
Par Yoann le Média en 4-4-2, le 6 novembre 2026
Jeudi 5 novembre 2026, Raphaël Glucksmann a quitté la manifestation parisienne sous les huées, après près d'une heure de confrontation verbale avec des manifestants. Pendant ce temps, la colère sociale remplissait les rues de France, avec jusqu'à 1,57 million de participants selon la CGT.
Glucksmann bloqué une heure place de la République
Le candidat à la présidentielle, soutenu par le Parti socialiste et Place publique, avait décidé de rejoindre le cortège parisien contre la vie chère. Une apparition attendue, puisqu'il s'était jusqu'ici largement tenu à l'écart des manifestations de l'automne.
Son arrivée a provoqué une véritable bronca. Entouré de plusieurs dizaines de sympathisants de La France insoumise, Glucksmann a essuyé sifflets, insultes et slogans hostiles. "Tout le monde déteste le PS", "Casse-toi" ou encore "Mélenchon président" ont retenti autour de lui.
Un manifestant l'a directement interpellé :
"Vous allez faire l'alliance avec qui alors ? Si c'est pas avec LFI et les communistes ? Avec les macronistes ?" Avant d'ajouter : "Vous avez trahi les travailleurs Monsieur Glucksmann, comme le PS !"
Interrogé sur cet accueil, l'eurodéputé a répondu : "S'il y a des militants politiques qui sont hostiles à notre présence, je m'en fous, je m'en contrefous".
Il a également assuré :
"On ira partout. J'irai partout. Et nous ferons campagne partout".
Une ambition contrariée dès cette première sortie : après presque une heure d'immobilisation, il a quitté la place sans avoir pu défiler, sous les applaudissements de ses opposants.
L'épisode rappelle son éviction d'une manifestation à Saint-Étienne le 1er mai 2024. Deux ans plus tard, le divorce avec une partie de la gauche militante semble toujours aussi consommé.
Entre 575 000 et 1,57 million de manifestants en France
Au-delà des mésaventures du candidat social-démocrate, la journée du 5 novembre a confirmé l'ampleur de la contestation contre la politique économique et sociale du gouvernement.
La CGT revendique 1 573 000 manifestants, dont 350 000 à Paris, contre 575 000 personnes, dont 65 000 dans la capitale, selon le ministère de l'Intérieur. Le syndicat annonce également 150 000 participants à Marseille, 120 000 à Bordeaux, 100 000 à Lille et 55 000 à Lyon.
À l'appel de plusieurs organisations syndicales, salariés du public et du privé, étudiants, lycéens et Gilets jaunes ont manifesté pour les salaires, le pouvoir d'achat, l'emploi et les services publics. La CGT signale plus de 2 000 arrêts de travail dans différents secteurs industriels et économiques.
Charges policières, interpellations et incidents
La mobilisation a également connu des affrontements. À Paris, des interventions policières ont provoqué la colère de manifestants, notamment autour de la place de la Nation. À Lyon, plusieurs interventions musclées ont été signalées. À Toulouse, les syndicats dénoncent des charges ayant blessé plusieurs militants.
À Strasbourg, une effigie de CRS portant l'inscription "CRS SS" a été incendiée. Laurent Nuñez a demandé un signalement à la justice.
Selon le bilan provisoire du ministère de l'Intérieur, 448 personnes ont été interpellées, 53 membres des forces de l'ordre blessés et 86 interventions pour incendie réalisées.
Ces événements surviennent alors que Laurent Nuñez refuse toujours de modifier sa doctrine de maintien de l'ordre, malgré les nombreuses controverses provoquées par les manifestations précédentes.
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Matignon promet une nouvelle conférence sociale
Face à cette mobilisation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une conférence sociale réunissant syndicats et patronat lundi 9 novembre, consacrée notamment aux salaires et au pouvoir d'achat.
La CGT prévient déjà que les mobilisations continueront tant que ses revendications resteront sans réponse. Après plusieurs semaines de manifestations, le gouvernement propose donc une nouvelle réunion. Les manifestants, eux, attendent toujours des mesures concrètes.
