La Grande-Bretagne, la France, l'Italie, l'Espagne et le vice-ambassadeur allemand ont déclaré au Conseiller israélien pour la sécurité, Yossi Cohen, "que cette décision est désastreuse, (...) intervient à un moment déplorable, et [qu'ils] espèrent qu'elle sera annulée."

Les ambassadeurs de cinq pays européens ont officiellement manifesté leur désapprobation commune de l'expropriation de terres en Cisjordanie, annoncée la semaine précédente par le gouvernement israélien.
À l'occasion d'une rencontre dans le bureau du Premier Ministre avec le conseiller israélien pour la sécurité, Yossi Cohen, les ambassadeurs de Grande-Bretagne, France, Espagne et d'Italie, ainsi que le vice-ambassadeur allemand, ont manifesté par écrit leur désapprobation et souligné que la décision d'Israël d'inclure dans leur territoire national près de 4000 dunum (soit plus de 4 km 2) à Gush Ezion a choqué les États de l'EU.
Un diplomate européen a déclaré : nous vous prévenons clairement « que cette décision est désastreuse (...), intervient à un moment déplorable, et que nous espérons qu'elle sera retirée.* »
Cohen a répondu aux ambassadeurs qu'au sein du gouvernement il existait une forte pression en faveur de l'extension des constructions dans les colonies et que certains éléments de la coalition souhaitaient des mesures allant bien au-delà d'une simple expropriation. Un diplomate bien au courant de ce qui s'était dit au cours de la rencontre a cité les mots de Cohen: cette confiscation n'était pas irréversible et si les Palestiniens estimaient être lésés, ils avaient 30 jours pour introduire un recours. Il a toutefois ajouté que Cohen ne semblait pas disposé à répondre aux demandes européennes et US en retirant la décision.
L'annonce de l'expropriation par l'administration civile en date du 31 août confirmait que cette décision avait été prise sur l'ordre des plus hautes sphères gouvernementales et qu'elle constituait une réponse à l'enlèvement et au meurtre d'Eyal Yifrah, Naftali Fraenkel et Gilad Shaar au mois de juin. L'expropriation vise apparemment à créer une liaison directe entre la Ligne verte et le bloc de colonies Gush Ezion.
Cette décision a indisposé Washington et l'Europe et a été publiquement condamnée par plusieurs pays. Lors des entretiens entre Cohen et d'autres officiels dans le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou et de hauts représentants des USA, la semaine dernière, les Israéliens ont déclaré que leur bureau avait été surpris par cette annonce dont, selon eux, Moshe Ya'alon, le Ministre de la défense n'avait pas convenu avec eux.
Le bureau de Ya'alon a confirmé qu'il n'avait pas envoyé de mise à jour à celui du Premier ministre mais souligné que ce n'était pas nécessaire puisqu'il s'agissait d'une mesure purement technique.
De hauts fonctionnaires israéliens ont fait savoir que le territoire exproprié n'englobait aucune propriété privée palestinienne.
* Elle a de fait été confirmée. Voir tlaxcala-int.org