"Abbas, quant à lui, a déclaré à Herzog que malgré les résultats électoraux complexes, les divergences entre partis peuvent être surmontées pour former un gouvernement stable. Interrogé sur le Hamas, il a déclaré que, selon lui, le Hamas et les autres groupes armés devraient déposer les armes dans le cadre d'une solution à deux États".

En vertu des lois fondatrices du pays, le président israélien peut charger n'importe quel candidat de former un gouvernement, mais compte tenu de l'ampleur du soutien dont bénéficie Eisenkot, il serait pour le moins inhabituel, voire controversé, que Herzog ne lui confie pas cette mission.

Puisque Netanyahu aurait besoin des partis arabes pour former une coalition gouvernementale et que ceux-ci l'ont désormais rejeté, et puisque un gouvernement d'union nationale semble hors de question, il ne semble pas y avoir d'autre choix que d'accorder à Eisenkot 28 jours, avec une prolongation possible de 14 jours pour former un gouvernement.

Pourtant, Herzog a déclaré qu'il ne nommera le candidat choisi pour former un gouvernement que dimanche. Il a déclaré dans un communiqué :

"Les résultats des consultations peuvent sembler clairs, mais l'autorité qui m'est conférée par la loi consiste à déterminer qui a la capacité de former un gouvernement, et cela n'est pas tout à fait clair, compte tenu des vetos réciproques entre blocs et au sein même de ces blocs. Je m'efforcerai de prendre cette décision rapidement et sans détours, lors d'entretiens individuels avec certains dirigeants de partis".

Eisenkot a critiqué Netanyahu pour avoir cherché à obtenir une "victoire totale" à Gaza, jugeant cette approche "irréaliste" et dépourvue de stratégie de sortie. Il s'est toutefois engagé à démanteler la branche militaire du Hamas par la force si nécessaire. Il a vivement dénoncé la violence des colons israéliens en Cisjordanie, la qualifiant d'"immorale", de "non juive" et de "campagne de terreur". Concernant l'Iran, il souhaite mettre un terme au programme nucléaire iranien par la force si nécessaire, mais privilégie les sanctions et s'oppose à tout changement de régime.

Ce qui le met en désaccord avec Netanyahu et son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir et son ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui quitteraient sans doute tous deux le gouvernement dans le sillage de Netanyahu.

Par  Joe Lauria - 5 novembre 2026

Joe Lauria est rédacteur en chef de Consortium News et ancien correspondant aux Nations unies pour le Wall Street Journal, le Boston Globe et d'autres publications, notamment la Gazette de Montréal, le Daily Mail de Londres et le Star de Johannesburg. Il a été journaliste d'investigation pour le Sunday Times de Londres, journaliste financier pour Bloomberg News et a débuté sa carrière à l'âge de 19 ans en tant que pigiste pour le New York Times. Il est l'auteur de deux ouvrages.

Source: consortiumnews.com

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