Par Addameer
16.08.2012 - Les grévistes de la faim palestiniens Hassan Safadi et Samer Al-Barq continuent d'être gravement maltraités par le service pénitentiaire israélien (IPS), sous la forme de brutalités physiques et de tortures psychologiques. Addameer, Al-Haq et Médecins pour les Droits de l'Homme-Israël (PHR-I) expriment leur indignation la plus forte devant les récents incidents violents qui ont provoqué traumatismes et blessures à ces détenus déjà affaiblis par des grèves de la faim prolongées.
M. Al-Barq est aujourd'hui dans son 87ème jour de grève de la faim, qui a débuté seulement une semaine après la fin de sa grève précédente de 30 jours ; M. Safadi est aujourd'hui dans son 57ème jour de grève de la faim, qui a également commencé peu de temps après la fin de ses 71 jours précédents de grève de la faim.
Pendant une visite de l'avocat d'Addameer, Fares Ziad, le 14 août, M. Safadi a raconté le tout dernier incident violent, qui avait eu lieu la veille. Vers 9h au matin du 13 août, des gardiens de l'IPS sont entrés dans la cellule d'isolement que M. Safadi partage avec son compagnon détenu administratif M. Al-Barq à la clinique médicale de la prison Ramleh et ont annoncé leur intention de déménager les deux grévistes de la faim dans une pièce de la clinique, avec d'autres prisonniers qui ne sont pas en grève de la faim. M. Safadi et M. Al-Barq ont refusé le transfert, qu'ils considèrent comme une tentative supplémentaire de pression pour qu'ils brisent leur grève en les entourant d'individus qui mangeront devant eux.
Après leur refus d'être transférés, les gardiens israéliens ont attaqué M. Safadi et M. Al-Barq. Pendant l'attaque, ils ont cogné par deux fois la tête de M. Safadi contre la porte en fer de la cellule ; M. Safadi est tombé sur le sol, évanoui. Les gardiens l'ont ensuite traîné dans la salle pour que tous les autres prisonniers le voient. Dans la nuit, vers 22h, M. Safadi et M. Al-Barq ont été emmenés dans une nouvelle cellule d'isolement, sans matelas.
En conséquence de ce traitement cruel, inhumain et dégradant, M. Safadi a annoncé qu'il ne boirait plus d'eau, qui a été jusqu'à maintenant sa seule sustentation. Pour protester contre la brutalité de l'IPS, les autres prisonniers de Ramleh ont également commencé à renvoyer leurs repas.
M. Safadi et M. Al-Barq sont en grève de la faim pour protester contre le renouvellement de leurs ordres de détention administrative après la conclusion de la grève de la faim de masse des prisonniers palestiniens en mai. M. Safadi avait été explicitement inclus dans l'accord qui a mis fin à la grève et avait reçu des garanties qu'il serait libéré à l'expiration de l'ordre de détention administrative en cours à l'époque - une promesse qui n'a pas été tenue. La décision finale sur l'extension de l'ordre de M. Safadi a été systématiquement reportée par un juge militaire israélien.
Deux autres détenus palestiniens dans les prisons israéliennes sont également en grève de la faim actuellement : Ayman Sharawna et Samer Al-Issawi, respectivement au 47ème et 16ème jours de grève. Ils ont tous les deux été libérés lors de l'accord d'échange de prisonniers d'octobre 2011 puis ré-arrêtés. Ils sont détenus sur la base d'informations secrètes et considèrent que la grève de la faim est leur seul outil pour protester contre leur ré-arrestation.
Addameer, Al-Haq et PHR-I insistent pour que la communauté internationale intervienne auprès des autorités israéliennes concernées et exigent une enquête immédiate sur ces actions condamnables et les autres prises contre les prisonniers en grève de la faim pour tenter de les casser.
Addameer, Al-Haq et PHR-I appellent plus particulièrement :
- le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme et l'Union européenne à agir de la manière la plus forte possible pour sauver les vies des grévistes de la faim et empêcher tous nouveaux sévices ;
- les membres du Parlement européen à porter ces affaires à l'attention des autorités israéliennes concernées sans délai et à envoyer une mission d'enquête pour examiner les conditions de détention des Palestiniens arbitrairement détenus dans les prisons israéliennes ;
- les Hautes parties contractantes à la Quatrième Convention de Genève et tous les Etats-Membres des Nations Unies à faire immédiatement pression sur Israël pour qu'il respecte le droit humanitaire international et les droits de l'homme et mette fin à sa politique de détention arbitraire, et pour qu'il respecte les règles de base pour le traitement des prisonniers adoptées en 1955, qui énoncent ce qui est généralement accepté comme étant les principes et pratiques décents dans le traitement des prisonniers.
Source : Addameer
Traduction : MR pour ISM