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Donald Trump en déplacement dans les pays du Golfe en mai 2025. [Photo d'illustration]
Une frappe américaine contre l'Iran a été suspendue après une nuit de fortes tensions et d'intenses contacts diplomatiques. L'Arabie saoudite, le Qatar et Oman ont pesé pour éviter une escalade régionale et protéger la stabilité énergétique. Les négociations restent fragiles : l'option militaire demeure, mais conditionnée aux avancées du dialogue.
La nuit du 14 au 15 janvier a vu se jouer, dans l'ombre, une séquence d'une extrême tension. Tandis que Donald Trump validait le principe de frappes contre l'Iran, une intense activité diplomatique se déployait pour en retarder, voire empêcher, l'exécution.
En parallèle des menaces américaines, Téhéran a multiplié les signaux d'apaisement, annonçant la suspension de la répression contre les manifestants et l'abandon des condamnations à mort envisagées. Des gestes qui ont contribué à calmer la situation, sans pour autant constituer l'unique facteur du répit observé.
La puissance de persuasion du Golfe
Selon plusieurs sources diplomatiques, les pays du Golfe ont joué un rôle déterminant. L'Arabie saoudite, le Qatar et le sultanat d'Oman ont mené des démarches continues auprès de Washington afin d'éviter une escalade militaire aux conséquences régionales majeures. Riyad et Doha ont fait savoir qu'ils n'autoriseraient ni l'utilisation de leur espace aérien ni celle de leurs territoires pour des frappes contre l'Iran.
Les échanges se sont poursuivis toute la nuit entre les chefs de la diplomatie saoudienne, qatarie et iranienne, avec un argument central : une guerre ferait exploser les marchés pétroliers et nuirait aussi aux intérêts américains. Cette ligne avait déjà été exposée par le prince héritier Mohammed ben Salmane à Donald Trump lors d'une rencontre en novembre, mettant en garde contre le chaos qu'entraînerait l'effondrement du régime iranien.
Abbas Araghchi, canal clé du dialogue
Dans cette séquence, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s'est imposé comme un acteur clé. Son entretien accordé à Fox News et ses contacts maintenus avec l'émissaire américain Steve Witkoff ont servi de canaux directs pour transmettre des engagements concrets, notamment l'abandon des exécutions de manifestants et l'ouverture de négociations substantielles.
Pour autant, l'option militaire n'est pas définitivement écartée. Des frappes ciblées restent envisagées comme levier de pression si les discussions échouent ou stagnent. Mais elles seraient limitées, calibrées pour éviter une conflagration régionale. L'objectif partagé par les acteurs régionaux demeure clair : contenir la crise, préserver la stabilité et empêcher qu'un conflit ouvert ne plonge l'Iran et le Moyen-Orient dans une spirale incontrôlable.