Par Manu Abu Carlos
Chants, danses, fêtes, joie, euphorie. C'est ce qu'ont exprimé les pêcheurs des bateaux que nous avons accompagnés aujourd'hui, le militant palestinien Maher Alaa et les trois militants internationaux Rosa Schiano, Sarah Katz et moi-même. Et non seulement parce qu'ils étaient heureux de notre présence mais parce que nous avons encore une fois forcé le blocus maritime de Gaza, cet embargo qui asphyxie la bande de Gaza et qu'a décrété l'entité sioniste avec une limitation de la zone de pêche à deux miles et demi.

Dimanche 4 novembre, tôt dans la matinée, nous sommes partis avec les pêcheurs et nous avons réussi à aller à 6.7 km de la côte, malgré la présence menaçante d'un navire de l'armée sioniste qui a tiré des coups de semonce qui nous ont d'abord obligé à revenir en arrière.
Quelques heures plus tard, nous avons à nouveau avancé jusqu'à 7,2 km de la côte. Le navire militaire nous a attaqué directement, sans préavis, au canon à eau (une eau à laquelle ils ajoutent des produits chimiques pour la rendre nocive). L'attaque a duré 30mn, bien que les pêcheurs leur crient que nous retournions à la côte.
Forcer le blocus n'est pas seulement un acte de résistance ; ce n'est pas seulement un acte de rébellion et de réappropriation de ce qui vous appartient. Forcer le blocus, pour les pêcheurs, c'est ce qui fait la différence entre une pêche qui permet juste de couvrir les frais et de survivre, et une bonne pêche qui permet de subvenir dignement aux besoins de sa famille.
Les pêcheurs que nous avons accompagnés aujourd'hui font vivre 15 familles, c'est-à-dire environ 150 personnes, et réussir à aller à 7,2km leur a permis de faire la meilleure pêche depuis plusieurs années, d'où leur fête, leurs chants, leurs danses, leur euphorie, et les baisers et les sourires de complicité qu'ils nous ont envoyés, à distance, pendant l'opération.
Les militants internationaux et les pêcheurs de retour ce matin, après une sortie en mer de 22 heures
Nous allons bientôt ré-essayer mais à l'heure actuelle, nous ne sommes que 3 militants internationaux pour faire ce travail. Il faudrait une brigade d'une dizaine de militants pour pouvoir s'attaquer à des objectifs plus ambitieux.
J'appelle à nouveau toutes les organisations de soutien à la cause palestinienne à créer ces brigades.
Exister c'est résister, pour le peuple palestinien en général et dans la bande de Gaza en particulier ; c'est nécessaire pour maintenir vivantes toutes les voies de la résistance. La solidarité internationale est indispensable.
Vive l'internationalisme, vive la résistance, vive la Palestine libre !
L'INTERNATIONALISME VIVA, VIVA LA RÉSISTANCE, PALESTINIEN LIVE GRATUITE !
PS : Nous éditerons un résumé vidéo des 22 heures qu'a duré cette sortie dès que possible.
Source : Facebook
Traduction : MR pour ISM
