21/03/2020 entelekheia.fr  17 min #170713

Quelques fausses affirmations sur le nouveau coronavirus et de quoi les réfuter

Ses victimes mises à part, l'un des principaux problèmes qu'une crise sanitaire comme celle que nous traversons tient à son sillage de rumeurs, de fausses informations, de conjectures et de guerre de chiffres. Personne n'y échappe, ni les réseaux sociaux, ni les médias grand public - de quoi embrouiller les esprits les plus clairs.

Quelques-uns, par ci par là, essaient de démêler le vrai du faux. Cet article, par exemple, tente de donner quelques pistes sûres, même si la désinformation sur le Covid-19 ne se résume pas, et de loin, aux points évoqués plus bas...

Par B
Paru sur  Moon of Alabama sous le titre False Claims About The Novel Coronavirus And How To Debunk Them

Hier, la Chine n'a signalé  aucun nouveau cas d'infection au nouveau coronavirus. Elle a vaincu l'épidémie, comme nous l'avions  prédit au départ. Les autres pays, où l'épidémie continue de s'étendre, devront adopter toutes les mesures que la Chine a prises pour gagner également le combat.

...

En attendant, voici quelques-unes des fausses affirmations qui sont faites au sujet de la pandémie et les faits à mêmes de les réfuter.

Faux :

Le nouveau coronavirus SRAS-CoV-2 est un virus chinois qui provient des chauves-souris. Il a infecté les gens parce que les Chinois mangent des chauves-souris.

Les faits :

La source du virus n'est en fait pas encore connue. Le patient numéro 1, la personne qui a été la première à porter le virus, n'a pas été retrouvé. Le marché de produits frais de Wuhan, où sont vendus des animaux,  n'est pas à l'origine de l'épidémie :

L'article, rédigé par un important groupe de chercheurs chinois de plusieurs institutions, donne des détails sur les 41 premiers patients hospitalisés qui ont eu des infections confirmées par ce qui a été baptisé nouveau coronavirus 2019 (nCOV 2019). Dans le premier cas, le patient est tombé malade le 1er décembre 2019 et n'avait aucun lien déclaré avec le marché des fruits de mer, selon les auteurs. « Aucun lien épidémiologique n'a été trouvé entre le premier patient et les cas ultérieurs », affirment-ils. Leurs données montrent également qu'au total, 13 des 41 cas n'avaient aucun lien avec le marché. « C'est beaucoup, treize sans aucun lien », a déclaré Daniel Lucey, spécialiste des maladies infectieuses à l'université de Georgetown.

Si le nouveau coronavirus est peut-être un virus initialement transmis par des chauves-souris, il est peu probable qu'il soit passé d'une chauve-souris à un être humain. L'ancien virus du SRAS, qui est quelque peu similaire au nouveau coronavirus, provenait des chauves-souris mais s'est d'abord propagé à d'autres animaux avant de muter à partir de là en une forme qui infecte les humains.

Le seul endroit où les chauves-souris sont considérées comme de la nourriture est  l'île de Palau en Micronésie, dans le Pacifique, qui est plus ou moins une colonie américaine. Les vidéos censées montrer des citoyens chinois mangeant de la soupe aux chauve-souris frugivores ont en fait été  filmées sur cette île.

[Elles sont également consommées dans  certaines régions d'Indonésie, par exemple le Sulawesi du Nord, NdT]

Faux :

Le virus est lié au VIH, le virus qui cause le sida.

Les faits :

Certains chercheurs indiens ont trouvé quatre séquences de génome dans le nouveau coronavirus que l'on retrouve également dans le virus VIH. Ils ont publié eux-mêmes leurs découvertes dans un article qui n'a pas été relu par des pairs. Nous avons discuté de ce document en détail le 1er février dans  notre deuxième article sur le virus et nous avons exprimé de sérieux doutes quant à sa véracité. Quelques jours plus tard, l'article a été  retiré par ses auteurs après que d'autres scientifiques aient souligné que les longueurs de chacune des quatre séquences qu'ils avaient comparées étaient bien trop réduites pour être significatives.

Faux :

Les Asiatiques sont génétiquement plus vulnérables au nouveau coronavirus que les autres.

Les faits :

Le virus pénètre dans les cellules humaines en se liant au récepteur ACE-2 sur la coque des cellules. Il a été affirmé que les personnes en Asie ont plus de récepteurs ACE-2 que les autres personnes. Mais des études détaillées de diverses bases de données de séquences de génomes n'ont trouvé  aucun fondement statistique à cette affirmation. Les personnes d'origine asiatique, européenne ou africaine ont toutes le même nombre de récepteurs ACE-2. Le virus peut les affecter de la même manière.

Faux :

Le virus provient d'un laboratoire P4 de recherches militaires.

Les faits :

Rien ne prouve que le virus provienne d'un laboratoire d'armes biologiques chinois, américain ou autre. Cette affirmation n'a en fait aucun sens. Le génome du virus est constitué de plus de 23 000 « lettres ». Il est sensiblement différent du génome des autres virus connus. (Ajouté) : Il n'est  pas fabriqué en laboratoire.

Nous offrons une perspective sur les caractéristiques notables du génome du SRAS-CoV-2 et discutons des scénarios selon lesquels elles auraient pu apparaître. Nos analyses montrent clairement que le CoV-2 du SRAS n'est pas une fabrication de laboratoire ni un virus manipulé.

Créer artificiellement une entité aussi complexe et tester toutes ses variantes aurait été un programme de la taille du projet Manhattan et aurait coûté des milliards.

Les chercheurs en armes biologiques sont des gens sains d'esprit qui disposent d'un budget limité. Ils cherchent des méthodes aptes à vaincre un ennemi. Un virus qui touche tous les humains sans discrimination, mais qui tue prioritairement des personnes très âgées n'aurait aucune valeur militaire.

Faux :

Moon of Alabama a minimisé le danger du virus.

Les faits :

Notre premier article sur la question était intitulé « Le coronavirus - pas de panique » [traduit ci sous le titre  « Coronavirus, faut-il paniquer ? », NdT]. Il traitait de la contagiosité et du taux de mortalité de la nouvelle maladie à coronavirus en comparaison avec d'autres maladies causées par des virus. Nous avons souligné qu'elle est moins infectieuse et moins mortelle que, par exemple, le SRAS, mais nous n'avons jamais dit qu'elle n'était pas dangereuse du tout. En fait, les chiffres que nous avons indiqués disent le contraire.

Traduction et note d'introduction Entelekheia
Photo Pixabay

Note d'Entelekheia :

Une autre fausse affirmation sur le coronavirus

Faux :

Les Chinois n'ont transmis aucune donnée, ou du moins aucune donnée fiable.

Les faits :

Dès le 28 janvier dernier, l'OMS a lancé une campagne conjointe avec la Chine. Voir  le communiqué de l'OMS ici.

Citations,

Les deux parties ont convenu que l'OMS enverra des experts internationaux en Chine dès que possible pour travailler avec leurs homologues chinois afin de mieux comprendre l'épidémie et d'orienter les efforts de réponse au niveau mondial.

La délégation de l'OMS a beaucoup apprécié les mesures prises par la Chine en réponse à l'épidémie, la rapidité avec laquelle elle a identifié le virus et son ouverture au partage d'informations avec l'OMS et d'autres pays.

L'OMS suit en permanence l'évolution de la situation et le Directeur général peut convoquer à nouveau le comité d'urgence du Règlement sanitaire international (2005) dans un délai très court si nécessaire. Les membres du comité sont en stand-by et sont régulièrement informés de l'évolution de la situation. »

Le 24 février, dans un nouveau communiqué (lien en PDF), l'OMS déclarait :

Comme convenu entre les deux parties, la Chine et l'OMS ont invité des experts chinois et étrangers à former une mission conjointe pour enquêter sur la prévention et le contrôle de l'épidémie en Chine. À partir du 16 février, la mission conjointe s'est rendue successivement à Pékin, dans le Guangdong, le Sichuan et à Wuhan, dans la province de Hubei...

l'OMS est là depuis le début de cette crise, une épidémie, travaillant chaque jour avec le gouvernement chinois... L'OMS était là depuis le début et n'est jamais partie.

Et nous devons également remercier les centaines et centaines de personnes à qui nous avons parlé, que nous avons « interrogées » au cours des dix derniers jours dans toute la Chine. Je pense que nous avons les avons épuisées autant que leur travail lui-même les a épuisées. Et c'était important parce que ce sont en fait leurs informations qui nous ont aidés à examiner ce qui pourrait être un brouillard dense dans toute crise à développement aussi rapide, et il peut être très difficile d'essayer de trouver ces petites pépites d'information qui finissent par aider à rassembler une image cohérente. Et ce dont nous parlons est le travail de certaines personnes incroyablement talentueuses dans tout le pays, et des personnes très travailleuses. Et lorsque nous avons traversé le pays, nous avons voyagé en train, en avion, en bus et sur les routes, et chaque fois que nous avions un temps de repos, tous nos collègues chinois s'effondraient et dormaient pendant 30 secondes avant de se remettre au travail.
Et je pense que cela reflète simplement les semaines, et maintenant les mois de leurs très longues heures de travail, et nous sommes très conscients du temps qu'ils nous ont accordé. »

Ses victimes mises à part, l'un des principaux problèmes qu'une crise sanitaire comme celle que nous traversons tient à son sillage de rumeurs, de fausses informations, de conjectures et de guerre de chiffres. Personne n'y échappe, ni les réseaux sociaux, ni les médias grand public - de quoi embrouiller les esprits les plus clairs.

Quelques-uns, par ci par là, essaient de démêler le vrai du faux. Cet article, par exemple, tente de donner quelques pistes sûres, même si la désinformation sur le Covid-19 ne se résume pas, et de loin, aux points évoqués plus bas...

Par B
Paru sur  Moon of Alabama sous le titre False Claims About The Novel Coronavirus And How To Debunk Them

Hier, la Chine n'a signalé  aucun nouveau cas d'infection au nouveau coronavirus. Elle a vaincu l'épidémie, comme nous l'avions  prédit au départ. Les autres pays, où l'épidémie continue de s'étendre, devront adopter toutes les mesures que la Chine a prises pour gagner également le combat.

...

En attendant, voici quelques-unes des fausses affirmations qui sont faites au sujet de la pandémie et les faits à mêmes de les réfuter.

Faux :

Le nouveau coronavirus SRAS-CoV-2 est un virus chinois qui provient des chauves-souris. Il a infecté les gens parce que les Chinois mangent des chauves-souris.

Les faits :

La source du virus n'est en fait pas encore connue. Le patient numéro 1, la personne qui a été la première à porter le virus, n'a pas été retrouvé. Le marché de produits frais de Wuhan, où sont vendus des animaux,  n'est pas à l'origine de l'épidémie :

L'article, rédigé par un important groupe de chercheurs chinois de plusieurs institutions, donne des détails sur les 41 premiers patients hospitalisés qui ont eu des infections confirmées par ce qui a été baptisé nouveau coronavirus 2019 (nCOV 2019). Dans le premier cas, le patient est tombé malade le 1er décembre 2019 et n'avait aucun lien déclaré avec le marché des fruits de mer, selon les auteurs. « Aucun lien épidémiologique n'a été trouvé entre le premier patient et les cas ultérieurs », affirment-ils. Leurs données montrent également qu'au total, 13 des 41 cas n'avaient aucun lien avec le marché. « C'est beaucoup, treize sans aucun lien », a déclaré Daniel Lucey, spécialiste des maladies infectieuses à l'université de Georgetown.

Si le nouveau coronavirus est peut-être un virus initialement transmis par des chauves-souris, il est peu probable qu'il soit passé d'une chauve-souris à un être humain. L'ancien virus du SRAS, qui est quelque peu similaire au nouveau coronavirus, provenait des chauves-souris mais s'est d'abord propagé à d'autres animaux avant de muter à partir de là en une forme qui infecte les humains.

Le seul endroit où les chauves-souris sont considérées comme de la nourriture est  l'île de Palau en Micronésie, dans le Pacifique, qui est plus ou moins une colonie américaine. Les vidéos censées montrer des citoyens chinois mangeant de la soupe aux chauve-souris frugivores ont en fait été  filmées sur cette île.

[Elles sont également consommées dans  certaines régions d'Indonésie, par exemple le Sulawesi du Nord, NdT]

Faux :

Le virus est lié au VIH, le virus qui cause le sida.

Les faits :

Certains chercheurs indiens ont trouvé quatre séquences de génome dans le nouveau coronavirus que l'on retrouve également dans le virus VIH. Ils ont publié eux-mêmes leurs découvertes dans un article qui n'a pas été relu par des pairs. Nous avons discuté de ce document en détail le 1er février dans  notre deuxième article sur le virus et nous avons exprimé de sérieux doutes quant à sa véracité. Quelques jours plus tard, l'article a été  retiré par ses auteurs après que d'autres scientifiques aient souligné que les longueurs de chacune des quatre séquences qu'ils avaient comparées étaient bien trop réduites pour être significatives.

Faux :

Les Asiatiques sont génétiquement plus vulnérables au nouveau coronavirus que les autres.

Les faits :

Le virus pénètre dans les cellules humaines en se liant au récepteur ACE-2 sur la coque des cellules. Il a été affirmé que les personnes en Asie ont plus de récepteurs ACE-2 que les autres personnes. Mais des études détaillées de diverses bases de données de séquences de génomes n'ont trouvé  aucun fondement statistique à cette affirmation. Les personnes d'origine asiatique, européenne ou africaine ont toutes le même nombre de récepteurs ACE-2. Le virus peut les affecter de la même manière.

Faux :

Le virus provient d'un laboratoire P4 de recherches militaires.

Les faits :

Rien ne prouve que le virus provienne d'un laboratoire d'armes biologiques chinois, américain ou autre. Cette affirmation n'a en fait aucun sens. Le génome du virus est constitué de plus de 23 000 « lettres ». Il est sensiblement différent du génome des autres virus connus. (Ajouté) : Il n'est  pas fabriqué en laboratoire.

Nous offrons une perspective sur les caractéristiques notables du génome du SRAS-CoV-2 et discutons des scénarios selon lesquels elles auraient pu apparaître. Nos analyses montrent clairement que le CoV-2 du SRAS n'est pas une fabrication de laboratoire ni un virus manipulé.

Créer artificiellement une entité aussi complexe et tester toutes ses variantes aurait été un programme de la taille du projet Manhattan et aurait coûté des milliards.

Les chercheurs en armes biologiques sont des gens sains d'esprit qui disposent d'un budget limité. Ils cherchent des méthodes aptes à vaincre un ennemi. Un virus qui touche tous les humains sans discrimination, mais qui tue prioritairement des personnes très âgées n'aurait aucune valeur militaire.

Faux :

Moon of Alabama a minimisé le danger du virus.

Les faits :

Notre premier article sur la question était intitulé « Le coronavirus - pas de panique » [traduit ci sous le titre  « Coronavirus, faut-il paniquer ? », NdT]. Il traitait de la contagiosité et du taux de mortalité de la nouvelle maladie à coronavirus en comparaison avec d'autres maladies causées par des virus. Nous avons souligné qu'elle est moins infectieuse et moins mortelle que, par exemple, le SRAS, mais nous n'avons jamais dit qu'elle n'était pas dangereuse du tout. En fait, les chiffres que nous avons indiqués disent le contraire.

Traduction et note d'introduction Entelekheia
Photo Pixabay

Note d'Entelekheia :

Une autre fausse affirmation sur le coronavirus

Faux :

Les Chinois n'ont transmis aucune donnée, ou du moins aucune donnée fiable.

Les faits :

Dès le 28 janvier dernier, l'OMS a lancé une campagne conjointe avec la Chine. Voir  le communiqué de l'OMS ici.

Citations,

Les deux parties ont convenu que l'OMS enverra des experts internationaux en Chine dès que possible pour travailler avec leurs homologues chinois afin de mieux comprendre l'épidémie et d'orienter les efforts de réponse au niveau mondial.

La délégation de l'OMS a beaucoup apprécié les mesures prises par la Chine en réponse à l'épidémie, la rapidité avec laquelle elle a identifié le virus et son ouverture au partage d'informations avec l'OMS et d'autres pays.

L'OMS suit en permanence l'évolution de la situation et le Directeur général peut convoquer à nouveau le comité d'urgence du Règlement sanitaire international (2005) dans un délai très court si nécessaire. Les membres du comité sont en stand-by et sont régulièrement informés de l'évolution de la situation. »

Le 24 février, dans un nouveau communiqué (lien en PDF), l'OMS déclarait :

Comme convenu entre les deux parties, la Chine et l'OMS ont invité des experts chinois et étrangers à former une mission conjointe pour enquêter sur la prévention et le contrôle de l'épidémie en Chine. À partir du 16 février, la mission conjointe s'est rendue successivement à Pékin, dans le Guangdong, le Sichuan et à Wuhan, dans la province de Hubei...

l'OMS est là depuis le début de cette crise, une épidémie, travaillant chaque jour avec le gouvernement chinois... L'OMS était là depuis le début et n'est jamais partie.

Et nous devons également remercier les centaines et centaines de personnes à qui nous avons parlé, que nous avons « interrogées » au cours des dix derniers jours dans toute la Chine. Je pense que nous avons les avons épuisées autant que leur travail lui-même les a épuisées. Et c'était important parce que ce sont en fait leurs informations qui nous ont aidés à examiner ce qui pourrait être un brouillard dense dans toute crise à développement aussi rapide, et il peut être très difficile d'essayer de trouver ces petites pépites d'information qui finissent par aider à rassembler une image cohérente. Et ce dont nous parlons est le travail de certaines personnes incroyablement talentueuses dans tout le pays, et des personnes très travailleuses. Et lorsque nous avons traversé le pays, nous avons voyagé en train, en avion, en bus et sur les routes, et chaque fois que nous avions un temps de repos, tous nos collègues chinois s'effondraient et dormaient pendant 30 secondes avant de se remettre au travail.
Et je pense que cela reflète simplement les semaines, et maintenant les mois de leurs très longues heures de travail, et nous sommes très conscients du temps qu'ils nous ont accordé. »

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