
par Olivier Renault.
Jamais auparavant dans le conflit qui dure depuis huit ans, il n'a été possible d'engager tous les acteurs étrangers dans des accords obtenus dimanche à Berlin.
La France et l'Italie ont échoué à Paris et Palerme en 2018. Avant de convoquer le sommet, la diplomatie allemande a engagé les participants à une déclaration en 55 points lors de cinq cycles de négociations. Les participants au sommet se sont mis d'accord sur un armistice et un embargo sur les armes. Quiconque contrevient à cela devrait être sanctionné par les Nations Unies. Selon la diplomatie allemande, c'est un succès car «il n'y a aucune chance de trouver une solution militaire». Pour d'autres, cela repose sur du sable.

La Chine, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, les États-Unis en tant que cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Italie, le Congo, la Turquie et l'Algérie étaient à la rencontre du «Processus de Berlin» plus la Ligue arabe, l'Union européenne et l'Union africaine. Les participants ont donné leur accord pour stopper l'ingérence étrangère dans les luttes internes libyennes afin que les armes et les fournitures de mercenaires soient coupées et que le mécanisme de stabilisation ait une chance.
Toutes les parties concernées ont leurs propres intérêts à cœur en Libye. Selon Andreas Dittmann, professeur de géographie et chercheur sur le développement à l'Université de Giessen, cité par la Deutsche Welle, «le GNA peut difficilement contrôler ses troupes alliées» et «bien que le GNA soit reconnu par la plupart des pays et les Nations Unies, il n'a pas été élu par les Libyens» puis ce dernier nous met en garde sur le fait qu' «une guerre européenne par procuration a également lieu en Libye» car, par exemple, la France et l'Italie se disputent les exportations de pétrole libyen allafrica.com. A cela s'ajoute les intérêts de la Russie, de la Turquie, des Etats-Unis ou de l'Allemagne sans parler du fait que la Tunisie businessnews.com.tn ou l'Iran n'étaient pas à la rencontre de Berlin. L'Algérie a reçu, comme la Tunisie, l'invitation officielle que deux jours avant ce qui montre à quel point Berlin déconsidère ces deux pays.
Pour le Junge Freiheit, les Européens ont raté le train: «Les discussions menées par Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, sur une force de l'UE pour superviser un cessez-le-feu et un embargo sur les armes sont les illusions habituelles et exagérées des technocrates qui travaillent dans les palais de verre de Bruxelles et de New York» jungefreiheit.de. Angela Merkel a d'ailleurs déclaré à la fin de la rencontre bundeskanzlerin.de : «Nous savons que, bien sûr, nous n'avons pas été en mesure de résoudre tous les problèmes en Libye aujourd'hui, ce n'est qu'un nouvel élan». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a annoncé la tenue d'une prochaine conférence sur la Libye en début du mois de février.
source : observateurcontinental.fr