13/08/2014 tlaxcala-int.org  5min #90235

Ras l'bol d'Elie Wiesel et des gens de son acabit

 Gilad Atzmon

Selon l'Agence télégraphique juive, le Times de Londres a refusé de publier une publicité payante d'Elie Wiesel se prononçant contre l'utilisation par le Hamas d'enfants comme boucliers humains [la page a été publiée par le Guardian britannique, le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal et d'autres journaux US, NdT].

La pub (voir ci-dessous) est ainsi titrée : «Les Juifs ont rejeté le sacrifice d'enfants il y a 3500 ans. Maintenant, c'est au tour du Hamas de le faire». La déclaration de Wiesel est un mensonge flagrant et le Times de Londres le savait.

Des Juifs n'ont jamais cessé de sacrifier leurs enfants. Le  protocole Hannibal est une directive de Tsahal qui ordonne aux soldats de prendre «les mesures nécessaires» pour empêcher leurs camarades d'être capturés par des forces ennemies. Les «mesures nécessaires» incluent de risquer la vie du soldat israélien et de toute personne se trouvant dans son voisinage. De même, l'affaire Kastner montre qu'à l'apogée de la Shoah, Ben Gourion et l'establishment sioniste étaient prêts à sacrifier de nombreuses vies juives sur l'autel de l'objectif sioniste.

Le nombre croissant de génocides et de massacres commis par les Juifs dans les cent dernières années indiquent qu'au moins certains juifs sont assez négligents avec les enfants des autres. Wiesel devrait examiner l'Holodomor [extermination par la faim en Ukraine soviétique en 1932-1933, NdT] et le rôle des «bourreaux volontaires de Staline » élucidé par l'historien US-américain juif Yuri Slezkine dans son précieux livre  The Jewish Century (Le siècle juif). Wiesel peut aussi lire la déclaration de l'Israélien  Sever Plocker selon lequel «certains des plus grands meurtriers des temps modernes étaient juifs ». Quelques années après l'Holodomor, la Brigade internationale yiddish a assassiné des catholiques et brûlé leurs églises en Espagne (1936). Les circonstances tragiques et violentes dans lesquels l'État juif est né n'ont pas assouvi la soif de violence chez certains de ses partisans de la diaspora, bien au contraire. Les interventionnistes néoconservateurs immoraux qui se sont faits les avocats de la mort et du carnage de millions de musulmans dans les deux dernières décennies sont en grande partie des sionistes juifs. Lord Levy, le principal collecteur de fonds pour le gouvernement de Tony Blair au moment où nous avons été conduits dans une guerre illégale en Irak, n'est-il pas un Juif sioniste et fier de l'être? Les auteurs de la Jewish Chronicle David Aaronovitch et Nick Cohen, qui ont approuvé avec enthousiasme la guerre en Irak dans les médias britanniques, n'étaient-ils pas juifs ? Peut-être que le moment est venu pour Aaronovitch et Cohen d'expliquer leur défense du « moralisme » meurtrier. Prenons le tristement célèbre Bernard-Henri Lévy qui a admis avoir « libéré » la Libye « en tant que Juif ». N'est-il pas temps pour lui de prendre la responsabilité « en tant que Juif» du sacrifice des enfants d'autres gens ?

Je voudrais signaler à Elie Wiesel que l'argument selon lequel le Hamas utilise les civils et les enfants comme «boucliers humains» n'est pas seulement faux, il fournit en fait un aperçu de la morbidité culturelle et de la barbarie intellectuelle sionistes. Imaginons une situation instable dans laquelle un voleur de banque n'est pas arrivé à s'échapper à temps et se retrouvé encerclé par la police. Craignant pour sa vie, le casseur prend un otage et se cache derrière elle/lui tout en lui collant un pistolet sur la tête. Pouvez-vous imaginer un officier de police ordonnant à un sniper de tuer l'otage avec le méchant? La réponse est, bien sûr, NON. Mais la logique d'Israël est très différente. S'il est vrai (et je ne suggère pas que ça l'est) que le Hamas utilise la population civile palestinienne comme otages, alors il est clair que l'armée israélienne assassine des otages à une échelle qui a atteint des proportions d'homicide industriel. Les responsables israéliens admettent parfois que c'est leur tactique et que c'est conforme à la doctrine militaire israélienne qui adhère au «pouvoir de dissuasion ». Les décideurs israéliens estiment que la mort de civils décourage les Arabes d'entrer dans un conflit. Les chiffres faisant état des victimes de récentes vagues de violence suggère que la tactique d'Israël est homicide. Ils ciblent des civils innocents et à dessein. Cela montre clairement que l'État juif est un hors-la-loi parmi les nations et il est même possible que le Times de Londres se rende compte que c'est le cas. Le message humaniste est évident. Le temps est venu de nettoyer notre vie culturelle et publique des Elie Wiesel et autres Jérusalémites* qui font la promotion parmi nous d'une éthique non-universelle douteuse.

* Gilad Atzmon oppose « Jérusalem », allégorie de la pensée tribale, exclusiviste et suprématiste, à « Athènes », symbole de l'universalisme humaniste dont il se réclame [NdT]

« Durant ma vie, j'ai vu des enfants juifs jetés au feu. Et maintenant, je vois des enfants musulmans utilisés comme boucliers humains, dans les deux cas, par les adorateurs du culte de la mort qui ne se distingue pas de celui des Molochites (adorateurs de Moloch)».

« Ce que nous subissons aujourd'hui n'est pas un combat des Juifs contre les Arabes ou d'Israéliens contre les Palestiniens. Il s'agit plutôt d'une bataille entre ceux qui célèbrent la vie et ceux qui défendent la mort. C'est un combat entre la civilisation et la barbarie ».

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