11/01/2026 francais.rt.com  3min #301558

 L'Iran sur le pied de guerre : Trump menace d'intervenir pour «soutenir les émeutiers». Téhéran menace les intérêts américains et célèbre le «Conquérant de Khaybar»

«Nous écouterons les revendications socio-économiques, mais nous ne céderons pas aux violences», affirme le président iranien

Source: AP

Le président iranien Massoud Pezechkian s'exprime lors d'une cérémonie à la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran, en Iran, le 1er janvier 2026.

Face à l'escalade des violences qui secoue l'Iran, Massoud Pezeshkian s'est exprimé pour dénoncer une ingérence étrangère orchestrée par les États-Unis et Israël. Il appelle la population à ne pas confondre protestation légitime et actes de sabotage, tout en affirmant la volonté du gouvernement d'entendre les revendications économiques.

Dans une allocution télévisée diffusée ce 11 janvier, le président iranien a réaffirmé son engagement à répondre aux attentes économiques et sociales de la population. Il s'est voulu à l'écoute, tout en affichant une ligne claire : la sécurité du pays ne sera pas sacrifiée.

« Nous sommes prêts à écouter la voix du peuple et déterminés à poursuivre des réformes économiques », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité de faire la distinction entre des citoyens exprimant un malaise réel et des éléments violents venus semer le désordre. « Nous marcherons avec ceux qui veulent exprimer des demandes légitimes, mais nous ne permettrons pas la destruction de notre société », a-t-il affirmé.

Le président iranien a appelé au calme, estimant que les tensions actuelles exigent sang-froid et solidarité. Il a également réaffirmé que l'État ne laissera pas s'installer une logique de chaos.

Des violences orchestrées depuis l'étranger

Massoud Pezeshkian a ensuite élargi son propos en désignant clairement les responsables extérieurs qu'il accuse de manipuler les violences. Selon lui, les troubles récents ne relèvent pas uniquement de tensions internes, mais d'une offensive organisée depuis l'étranger. Il pointe directement les États-Unis et Israël.

« Ces gens ne sont pas des nôtres, ils ne font pas partie de cette nation », a-t-il déclaré. « Ils ont été formés et à l'intérieur et à l'extérieur du pays pour incendier des mosquées, des marchés, des maisons ». Avant d'ajouter : « Ce sont les mêmes qui ont frappé ce pays et qui aujourd'hui leur ordonnent d'agir. ».

Le président iranien met en garde : « Je supplie les familles : ne laissez pas vos enfants être manipulés par ceux qui viennent pour tuer et décapiter ». Il affirme que ces actes ne peuvent en aucun cas être associés à un mouvement de protestation ordinaire. Les responsables sont, selon lui, des groupes liés à des puissances étrangères cherchant à saper la stabilité nationale.

Un contexte de tension et un appel à l'unité

Les propos du président interviennent après plusieurs jours de troubles dans le pays. Des manifestations ont éclaté en fin d'année dans un climat de crise économique. Les autorités ont signalé la présence de groupes armés dans certaines villes, des attaques ciblées contre des bâtiments publics et des lieux de culte, ainsi que des affrontements avec les forces de l'ordre.

Les violences du 8 janvier ont fait au moins 12 morts parmi les civils, dont un enfant. Les autorités iraniennes ont également annoncé la mort de 25 membres des forces de sécurité. Le maire de Téhéran, Ali Reza Zakani, a rapporté l'incendie de 25 mosquées, la destruction de 26 banques, et des dégradations sur des centres médicaux, institutions publiques et véhicules de secours.

Face à cette situation, le président a lancé un appel à l'unité. « Le peuple ne devrait pas permettre aux émeutiers de déstabiliser la société », a-t-il affirmé. Et de conclure : « Il est de notre devoir d'écouter les préoccupations du peuple, mais le devoir le plus élevé est de ne pas permettre à une minorité de détruire toute la société. »

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