Soudan/conseil militaire: Nous n'avons pas dispersé le sit-in par la force

03-06-2019 aa.com.tr 3 min #157295

Sudan

AA/Khartoum

Le Conseil militaire soudanais a nié, lundi, avoir dispersé le sit-in des protestataires devant le siège du commandement de l'armée à Khartoum. Il a assuré avoir visé la région de « Colombie » qu'il qualifie de dangereuse.

Le porte-parole du Conseil, Chamseddine Kabbachi, a déclaré à la chaîne « Sky News » que « nous n'avons pas dispersé le sit-in par la force, nous avons visé la région dangereuse de Colombie ».

Et Kabbachi d'ajouter que « les jeunes se déplacent librement et il n'y a pas d'éléments militaires dans la région du sit-in ».

« Il est prévu de reprendre, aujourd'hui ou demain, les concertations autour du transfert civil du pouvoir », a précisé le porte-parole.

Le Rassemblement des professionnels soudanais a appelé, à la suite de la dispersion du sit-in à « déclarer la désobéissance civile pour destituer le Conseil militaire meurtrier et poursuivre notre révolution ».

Il a souligné, dans le même contexte, que "les protestataires en sit-in devant le commandement des forces populaires armées sont visés par un massacre sanguinaire, dans une tentative subite de dispersion de ce sit-in".

Lundi à l'aube, les autorités soudanaises avaient procédé à la dispersion de milliers de protestataires, en sit-in devant le centre de commandement militaire dans la capitale Khartoum, en utilisant des balles réelles et des bombes lacrymogènes, selon des témoins oculaires.

Le Comité des médecins soudanais a annoncé, pour sa part,, que 13 personnes avaient été tuées et que des dizaines d'autres avaient été blessées dans la dispersion du sit-in par les autorités.

Les commandants de l'armée soudanaise avaient démis Omar al-Bachir de la présidence, le 11 avril dernier, après 30 années au pouvoir, sous la pression de manifestations populaires déclenchées depuis l'année dernière, en protestation contre la dégradation de la situation économique.

Des milliers de Soudanais campent devant le centre de commandement de l'armée à Khartoum, pour amener le Conseil militaire à accélérer le transfert du pouvoir à des civils, suite à des craintes de récupération par l'armée des revendications de changement, comme c'était le cas dans d'autres pays selon les protestataires.

 aa.com.tr

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