10/07/2024 francais.rt.com  5min #252309

 Législatives : Mélenchon savoure la victoire du Nfp, Bardella fustige Macron pour avoir «jeté» la France à gauche

Vers la gauche ou vers la droite ? Le nouveau dilemme du centre macroniste

© JULIEN DE ROSA Source: AFP

Aurore Bergé et Maud Bregeon, élues députées Ensemble et toutes deux issues des Républicains, plaident pour une alliance avec la droite.

«Il va bien falloir que l'on accepte de tendre la main et de faire des compromis.» Sur France 2, la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes 𝕏 Aurore Bergé a estimé ce 10 juillet que le centre macroniste devrait chercher un partenaire pour gouverner.

Ce transfuge des Républicains (LR) aspire à un accord avec la droite, estimant qu'il existe «une alternative au Nouveau Front populaire» (NFP) via «une coalition de projets» ou une «alliance programmatique» avec LR. Sans fermer la porte à l'ensemble des gauches, elle fixe cependant «une ligne rouge claire», à savoir «pas un seul ministre LFI au sein du gouvernement», brandissant déjà la menace d'une motion de censure si cela venait à se produire.

Une autre ancienne LR passée au centre plaide pour un tel rapprochement : Maud Bregeon, porte-parole de la majorité macroniste sortante et réélue députée. «La question est simple : est-ce qu'on arrive à s'accorder sur l'essentiel avec les députés LR, ou est-ce que le NFP reste la première force à l'Assemblée, avec toutes les conséquences que cela aurait ?», a-t-elle résumé. Et de conclure : «Les Français ne nous pardonneront jamais de laisser les clés à LFI.» L'élue n'admet par ailleurs pas non plus une alliance avec les écologistes, reprochant à ces derniers d'avoir invité «le rappeur Médine à leur université d'été» et de travailler avec «ceux qui envoient des boules de pétanque sur les forces de l'ordre à Sainte-Soline».

💬 Si les LR refusent tout compromis, alors ce sera un gouvernement NFP. Je crois que leurs électeurs ne leur pardonneraient pas.

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- Aurore Bergé (@auroreberge)

💬 Si les LR refusent tout compromis, alors ce sera un gouvernement NFP. Je crois que leurs électeurs ne leur pardonneraient pas.
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Gouvernement de transition et barrage contre le NFP

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, autre transfuge des Républicains, a de son côté rejeté clairement une alliance à gauche, affirmant sur les ondes d'Europe 1 ce 10 juillet qu'il ne voterait «pas un seul texte du Nouveau Front populaire». Incarnant la ligne droitière du macronisme, le ministre réélu député dans le Nord a enfin donné sa préférence pour une alliance avec ses anciens collègues LR : «Il pourrait y avoir un Premier ministre de droite, ça ne me gênerait en rien.»

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle pour LR  Valérie Pécresse a quant à elle plaidé ce 10 juillet pour «un gouvernement de transition au moins pour cet été», évoquant la priorité des Jeux olympiques. La présidente de la région Île-de-France a estimé sur les ondes de France Info qu'il serait «logique» d'avoir un gouvernement de la droite et du centre. «La France n'a jamais été aussi à droite» a-t-elle affirmé, réclamant de «faire complètement barrage au programme totalement fou du Nouveau Front populaire qui amènerait la France au chaos et à la faillite». Néanmoins peu confiante pour les mois à venir, elle a conclu son propos par une prédiction lapidaire : «D'ici un an, tout ça se traduira par un retour aux urnes.» Valérie Pécresse en appelle à la reconstruction de la droite.

Sans majorité absolue, l'hypothèse d'un gouvernement Ensemble et LR est une gentille chimère. Le moment de vérité sera le budget 2025 en septembre : impossible de surmonter la majorité de blocage du RN et du NFP !

Il faut à la France un gouvernement de transition pour piloter...  pic.twitter.com/0B40uqTcO1

- Valérie Pécresse (@vpecresse)

Sans majorité absolue, l’hypothèse d’un gouvernement Ensemble et LR est une gentille chimère. Le moment de vérité sera le budget 2025 en septembre : impossible de surmonter la majorité  de blocage du RN et du NFP !
Il faut à la France un gouvernement de transition pour piloter…

Des mains tendues à gauche

Du côté des plus modérés du Nouveau Front populaire, la parole se libère aussi. La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, prône une «majorité élargie» mais rejette l'idée d'un Premier ministre de droite. Sur TF1 ce 10 juillet, elle a défendu une coalition bâtie autour du PS, évoquant une union qui comprendrait les alliés communistes, les écologistes et les Insoumis «dans une logique [...] de construction», mais également «une partie de Renaissance». Et d'ajouter : «C'est indispensable pour avoir une majorité.»

Un scénario d'alliance large également envisagé par la maire de Paris  Anne Hidalgo qui estime qu'«il faut donc discuter avec les uns et les autres. Les parlementaires ont été élus grâce au front républicain, à droite comme à gauche. Il faut reconnaître cette situation particulière et accepter de discuter».

Un mois après la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin par Emmanuel Macron, la chambre basse nouvellement élue consacre trois blocs avec le NFP à gauche, le centre macroniste et le Rassemblement national (RN). Trois ensembles disposant d'un nombre de députés compris entre 126 et 182. Faute de majorité absolue, le jeu d'alliances est devenu indispensable et permet aux Républicains et à leurs alliés, qui comptent 68 députés, d'envisager d'intégrer une coalition.

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