Jutta Ditfurth
Traduit par Michèle Mialane
Edité par Fausto Giudice
C’est le mouvement antinucléaire extra-parlementaire allemand et lui seul qui a contribué à réduire le nombre – de 90 à 600 (!) - des centrales nucléaires que les firmes capitalistes de l’atome, la CDU /FDP et les gouvernements socialistes-libéraux avaient sérieusement envisagéde construire dans les années 70 à « seulement» 17 (centrales actuellement en activité).
Les Verts et les sociaux-démocrates, ces hypocrites, montrent aujourd’hui du doigt la coalition CDU-FDP, s’oubliant eux-mêmes. Mais le « consensus nucléaire » de la coalition gouvernementale SPD/Verts (1998-2005) a prolongé en 2000 la durée de vie des centrales nucléaires et garanti à leurs exploitants de pouvoir poursuivre leur business en toute tranquillité ! Le Ministre vert de l’Environnement, JürgenTrittin, a même proféré des menaces à l’encontre les manifestants anti-nucléaires de Gorleben en 2001!
Les dispositions concrètes du «consensus nucléaire » de la coalition rouge-verte
ont en outre permis au gouvernement CDU-FDP, en 2010, de rallonger encore la durée de vie des centrales (par exemple par transfert des quotas d’électricité autorisés à la production d’anciennes centrales vers les plus récentes)
Un exemple : la centrale de Biblis
Biblis, la doyenne des centrales allemandes (construite en 1974, donc âgée de 36 ans) et sujette à des incidents, ne devait pas, selon le souhait de ses exploitants eux-mêmes, être maintenue en activité plus de 20 à 25 ans, soit jusqu’en 2000 dernier délai.
- Le «consensus nucléaire » rouge-vert a cependant permis de prolonger son activité jusqu’en 2010.
- Le pacte nucléaire jaune-noir (FDP /CDU), en novembre 2010, l’a prolongée jusqu’en 2020.
Biblis a connu des centaines d’incidents ; au moins une fois (en 1987) on a frôlé la catastrophe nucléaire majeure.
Le SPD et les Verts essaient de cacher derrière un rideau de fumée leur complicité avec le lobby atomique. Mais faisons donc le rapprochement entre les lois pro-nucléaires des Rouges-Verts et le grand nombre de représentants du SPD et des Verts dans les instances des entreprises nucléaires (par exemple comme conseillers et membres des Conseils d’administration chez Siemens, EnBW, RWE, Cercle d’information sur l’énergie nucléaire etc., etc.
Les Japonais, touchés par la fusion du cœur du réacteur, le tremblement de terre et le tsunami sont dans une situation effroyable. Aux informations, on nous dit seulement que la catastrophe nucléaire japonaise n’aura qu’un impact “régional”. Quiconque ajoute foi à ces bobards devrait jeter un coup d’oeil sur la carte ci-dessous, montrant qu’en 1986, après Tchernobyl, la radioactivité s’est répandue dans le monde entier.
newsnet_50679_gal3408.jpgEt si vous avez encore des doutes, regardez sur Internet les photos des enfants victimes de Tchernobyl.
Il y aura de nombreux morts et le nombre de cancers augmentera, à court et à long terme. De vastes espaces naturels subiront une contamination radioactive. Si nous voulons bien porter un regard critique sur les informations dont nous disposons, nous en sommes déjà là.
Les centrales nucléaires détruisent l’homme et la nature. Même lorsqu’elles « fonctionnent normalement », elle émettent des radiations cancérigènes. Elles sont superflues et l’énergie qu’elles fournissent peut être remplacée par une autre, plus inoffensive (1).
Mais de gros intérêts sont liés à ces installations mortifères : même des centrales prétendument « civiles et pacifiques » permettent des utilisations militaires et rapportent gros à leurs exploitants.
Une seule solution :
- Arrêt immédiat de toutes les installations nucléaires du monde !
- La ville de Francfort-sur-le-Main doit enfin se battre pour mettre immédiatement à l’arrêt la centrale de Biblis (A et B).
À vol d’oiseau, Biblis est située à seulement 50 km de Francfort, 20km de l’aéroport, et pas beaucoup plus loin de Wiesbaden, Mayence, Darmstadt et Aschaffenburg.
Meilleures salutations antinucléaires,
Jutta Dittfurth
ÖkolinX-ARL- P.S. Vous trouverez mes sources, preuves et davantage d’informations par exemple dans mes livres « Krieg, Atom, Armut. Was sie reden, was sie tun: Die Grünen» (Guerre, atome et pauvreté, ce que les Verts disent- et ce qu’ils font), 2011 ; « Feuer in die Herzen» (Mets le feu dans les cœurs ), «Lebe wild und gefährlich» (Il faut vivre dangereusement)
(1) Non, c’est mon point d’achoppement avec les antinucléaires : renoncer au nucléaire (et autres énergies fossiles) supposerait de RESTREINDRE FORTEMENT notre consommation énergétique, ce que je juge par ailleurs souhaitable, mais il ne faut pas travestir les faits. (La traductrice)
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Source: oekolinx-arl.de
Publication date of original article: 12/03/2011
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