15/05/2024 francais.rt.com  4 min #248670

Nouvelle-Calédonie : Émeutes et couvre-feu à Nouméa

Nouvelle-Calédonie : quatre morts dans les émeutes, Macron décrète l'état d'urgence


© THEO ROUBY Source: AFP

Des installations sportives incendiées (ici, un mur d'escalade) lors des émeutes de Nouméa en Nouvelle-Calédonie le 15 mai au petit matin. Les violences ont fait deux morts dans la nuit.

Le président français Emmanuel Macron a décidé ce 15 mai de «déclarer l'état d'urgence en Nouvelle-Calédonie» après des émeutes au cours desquelles quatre personnes ont été tuées, dont un gendarme.

Ce gendarme de 22 ans avait été touché par un tir à tête plus tôt dans la journée dans le secteur de Plum, non loin de Nouméa, a précisé la gendarmerie.

«Toutes les violences sont intolérables et feront l'objet d'une réponse implacable pour assurer le retour de l'ordre républicain», a déclaré la présidence française à l'issue d'une réunion de crise du Conseil de défense et de sécurité nationale. «Le président de la République a rappelé la nécessité d'une reprise du dialogue politique», a ajouté l'Elysée.

Depuis la veille au soir, les appels à instaurer l'état d'urgence s'étaient multipliés. «Je demande au gouvernement d'activer l'état d'urgence sur ce territoire», avait déclaré le président des Républicains  Éric Ciotti.

Alors que l'Assemblée nationale a voté le 14 mai le texte sur le dégel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, l'archipel s'est embrasé pour une deuxième nuit consécutive.

Sur RTL, le ministre de l'Intérieur  Gérald Darmanin a lui déploré en sus des centaines de blessés, dont une centaine de policiers et gendarmes ainsi que des dizaines de maisons et d'entreprises brûlées.

Demande d'état d'urgence à droite, de retrait du texte à gauche

Après Éric Ciotti, c'est le président du groupe LR à l'Assemblée  Olivier Marleix qui a réclamé l'instauration de l'état d'urgence sur LCI dans la matinée quand le chef de file de la droite parlementaire au Sénat  Bruno Retailleau faisait de même sur les ondes de France Info.

La présidente du Rassemblement national  Marine Le Pen réclame également une telle mesure, estimant qu'«il en va de la sécurité des personnes».

Il en va de la sécurité des personnes, plusieurs morts étant déjà à déplorer mais aussi des biens, notamment du tissu économique de l’île, lourdement dégradé lors des émeutes.

À gauche, La France insoumise réclame le retrait du texte voté le 14 mai. Le député  François Ruffin évoque ainsi «la tension et la provocation du camp présidentiel».  Sandrine Rousseau, député écologiste, a également chargé la majorité au pouvoir en déclarant sur le réseau social X (ex-Twitter) : «Un mort en Nouvelle Calédonie, des centaines de blessés. Tout cela parce que le gouvernement utilise les bonnes vieilles méthodes coloniales : peuplement, autoritarisme et répression.»

Un mort en Nouvelle Calédonie, des centaines de blessés. Tout cela parce que le gouvernement utilise les bonnes vieilles méthodes coloniales : peuplement, autoritarisme et répression.
Une autre issue doit être trouvée. Soutien au peuple calédonien. #NouvelleCalédonie

«Actes terroristes» et attaques ethniques : les élus de la majorité tirent la sonnette d'larme

De son côté, le député de la majorité  Nicolas Metzdorf, élu de Nouvelle-Calédonie, invite à un dialogue entre indépendantistes et non indépendantistes à Paris, soutenant ainsi une initiative proposée par Emmanuel Macron. L'élu a par ailleurs fait part de la souffrance des populations sur place sur les ondes de  France Inter alors que « des Calédoniens sont attaqués parce qu'ils ont une couleur de peau particulière», faisant référence aux attaques contre les blancs dans l'archipel.

Dans un courrier adressé ce 15 mai au matin au président de la République, la présidente macroniste de l'assemblée de la province Sud de la Nouvelle-Calédonie  Sonia Backes a évoqué «des actes terroristes organisés par le bras armé du mouvement indépendantiste». «Sans une intervention massive et urgente de l'État, nous perdons le contrôle de ma Nouvelle-Calédonie», a-t-elle déploré.

Les indépendantistes remettent en cause la réforme de la Constitution envisagée à la suite du triple vote négatif aux référendums d'indépendance entre 2018 et 2021. La réforme prévoit d'élargir le droit de vote à de nouveaux électeurs aux élections provinciales, le scrutin local le plus important dans cet archipel. Les indépendantistes estiment que les Kanaks (population native) risquent d'être désavantagés par cette réforme. Cette arrivée de nouveaux électeurs est appelée le «dégel du corps électoral».

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