14/10/2017 4 articles arretsurinfo.ch  14min #134032

La patrie ou la mort, nous vaincrons - Thomas Sankara

Il y a 30 ans, le 15 octobre 1987, après quatre ans à la tête du Burkina Faso, Thomas SANKARA était assassiné avec douze de ses compagnons.

Déclaration de Madame Mariam Sankara à l'occasion de la commémoration du trentième anniversaire de l'assassinat du Président Sankara

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers amis,

L'assassinat du Président Sankara et de ses compagnons, le 15 Octobre 1987, a interrompu une expérience de développement originale et prometteuse de l'histoire de l'Afrique contemporaine.

Je tiens à vous remercier pour votre soutien à toute la famille Sankara et à moi-même ainsi que pour votre fidélité à la mémoire du Président Thomas Sankara.

A travers sa politique, Thomas a défendu, en donnant lui-même l'exemple, les valeurs essentielles telles que l'intégrité, l'honnêteté, l'humilité, le courage, la volonté, le respect et la justice. En mobilisant les différentes composantes de la société, il s'est battu, de façon acharnée, contre la dette, pour le bien être de tous les burkinabè, la promotion du patrimoine culturel burkinabè et l'émancipation de la femme. Il a incité ses concitoyens à se prendre en charge pour vivre dignement. Bref, il a refusé la soumission au diktat des plus puissants de ce monde, a pris la défense des plus faibles et des plus défavorisés.

Imprégnés de ces valeurs et de ces idées, vous avez, à travers l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, mis fin au régime dictatorial de Compaoré. Cette insurrection a permis au peuple de reprendre la parole pour exiger, entre autres, la fin de l'impunité, la réouverture du dossier de justice sur l'assassinat de Thomas Sankara et ses compagnons, celui de Norbert Zongo et tant d'autres.

La décision prise au Burkina Faso par les autorités de la transition de rendre enfin justice à Thomas Sankara a suscité un immense espoir au Burkina, en Afrique en général et dans le monde. Mais on est toujours dans l'attente de la justice.

La requête de la société civile et des familles est claire. Nous voulons connaître au plus vite les commanditaires et les exécutants de cet assassinat et ceux des autres crimes.

Retarder la quête de vérité, c'est jouer le jeu des assassins de Thomas Sankara et de ses compagnons. Ne pas rendre justice, c'est refuser une sépulture digne pour Thomas Sankara et ses compagnons, c'est empêcher les familles de faire leur deuil.

C'est la raison pour laquelle, le peuple burkinabè et ses amis doivent rester mobilisés et relancer la campagne pour que trente ans après, justice soit enfin rendue à Thomas Sankara et à ses compagnons.

Chers compatriotes, notre famille salue votre initiative visant à ériger un mémorial à la mémoire de Thomas Sankara.

Nous sommes attachés, comme nombre de nos compatriotes, à la défense et à la sauvegarde de la mémoire de Thomas Sankara. Je tiens à saluer cette initiative de la société civile, conduite par l'association CIMTS (Comité International pour le Mémorial Thomas Sankara). Ce projet de Mémorial bénéficie du soutien populaire. Une démarche consensuelle et inclusive devrait permettre de réaliser un ouvrage de qualité qui témoignera de la vitalité des idées de Thomas et de ses fidèles compagnons de la révolution du 4 Août 1983. Toutefois, la famille tient à ce que ce mémorial ne soit pas construit dans l'enceinte du Conseil de l'Entente qui rappelle de douloureux souvenirs en raison des assassinats et des tortures qui ont marqué ce lieu.

Avec toutes ces volontés de valorisation de la mémoire de Thomas observées à travers le monde, on se rend compte avec le temps que Thomas Sankara était un visionnaire. Conscient des actions des détracteurs de la révolution, il savait qu'il était incompris parce qu'il était en avance sur son temps. Il dira alors : « tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront ». Ceci est devenu une réalité. On constate aujourd'hui que la jeunesse s'imprègne de ses idées progressistes pour transformer la société.

Trente après sa disparition, la pensée de Thomas reste vivante et d'actualité.

Encore une fois, je vous félicite pour votre mobilisation et pour votre fidélité à la mémoire du Président Thomas Sankara.

30 ans de résistance !

30 ans d'impunité !

Rendez enfin justice à Thomas Sankara et ses compagnons ainsi qu'à toutes les victimes des crimes impunis !

La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Je vous remercie.

Madame Mariam SANKARA
Montpellier, le 15 Octobre 2017
Source: Bruno Jaffré


Discours de Thomas SANKARA à Addis-Abeba, le 29 Juillet 1987, quelques mois avant sa mort

Au pouvoir depuis 1983 au  Burkina Faso, le  président Thomas  Sankara se distingue par ses positions anti-impérialistes et panafricanistes ainsi que son appui au mouvement des pays non-alignés, désireux de rester à l'écart des  superpuissance s. Le 29 juillet 1987, il prononce un de ses derniers discours devant l'Organisation de l'unité africaine. Son renversement, le 15 octobre 1987, et sa mort marqueront durablement l'histoire de son pays.

Au sujet du fonctionnement de l'OUA

(...) C'est pourquoi je voudrais proposer, Monsieur le président, que nous établissions un barème de sanctions pour les chefs d'États qui ne répondent pas présents à l'appel. Faisons en sorte que par un ensemble de points de bonne conduite, ceux qui viennent régulièrement, comme nous par exemple, (rires de l'assistance et regard sage de Yasser Arafat) puissent être soutenus dans certains de leurs efforts. Exemple : les projets que nous soumettons à la BAD, la Banque africaine de développement doivent être affectés d'un coefficient d'africanité (applaudissements). Les moins africains seront pénalisés. Comme cela tout le monde viendra aux réunions ici...

Au sujet de la dette des pays africains

Nous estimons que la dette s'analyse d'abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l'argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés. Ce sont les mêmes qui géraient les États et les économies. Ce sont les colonisateurs qui endettaient l'Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins (regards approbateurs de Kenneth Kaunda et attentifs de Samora Machel).

Nous étions étrangers à cette dette, nous ne pouvons donc pas la payer.

La dette, c'est encore les néocolonialistes ou les colonisateurs qui se sont transformés en assistants techniques. En fait, nous devrions dire qui se sont transformés en assassins techniques. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des bailleurs de fonds, un terme que l'on emploie chaque jour comme s'il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez d'autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés. On nous a présenté des montages financiers alléchants, des dossiers. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C'est-à-dire que l'on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.

Mais la dette, sous sa forme actuelle, contrôlée et dominée par l'impérialisme, est une reconquête savamment organisée, pour que l'Afrique, sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangères, faisant en sorte que chacun de nous devienne l'esclave financier, c'est-à-dire l'esclave tout court, de ceux qui ont eu l'opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l'obligation de rembourser. On nous dit de rembourser la dette. Ce n'est pas une question morale, ce n'est point une question de ce prétendu honneur que de rembourser ou de ne pas rembourser.

Monsieur le président, nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu'elle est intervenue ici même. Elle a dit, elle qui est européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée. Je voudrais simplement la compléter et dire que la dette ne peut pas être remboursée. La dette ne peut pas être remboursée parce que d'abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c'est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également.

Ceux qui nous ont amenés...ceux qui nous ont conduits à l'endettement ont joué comme dans un casino. Tant qu'ils gagnaient, il n'y avait point de débat. Maintenant qu'ils ont perdu au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. Non, Monsieur le président, ils ont joué, ils ont perdu, c'est la règle du jeu. Et la vie continue. (Applaudissements)

Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n'avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu'au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c'est-à-dire la dette de sang. C'est notre sang qui a été versé.

On parle du Plan Marshall qui a refait l'Europe économique. Mais l'on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l'Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacées, leurs stabilités étaient menacées.

Qui a sauvé l'Europe ? C'est l'Afrique.

On en parle très peu. On en parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l'Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.

La dette, c'est aussi la conséquence des affrontements. Et lorsque on nous parle aujourd'hui de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n'est pas venue de façon subite. La crise existe de tout temps et elle ira en s'aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leurs droits face aux exploiteurs. Il y a crise aujourd'hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l'étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l'Afrique. Il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l'on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos et dans les bas quartiers. Il y a crise parce que les peuples partout refusent d'être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l'exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s'inquiéter.

On nous demande aujourd'hui d'être complices de la recherche d'un équilibre. Équilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Équilibre au détriment de nos masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complices. Non ; nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples. Nous ne pouvons pas les accompagner dans leurs démarches assassines.

Monsieur le président : Nous entendons parler de clubs, club de Rome, club de Paris, club de Partout. Nous entendons parler du groupe des cinq, des sept, du groupe des dix, peut-être du groupe des cent, que sais-je encore ? Il est normal que nous créons notre club et notre groupe. Faisons en sorte que dès aujourd'hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d'ou partira le souffle nouveau : Le Club d'Addis-Abeba.

Nous avons le devoir aujourd'hui de créer le front uni du Club d'Addis-Abeba contre la dette. Ce n'est que de cette façon que nous pourrons dire aux autres, qu'en refusant de payer, nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse mais au contraire dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est. Du reste les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Mais Ceux qui veulent exploiter l'Afrique sont les mêmes qui exploitent l'Europe. Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d'Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saura être payée. Quand nous disons que la dette ne saurait être payée ce n'est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. Nous estimons que nous n'avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n'y a pas la même morale.

La Bible, le Coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité. Il faudra qu'il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. (Applaudissements) Nous ne pouvons pas accepter que l'on nous parle de dignité. Nous ne pouvons pas accepter que l'on nous parle du mérite de ceux qui paient et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne paieraient pas. Nous devons au contraire dire que c'est normal aujourd'hui. Nous devons au contraire reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre quand il vole ne commet qu'un larcin, une peccadille tout juste pour survivre et par nécessité. Les riches, ce sont eux qui volent le fisc, les douanes et qui exploitent les peuples.

Monsieur le président, ma proposition ne vise pas tout simplement à provoquer ou à faire du spectacle. Je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui ici ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas, il peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la banque mondiale payer. Nous tous le souhaitons. (rires et applaudissements)

Ma proposition n'est pas non plus... Je ne voudrais pas qu'on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité, sans expérience. Je ne voudrais pas non plus qu'on pense qu'il n'y a que des révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais qu'on admette simplement que c'est l'objectivité et l'obligation. Et je peux citer, dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette, des révolutionnaires, comme des non révolutionnaires, des jeunes comme des vieux. Je citerai par exemple, Fidel Castro a déjà dit de ne pas payer, il n'a pas mon age, même s'il est révolutionnaire. Mais je pourrais citer également François Mitterrand qui a dit que les pays africains ne pouvaient pas payer, les pays pauvres ne peuvent pas payer. Je pourrais citer madame le premier ministre...je ne connais pas son age et je m'en voudrais de le lui demander. Mais...(rires) c'est un exemple. Je voudrais citer également Félix Houphouët Boigny, il n'a pas mon age. Cependant il a déclaré officiellement et publiquement, du moins pour ce qui concerne son pays, la Côte d'Ivoire ne peut pas payer. Or, la Côte d'ivoire est classée parmi les pays les plus aisés d'Afrique, au moins d'Afrique francophone. C'est pourquoi il est normal qu'elle paye plus, en contribution, ici (éclats de rires).

Mais, Monsieur le Président, ce n'est donc pas de la provocation. Je voudrais que très sagement vous nous offriez des solutions. Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer le dette, non pas dans un esprit belliqueux, belliciste, ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serais pas là à la prochaine conférence. Par contre, avec le soutien de tous, dont j'ai besoin, (applaudissements) avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement.

Et je voudrais terminer en disant que chaque fois qu'un pays africain achète une arme, c'est contre un Africain.

Ce n'est pas contre un Européen, ce n'est pas contre un Asiatique, c'est contre un Africain. Par conséquent nous devons également dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l'armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais Monsieur le président, je voudrais que nous nous désarmions. Parce que moi je porte l'unique arme que je possède, d'autres ont camouflé les armes qu'ils ont.

Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pourrons également utiliser ses immenses potentialités pour développer l'Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches. Nous avons suffisamment de bras et nous avons un marché immense, très vaste du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest. Nous avons suffisamment de capacité intellectuelle pour créer ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pourrons les trouver.

Monsieur le président, faisons en sorte que nous mettions au point ce front uni d'Addis-Abeba contre la dette. Faisons en sorte que ce soit à partir d'Addis-Abeba que nous décidions de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles. Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains : produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l'importer. Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso pour habiller les Burkinabé. Ma délégation et moi-même, nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n'y a pas un seul fil qui vienne de l'Europe ou de l'Amérique. (applaudissements) Je ne fais pas un défilé de mode mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain. C'est la seule façon de vivre libre et de vivre digne.

Je vous remercie, Monsieur le président.

La patrie ou la mort, nous vaincrons. (applaudissements nourris)

Source:  perspective.usherbrooke.ca

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15 octobre 1987 : dans les rues de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, blindés et tanks occupent tous les carrefours et des soldats font irruption dans tous les sièges du gouvernement ; dans une pièce d'un bâtiment du centre-ville, deux compagnons d'armes discutent avec animation : il s'agit de Thomas Sankara et Blaise Compaoré, respectivement président et vice-président de ce pays africain ; à un certain moment, le deuxième tire sur le premier deux coups de pistolet qui lui seront fatals.

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Ce discours n'existait que sous forme de fichier audio. Il était donc resté jusqu'ici inédit et n'avait donc pas été publié. La retranscription a été réalisée par Ulysse Perez. Qu'il soit ici remercié. La rédaction du site

Camarades de la Révolution démocratique et populaire,
Avant toute chose, je voudrais demander à chacun de nous d'observer une minute de silence, minute de silence en hommage, à la mémoire de nos chers disparus, tous ceux qui, connus ou inconnus, ont payé de leur sang pour qu'aujourd'hui nous puissions fêter l'An Il de la RDP.