Frontière du Sinaï : un massacre qui tombe à point nommé...

Égypte : Morsi décapite le Scaf

Edmund Blair - Ma'an News

Le nouveau président égyptien, Mohammed Mursi a limogé deux généraux de haut rang, ce dimanche, et annulé une ordonnance militaire qui limitait ses pouvoirs, dans une initiative spectaculaire qui pourrait le libérer de certaines des restrictions imposées par l'armée.

Mohammed Morsi entend bien mettre l'armée au pas et s'affranchir de l'emprise du SCAF - Photo : AFP

On ne sait pas si ces mesures ont eu l'assentiment du maréchal Tantawi Hussein démissionné - lequel avait été confirmé à la tête du SCAF (Conseil supérieur des Forces armées) après la déposition d'Hosni Moubarak - ni dans quelle mesure cela modifiera l'équilibre du pouvoir entre les généraux et Morsi, et par conséquent les Frères mususlmans.

Un membre du conseil militaire a déclaré à Reuters que Morsi - un islamiste modéré élu par le peuple égyptien en juin, mais avec des pouvoirs constitutionnels fortement diminués à l'avance par les généraux - avait consulté Tantawi, 76 ans, et le général et chef d'état-major Sami Enan, 64 ans, avant d'ordonner la mise à la retraite des deux hommes.

Toutefois, le porte-parole de Morsi a annoncé dans le même temps l'annulation de la déclaration constitutionnelle publiée juste avant l'élection présidentielle, par laquelle Tantawi et ses collègues freinaient les pouvoirs présidentiels. Cette initiative inattendue semble indiquer une réorganisation substantielle des forces politiques en Égypte, pays qui attend aussi une nouvelle constitution après six décennies de régime militaire ininterrompu.

« Le maréchal Hussein Tantawi a été mis à la retraite à partir d'aujourd'hui, » a déclaré le porte-parole présidentiel dans un communiqué. À sa place a été nommé comme chef des forces armées et ministre de la défense, le général Sisi Abdellatif.

Sami Enan a été remplacé par le général Sidki Sobhi.

Sami Enan, longtemps considéré comme particulièrement proche de l'armée américaine - principal fournisseur des forces armées égyptiennes - et Tantawi, ministre de la Défense de Moubarak pendant 20 ans avant de pousser au départ du dictateur face aux manifestations de rue il y a 18 mois, ont été nommés comme conseillers de Morsi.

Les changements ont pris effet immédiatement, a déclaré Yasser Ali, porte-parole présidentiel.

Le général Mohamed el-Assar qui siège au conseil militaire, a déclaré à Reuters : « La décision a été précédée d'une consultation avec le maréchal et le reste du conseil militaire. »

Morsi, dont la victoire sur un ancien général a suscité les craintes d'Israël et de l'Occident au sujet de l'accord avec l'Égypte (accords de Camp David), a également nommé un juge, Mahmoud Mekky, comme vice-président. Mekky est issu de l'organisation des Frères musulmans et il est un des frères du ministre de la Justice nouvellement nommé, Ahmed Mekky, un critique virulent de la fraude électorale sous la dictature de Moubarak.

Morsi, qui avait fait savoir qu'il restait lié par les traités du Caire avec Israël et d'autres pays, a montré de l'impatience à l'égard de l'armée à la suite de la violence dans le désert du Sinaï et des problèmes avec Israël et la bande de Gaza palestinienne ce mois-ci.

Le président, dont le mouvement des Frères musulmans auquel il appartient, a renoncé à la violence depuis longtemps, a limogé le chef des renseignements égyptiens la semaine dernière après une attaque dans laquelle des militants islamistes ont massacré 16 gardes-frontières, avant d'essayer de prendre d'assaut la frontière israélienne.

Ce dimanche, les troupes égyptiennes ont tué cinq militants islamistes après un assaut sur leur repaire près de la frontière avec Israël, selon des sources de sécurité et des témoins.

Les troupes ont trouvé les militants à Al-Goura, à environ 15 km de la frontière, alors qu'ils recherchaient les djihadistes qui ont tué les 16 gardes-frontières il y a une semaine.

Ce dernier affrontement s'est produit dans le cadre d'un ratissage qui a commencé ce mercredi et représente la plus grande opération militaire dans la région depuis l'offensive égyptienne en 1973 contre les troupes israéliennes qui occupaient le Sinaï. Cette guerre avait été suivie d'un traité de paix en 1979 qui a ouvert la voie à une aide massive des États-Unis au profit du Caire.

Personne n'a revendiqué la responsabilité du meurtre des gardes-frontières.

 info-palestine.net

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Admin 2012-08-13 #4668 publier 🇫🇷
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Par Alex Lantier
16 août 2012
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Mursi a en effet envoyé à la retraite le chef de file de la junte, le maréchal Mohamed Hussein Tantawi, et a émis une nouvelle déclaration constitutionnelle modifiant la déclaration en vertu de laquelle la junte gouvernait l'Égypte depuis le 30 mars 2011.