par Hicham Hamza - publié le dimanche 24 juillet 2011
Ce n'est ni le mobile du crime ni une quelconque coïncidence. Simplement un élément significatif, signalé en France par Oumma mais également par le quotidien israélien Ynet, qui pourrait peut-être permettre d'éclairer les ressorts secrets du massacre commis vendredi sur l'île norvégienne d'Utoya.
Ultra-nationaliste, « résistant » auto-proclamé contre la « colonisation islamique » de l'Europe et partisan de la cause ultra-sioniste, Anders Behring Breivik a abattu 87 militants réunis pour le rassemblement de la jeunesse travailliste. La veille de la tuerie se tenait sur place la visite, rapportée ici par un média norvégien, du ministre des Affaires étrangères, Jonas Gahr Store.
Lors d'un débat consacré au Moyen-Orient et quelques jours après sa rencontre à Oslo avec le président palestinien Mahmoud Abbas, l'homme politique a plaidé devant eux pour la « fin de l'occupation » israélienne.

Face à lui, les jeunes militants ont applaudi, l'encourageant à aller plus loin : la mise en place d'un embargo économique à l'encontre de l'Etat hébreu. Embarrassé, le ministre a rejeté la suggestion : « Le boycott consistera à passer du dialogue au monologue. Ce sera difficile d'ouvrir la porte le jour où nous voudrons parler à Israël ».


Ce qui ressort de ce pensum, c'est moins l'image trop commode d'un déséquilibré impulsif que celle d'un homme indéniablement intelligent, opiniâtre, monomaniaque, dangereux et résolu à provoquer ce qu'il nomme une « révolution conservatrice », autrement dit la « résistance » de l'identité culturelle européenne face au « marxisme culturel » et à l'islam. Ainsi, la « déportation » des musulmans hors d'Europe à partir de l'horizon 2020 est sérieusement envisagée. L'homme se veut également visionnaire puisqu'il entrevoit le 11 septembre 2083 comme le jour du parachèvement de son combat politique. Pourquoi cette date ? Ce sera alors la veille de la commémoration de la capitale bataille de Vienne au cours de laquelle les Ottomans ont été défaits le 12 septembre 1683.

http://www.youtube.com/watch ?v=rAwp2FnRmsE&skipcontrinter=1
En commettant le double acte terroriste d'Oslo, Anders Behring Breivik a accompli une opération préméditée de longue date. Mais c'est seulement le 17 juillet dernier qu'il a ouvert un compte sur Facebook et Twitter pour relayer son manifeste et anticiper l'intérêt médiatique qu'il allait susciter. Quelques jours plus tard, des jeunes militants, incarnant à ses yeux la somme des engagements -socialisme, multiculturalisme, droits des Palestiniens- qui lui font horreur, allaient tomber sous les tirs d'un homme qui esquissa, à la fin de son recueil, un autoportrait sommaire : « Un conservateur culturel et révolutionnaire, optimiste, pragmatique, ambitieux, créatif, travaillant dur ».


